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lundi 26 août 2013

La tour de l'avenue Rapp

En passant avenue Rapp, je me suis toujours demandé ce qu'était cette sorte de beffroi qui dépassait des beaux immeubles haussmanniens.


Cette tour avec son gros chapeau et son horloge (arrêtée) me paraissait anachronique dans cet environnement tellement élégant... il me fallait savoir !


Nous parlons de la tour de gauche, pas celle de droite !


N'écoutant que mon courage, je décidai de franchir le porche (ouvert en semaine). Dans la cour, je saluai un joueur de flûte (et pan !)...



Vu de la cour, notre beffroi ressemble à un phare entouré d'immeubles... bizarre.





Quand on cherche, on trouve: En 1860, les Grands Magasins du Louvre édifient leur siège administratif au 20 avenue Rapp, ainsi que des entrepôts sur les terrains attenants entre les rues du général Camou et Montessuy. 
Le beffroi était l'emblème des grands magasins triomphants; son horloge éclairée la nuit était visible de loin.


Sur ce plan de 1889, on lit: "Hôtel et ateliers des Magasins du Louvre".


Après le départ des Magasins du Louvre, l'immeuble haussmannien sera converti en appartements, cependant que les terrains des entrepôts seront lotis. On y voit aujourd'hui des immeubles de bureaux sans grâce. La tour, elle, fut convertie en réservoirs d'eau afin d'assurer aux appartements une pression d'eau constante (rare à l'époque).
Avec les progrès de la distribution d'eau, la fonction de réservoir de notre beffroi devint inutile et la tour resta vide pendant des années, ouverte à tous les vents...

Dans les années 80, une architecte suisse qui travaillait dans l'immeuble - Monica Donati - remarqua cette tour vide et abandonnée. Elle décida alors de transformer les derniers niveaux en un quadruplex de 143 mètres carrés et d'en faire son pied-à-terre.
Voyez les photographies provenant  du magazine Marie-Claire --> Clic !

Vous avez de la chance, il est à vendre !

20 avenue Rapp, Paris VII°.

7 commentaires:

Anonyme a dit…

Voilà une bien étrange histoire. Même le Père Hillairet n’en parle pas dans son historique dico.
Rien ne se perd (enfin pas trop !) rien ne se crée, tout se transforme. Dans le style « loft » ou « bobo style »…enfin vous voyez ce que je veux dire…. Avec un peu d’idée et pas mal de fric, tu fais tout, mon pote !
On sait plus que jamais que Paris est à vendre. Pas aux locquedus,rejetés bien au delà du mur des Fermiers Généraux, mais aux artisses (dont pas mal "à la mode") quand ils ont un peu de blé, ou aux friqués par nature ou par le pétrole brut….
Enfin….c’est quand même mieux qu’une démolition.
Otto.

Matthieu Rubin a dit…

L'émission "des racices et des ailes" avait naguère montré ce beffroi et son beau loft...allez, on vide son bas de laine et on court l'acheter !!

marc a dit…

et en plus un bel escalier à droite en entrant avec une coupole peinte en partie au 6ème étage et quelques vitraux (dommage...tout du moins pour les visiteurs... qu'il y ait un ascenseur)

André Fantelin a dit…

Bravo pour ce billet, toutefois trop solitaire pour vous permettre d'acheter ce sympathique logement.
Le joueur de flûte dans la cour est apparemment un moulage du faune flûtiste de Coysevox, dont l'original est au Louvre.
Merci de cette visite très Bise-Art.

Tilia a dit…

Arrivée ici grâce au lien de ma copinaute Claude qui à récemment photographié cet étrange beffroi à l’œil cyclopéen (et qui, soit dit en passant, déplore elle aussi la malpropreté de Paris !) je le découvre à mon tour.

Bravo et merci pour ce passionnant reportage, principalement la résolution de l'énigme posée par ce symbole de l'empire des grands magasins parisiens.

Violette a dit…

En balade dans le quartier du "Gros Caillou" lundi dernier, j'ai été intriguée par ce petit morceau de tour-horloge dépassant d'immeubles avenue Rapp et, tout comme vous, me suis demandé quelle pouvait être son histoire. Son emplacement est peu banal, enclavée comme elle l'est, et j'ai donc pensé qu'il ne pouvait s'agir ni de l'horloge d'une ancienne gare ou d'un hôpital, ni d'une mairie ou d'une caserne.
En matinée, aucun accès n'était possible, ni côté avenue Rapp, ni côté rue Montessuy ; j'enrageais, vraiment...
L'après-midi m'a sourit (je suis tenace !) ; le portail du n° 20 bis étant grand ouvert, j'en ai profité pour me rendre dans la cour depuis laquelle on voit parfaitement la tour.
A peine rentrée chez moi, j'ai bien évidemment chercher des éléments me permettant d'identifier l'origine de cette construction et... la chance m'a sourit une seconde fois puisque j'ai découvert votre article.
Il aurait dommage de ne pas m'obstiner à connaître l'histoire de cette tour, elle est très intéressante et il est plaisant de constater qu'on ne détruit pas systématiquement une bâtisse dont le premier usage est devenu caduc (c'est de plus en plus vrai, et souvent les transformations et la seconde vie accordées à ces constructions sont surprenantes et savent s'adapter à notre époque).
Je tiens donc à vous remercier d'avoir partagé votre découverte. Ce n'est pas la première fois que votre site me permet de comprendre les lieux que je prends en photo (c'est mon dada).
Pour la petite histoire, la raison de ma balade vers la rue Rapp était la visite (guidée) de la cathédrale orthodoxe russe située à proximité. Cette journée ne m'a réservé que de belles surprises.
Encore merci
Violette

JPD a dit…

Merci pour ce commentaire.
Paris est plein de choses surprenantes; même les quartiers qu'on croit connaître nous réservent parfois des surprises !

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