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lundi 1 mars 2021

Les écuries de la gare d'Austerlitz sont détruites, les bétonneurs sont contents.

 Rarement mairie aura abattu autant d'arbres en une mandature !

Regardez ces photos des anciennes écuries de la gare d'Austerlitz où Paris-Bise-Art s'était arrêté en 2014 et en 2019 (Clic !). 



Des protestations se sont élevées de toutes parts. La Commission du Vieux Paris a rendu un avis très défavorable...
Mais que voulez-vous, quand une mairie endettée jusqu'au cou s'allie à une SNCF moribonde et aux géants de la finance, à quoi sert le peuple ?



Voilà ce que sont devenues les écuries et les cours de la gare d'Austerlitz aujourd'hui (photo du 24 février 2021):



On pourrait paraphraser Victor Hugo en s'écriant "Austerlitz, morne plaine"...
Mais rassurez-vous, des dizaines de milliers de mètres cubes de béton vont bientôt être coulés ici...


Gare d'Austerlitz, Paris XIII°.


lundi 14 septembre 2020

Pourquoi le parc Chapelle-charbon s'appelle-t-il ainsi ?

 Nous sommes dans l'ancien village de La Chapelle-Saint-Denis annexé en grande partie à Paris en 1860, et qui a laissé son nom à ce quartier dont l'essor fut lié à l'arrivée du chemin de fer.

Coincé entre les voies de la gare du Nord, celles de la gare de l'Est et celles de la Petite ceinture, la zone donnait l'impression d'être dédiée en totalité au chemin de fer. On y trouvait pas moins de trois gares de voyageurs (Est-ceinture, La Chapelle-Nord-ceinture et Pont-Marcadet), les ateliers et débords des compagnies du Nord et de l'Est, et deux gares de marchandises, celle de La Chapelle-Nord et celle de La Chapelle-Charbon.

    Cette dernière était, au nord de Paris, le pendant de la gare des Gobelins: un très important chantier consacré au charbon. Il faut se souvenir qu'à l'époque, le charbon était le principal moyen de se chauffer et de faire la cuisine pour les particuliers, mais aussi l'énergie qui alimentait les usines - nombreuses dans Paris - et produisait l'électricité.

Afin d'égayer le paysage, on avait placé des gazomètres ça et là:

Sur cette double vue aérienne (1949 vs 2018), j'ai surligné de rouge le périmètre actuel du jardin; on voit que les installations ferroviaires étaient beaucoup plus vastes.


Cette gare-charbon dont les voies étaient orientées est-ouest, est restée abandonnée pendant des années:



Cet immense paquebot se trouve le long du boulevard Ney et abrite de nombreuses entreprises; deux vastes rampes permettent d'accéder même en camion à tous les étages.


Et du toit-parking, la vue embrasse l'ancienne gare de la Chapelle-charbon, le nouveau jardin et bien au-delà:


Comme on le voit, ce bâtiment abrite des voies ferrées au niveau inférieur. C'est ce qu'on appelle aujourd'hui une gare multimodale... Comme il serait pratique de faire venir les marchandises dans Paris par le train... Bah non, on fait un square et des immeubles !



Voyons maintenant le "parc" qui a les dimensions d'un square...


L'entrée principale (si, si !) donne envie, non ?


Nous y sommes ! Je veux bien que la végétation n'ait pas encore eu le temps de croître, mais je trouve ça un peu ras...





Toutes ces choses annoncées au sol n'existent ou ne fonctionnent pas.


On a conservé le long quai abrité qui se trouvait dans la gare:


Pourquoi avoir posé au sol un revêtement aussi salissant ?


Les célèbres bancs publics parisiens... ou pas.


Enfin, des toilettes...


... Hors service !



Addendum 17 septembre 2020:

À la suite de la publication de cet article, j'ai reçu d'un lecteur ce témoignage que je vous fais partager:

"Cela me rappelle une anecdote familiale.

Quand on a creusé le stade de France, pourquoi les travaux ont été aussitôt interrompus ?

A la fin du XIX° siècle, la ville de Saint Denis s’est équipée en gaz à tous les étages. Avec, il venait le coke dont il fallait se débarrasser par mesure de sécurité.

Donc la ville de Saint-Denis a lancé un concours pour l’évacuation de ces déchets que mon ancêtre a remporté (le grand-père maternel de mon grand père paternel). Son argument: enterrer tout ce coke dans le grand terrain vague inutilisé de la Plaine Saint Denis. Mais le coke continuerait « à mijoter ». Donc par dessus, il fut construit une usine à gaz, à embouteillage de gaz qui se dégageait mais la pollution explosive restait (jusqu’à son enlèvement pour construire le stade) et c’est le vainqueur du concours qui devint directeur de cette usine.

Ce vainqueur était le grand père maternel de mon grand père paternel donc, comme toutes les femmes de l’époque, mon arrière grand-mère (mère de mon grand père paternel) est venue accoucher chez ses parents. Donc mon grand-père paternel (aujourd’hui décédé, né en 1913, mort en 2006) était très fier de dire qu’il était né à l’emplacement du stade de France (exactement, au niveau des tribunes, à peu près au niveau où l’autoroute A1 va sortir du sous-sol du stade de France).

A la fin des années 80, début des années 90, mon grand-père m’avait amené en voiture sur les lieux qui était plutôt à l’abandon, plein de rouille, peintures défraîchies, vitres brisées, etc "

***

Rue Jean Cottin, Paris XVIII°.



lundi 8 juin 2020

Que reste-t-il de l'Arpajonnais ?

À la suite de l'article sur l'Arpajonnais paru ici le 5 juin dernier et devant l'enthousiasme des foules (*), voici un article réservé aux archéo-ferrovipathes, aux amoureux de la banlieue sud, à ceux qui aiment les halles de Paris, à tout le monde quoi !
(*) Note du traducteur: il semble que JPD ait reçu 3 messages...

Je vous propose donc une balade du nord vers le sud en démarrant d'Antony (depuis la porte d'Orléans, toutes les traces ont disparu, la voie étant établie en accotement de chaussée).


Antony donc, au lieu-dit le Petit Massy, où nous avions vu le croisement de deux trains;


Coup de chance, aujourd'hui la maison d'angle est toujours debout:


 L'arpajonnais quittait la RN 20 pour se diriger vers l'est, mais Wissous, les pistes de l'aéroport d'Orly et Morangis ont tellement changé qu'il n'est plus possible de trouver de trace.
 En revanche, en revenant à l'ouest de la RN 20, on retrouve la trace de notre train au milieu des champs !


Vous ne me croyez pas ? C'est écrit dessus ! Nous sommes en direction de Saulx-les-Chartreux.


Nous arrivons dans cette petite ville par la rue de la gare et sur notre gauche on reconnait l'ancienne gare qui est à présent incluse dans une propriété privée:



Pas d'erreur, c'est bien elle !


Regardez la plaque de rue !


Prochaine étape, Ballainvilliers, au lieu-dit le Petit Ballainvilliers, où nous reconnaissons sur la gauche les bâtiments qui furent un jour hôtel, restaurant et station-service:


Regardez bien le train qui traverse la route nationale, il sort d'un petit chemin...


... petit chemin que nous voyons en face:


Nous voici maintenant à Montlhéry, 16 route d'Orléans, au lieu-dit le Petit Montlhéry:


Le même endroit cent ans plus tôt:


Retournons-nous regardons les maisons à droite. Le pavillon jaune clair (flèche rouge) était la gare ! 


Comme le prouve cette photo où l'on voit le nom de la gare et un banc pour les voyageurs:


Un petit détour par Marcoussis où une antenne amenait les voyageurs jusqu'à l'église:


Les marchandises étaient traîtées au même endroit, au grand désespoir des habitants qui se plaignaient des nuisances (déjà !).



Si nous nous retournons, nous constatons que la place de l'église a très peu changé.


J'aurais bien été passer quelques jours à l'hôtel des voyageurs...


À Linas, nous longeons le talus sur lequel était établie la voie:


La toponymie !


Sans doute l'ouvrage d'art le plus connu de la ligne, la tranchée de l'Arpajonnais à Linas:


À Leuville-sur-Orge, c'est pratique, on trouve sur les plans une place de la gare:


Et la gare, la voilà, comme neuve !


Et cette petit route supporta un jour notre voie ferrée:


Près du moulin d'Aulnay, ce pont vit un jour passer l'Arpajonnais:


Arpajon, terminus, tout le monde descend !



Si vous la cherchez, la gare est à droite. Le vaste parking derrière elle, ce sont les débords de notre gare.


Pour le retour, la grande gare du grand train est à 900 mètres, bon voyage !

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