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mardi 17 janvier 2017

Meudon Bellevue - Le funiculaire dans la presse

C'est un fidèle lecteur de Paris-Bise-Art, Denis de Montmartre (serait-ce un pseudonyme ?) qui m'a fait parvenir cet article sur le funiculaire de Bellevue paru dans la revue "Nature" en 1893.
Le voici:



Un grand merci à Denis ! (de Montmartre)

mardi 13 décembre 2016

Meudon Bellevue - Les vestiges du funiculaire

Le funiculaire de Bellevue a cessé tout trafic avant la deuxième guerre mondiale; qu'en reste-t-il aujourd'hui ? 
Une empreinte dans la ville. En effet, si l'on consulte le cadastre d'aujourd'hui (2016), on voit nettement le corridor autrefois occupé par la voie (marque rouge).


Autre réminiscence, dans la rue Pierre Wacquant, cette enseigne:


Photo rare empruntée au site du CNRS, où l'on voit l'ancienne gare haute et sa cheminée jouxtant les bâtiments industriels du CNRS. Cette photo a dû être prise à la fin des années quarante ou au début des années cinquante.


Plus étonnant: un vestige récemment disparu (2011): un petit hangar endormi sur un terrain éloigné de l'itinéraire du funiculaire, dans le chemin des lacets:


Il faut avoir un œil de lynx pour repérer dans ce hangar anonyme les vestiges de la gare du funiculaire ! Je le dis d'autant plus volontiers que je ne suis pas l'auteur de ces photographies. 

C'est Nicolas C, un ami amoureux du patrimoine industriel qui, étant sur la piste du funiculaire, est tombé en arrêt devant ce hangar. Je tiens ici à lui adresser mes plus vifs remerciements !



Si l'on s'approche du bâtiment, on voit la trace laissée par les plaques de direction ainsi que l'arrondi des planches de façades. Il est vraisemblable que c'est toute la toiture ainsi que la charpente qui ont été récupérées.



Cette dernière photo avant/après nous montre sous le même angle le petit hangar en 2009 et la maison moderne qui le remplace en 2016.


Ici cerclé de rouge, l'emplacement du hangar:


Redescendons vers la Seine.
Nous nous trouvons désormais devant la station de tramway (T2) Brimborion qui a pris la place de la gare de Bellevue-funiculaire.
On aperçoit l'entrée de l'ancien passage souterrain qui donnait accès au quai direction Saint-Lazare. Sur la droite, derrière les palissades, les vestiges de l'ancienne gare et au milieu, mon scooter !


Sur cette vue, on voit que la taverne du funiculaire a laissé la place à un parking... Je vous dis que c'était mieux avant !


Les ruines de l'ancienne gare ne sont pas très pimpantes.


Nous montons sur le quai du tramway direction Saint-Lazare (oui, c'est l'autre quai dont j'avais parlé plus haut, mais les trains roulaient à gauche alors que les tramways roulent à droite ! Faut suivre ! Et puis d'abord, ce n'est plus Saint-Lazare mais Pont de Bezons le terminus du T2)
Qu'est-ce que je disais ?
Ah oui, si vous vous placez en queue direction Pont de Bezons (ou en tête direction Porte de Versailles), levez la tête et vous verrez la trace de notre funiculaire au milieu des villas.


Ne quittez pas ce quai sans observer dans la partie herbue longeant le quai, ces "bouts de ferraille"...


Ce sont des piliers de soutènement du funiculaire qui ont été sectionnés à la base. C'était du solide, avec des gros rivets, comme la tour Eiffel !


Maintenant, vous pouvez traverser les voies en faisant bien attention !
A la tête du quai direction Porte de Versailles (qui fut naguère le quai direction Saint-Lazare mais vous le saviez déjà !), il y a comme un gros massif rempli de terre et de feuilles mortes. C'était le débouché de l'escalier venant du passage souterrain. J'ai fléché de rouge le départ de la rampe.


Pour les ferrovipathes nostalgiques, voici tous les matériels ayant circulé sur cette ligne en service commercial.


Pour finir, la surprise du chef: une maquette de notre funiculaire a été construite dans les années quatre-vingt-dix par Michel Juishomme. Les dimensions de ce modèle "pas très réduit" sont de 5 mètres pour la longueur et 2,50 mètres pour la hauteur.


Ce bricoleur de génie a tout reproduit fidèlement, y compris l'évitement à aiguilles fixes. Les deux cabines, avec chacune deux compartiments fermés et deux ouverts, sont la reproduction exacte des originales.


Après avoir été entreposée au musée de Meudon, cette encombrante maquette est désormais présentée à Chelles, au Musée des transports de l'Amtuir. Vous pourrez donc la voir lors des journées du patrimoine (en septembre) ou lors de la nuit des musées (en mai).


Voila, cette balade meudonnaise touche à sa fin; j'espère que vous l'aurez appréciée.
Encore merci à Nicolas C. pour ses photos.
J'ajoute qu'à la suite de ces recherches, j'ai eu la chance de rencontrer Michel Juishomme; je n'ai pas pu m'empêcher de faire quelques photos de ses réalisations, c'est étonnant !
Ce sera l'objet d'un prochain article.

lundi 12 décembre 2016

Meudon Bellevue - Funiculaire

Nous avions évoqué précédemment la présence d'un funiculaire à Meudon; voyons ce qu'il était et ce qu'il est devenu.
Au XIX° siècle, le plateau de Bellevue était beaucoup moins peuplé qu'aujourd'hui. En matière de transports, la gare de Bellevue ouverte en 1840 suffisait à le desservir tandis que des bateaux desservaient le bas-Meudon depuis Paris.
L'ouverture de l'hôtel amena à Meudon une nouvelle et riche clientèle qui justifia quelques investissements: la Compagnie des chemins de fer de l'ouest décida d'ouvrir une nouvelle station "Bellevue-Funiculaire" en correspondance directe avec le tout nouveau funiculaire ainsi qu'avec le débarcadère des bateaux parisiens et du passeur de l'île Seguin. C'était l'intermodalité avant l'heure !

Revenons au point de départ de cette déambulation meudonnaise, la place Aristide Briand.
Nous y voyons une fontaine sans eau, ce qui est un comble car elle fut offerte aux habitants de Bellevue qui souffraient d'un manque d'eau potable par Paul Houette, homme d'affaire et conseiller municipal de Meudon.
Selon les cartes postales de l'époque, elle est baptisée "fontaine Houette" ou fontaine du faune cracheur.
C'est ce même Paul Houette, assisté de Gabriel Thomas, qui fit construire (en 1890) le funiculaire par l'ingénieur Guyenet.


On voit que cette fontaine a souffert de la guerre: la statue et la tête de faune en bronze furent fondus. Seule, une copie du médaillon a été replacée.


La voie, longue de 172 mètres, gravissait une dénivellation de 52 mètres.
Sur cette photo prise de l'île Seguin, on voit le débarcadère des bateaux parisiens et du bac, le funiculaire au milieu des arbres, et au sommet, le Pavillon Bellevue.



De la place Aristide Briand, on voit clairement à droite du Pavillon Bellevue, le toit pointu de la gare haute du funiculaire.


La gare haute était construite sur pilotis. Elle abritait la machinerie (Deux chaudières dont une de secours).



Une sorte d'estacade en bois amenait les voyageurs vers la terre ferme et surtout vers la terrasse de l'hôtel (à droite sur la photo).


Le début de la descente s'effectuait au milieu des arbres


Sur ces photos, on voit que l'île Seguin  était encore un lieu de promenade et de pêche.


A mi-parcours, les deux cabines se croisaient grâce à un évitement à aiguillages fixes.


Le funiculaire "survolait" les voies ferrées avant son terminus


Comme les cabines, les quais des stations étaient établis en escalier.



Grâce au trafic engendré par ce "pôle multimodal", une auberge - la taverne du funiculaire - vint s'implanter là où aujourd'hui il n'y a plus qu'un parking.
Le passage souterrain permettait d'accéder au quai du chemin de fer en direction de Paris-Saint-Lazare; il est comblé aujourd'hui.


Le débarcadère des bateaux parisiens face à l'île Seguin:



Que reste-t-il aujourd'hui de ce funiculaire ?
Ce sera l'objet du prochain chapitre !

à suivre...

samedi 10 décembre 2016

Meudon Bellevue CNRS

C'est en 2012 que cette barre en béton qui défigurait le site a été démolie.
A l'heure où Paris retourne en arrière en construisant des monstres de béton, il est réconfortant de voir que d'autres communes ont une vision plus humaine de la ville...


L'ancien grand hôtel est redevenu le Pavillon Bellevue et trône en majesté au milieu du campus de Bellevue du CNRS.
Mais que reste-t-il du passé ?


Nous nous approchons de ce qui fut l'entrée principale, là où les limousines déposaient les riches clients...



La porte principale porte la mention "Espace Isadora Duncan", mais les grilles en fer forgé ont conservé les initiales PB du Pavillon Bellevue:


La visite commence par un exposé passionnant dans une grande salle aménagée en amphithéâtre...



Mais regardez bien cette grande salle, ces fenêtres, ça ne vous rappelle rien ?
Nous sommes dans l'ancienne salle à manger du palace !
Et derrière nous, c'est un portrait d'Isadora Duncan qui nous regarde.


Les bureaux sont ultra-modernes et rien ne rappelle que nous fûmes ici dans un palace. Cependant, l'escalier et certains détails des parties communes ont survécu.




Nous ressortons du bâtiment côté Seine, où l'on reconnait la terrasse où jadis, les chaises longues voisinaient avec les parasols


Puis nous dévalons cet escalier à flanc de coteau pour accéder aux ateliers


C'est ici que se cache ce qui fut pendant des dizaines d'année le plus gros et le plus puissant électroaimant du monde.


Ce gros machin de 120 tonnes inauguré en 1928 par Gaston Doumergue a fonctionné jusque dans les années soixante-dix.


Savez-vous que l'imagerie IRM est directement héritière des travaux réalisés ici ?


Découvrez sur ce document édité par le CNRS l'histoire de cet électroaimant: Clic !


Au cas fort improbable où vous ne comprendriez pas tout du fonctionnement d'un électroaimant, je vous copie la fiche remise lors de la visite...


Nous allons terminer cette visite en montant sur la terrasse du Pavillon Bellevue qui justifie pleinement son appellation !
Ici, au premier plan, les ateliers du CNRS.


Dans le fond, je n'ai pas besoin de vous présenter la ville de Paris.
Plus près de nous, la ville de Boulogne-Billancourt et son nouveau quartier du Trapèze.
Au premier plan, l'île Seguin où jusqu'en 1992, l'usine Renault produisait des voitures.
On aperçoit le pont Daydé qui reliait l'île à la rive droite; une voie de chemin de fer passait en son milieu.  




Toujours perché sur la terrasse du CNRS, nous regardons vers le nord; au centre de la photo, sous la grue à tour, on voit le quartier de la Défense.


En zoomant un peu, on voit à gauche le village de Saint-Cloud et son clocher pointu, et dominant le tout, Suresnes et le Mont-Valérien.


Donc, résumons-nous:
Venus ici pour visiter le CNRS, nous avons découvert un centre d'hydrothérapie, un palace, une école de danse, un hôpital militaire, l'ancêtre du CNRS, le CNRS, son gros électroaimant et enfin une belle vue sur Paris. Ouf ! Belle moisson, non ?

Et bien pas du tout, nous n'en sommes qu'à la moitié !

à suivre...

1 place Aristide Briand, Meudon (Hauts de Seine).