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mardi 1 août 2023

Attention chutes de pierres !

 


Depuis une bonne vingtaine d'années, on laisse se dégrader le patrimoine parisien, mais parfois il se rappelle à nous de façon brutale.


Déjà le 13 juin, un semblable accident avait eu lieu comme en témoigne l'article paru dans ActuParis.

Hier dimanche 30, vers 16 heures, un fait semblable s'est produit, comme en témoigne cet extrait de l'intranet parisien:


Ça ne vous rappelle pas l'église Saint-Augustin il y a dix ans ?

Peut-être la mairie pourrait-elle conseiller aux nombreux visiteurs olympiques de porter un casque dans les rues de la capitale...

4 place Saint-Sulpice, Paris VI°.



lundi 17 avril 2023

Voyage immobile de la Lybie à Saint-Sulpice.

 Notre amie Fati nous emmène vers le soleil; suivons-la !

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Traverser la Méditerranée tout en restant à Paris c’est parfaitement envisageable.

Leptis Magna en Libye, l’antique cité carthaginoise passée sous domination romaine, fut construite par les Phéniciens. Mais elle fut sublimée par l’enfant du pays, Septime Sévère, l’empereur africain qui régna à Rome et mourut à York.

Malgré les méfaits du temps, les inévitables pillages et les récents événements, l’impressionnante cité, classée par l’Unesco en 1982, a encore fière allure. Elle est aujourd’hui farouchement surveillée par les communautés locales qui bataillent bénévolement pour que l’intégrité des lieux soit préservée. Dans un reportage j’ai entendu un jeune raconter qu’il a grandi juste à côté des ruines de cette ville qui fait donc partie de son univers quotidien et que de ce fait il s’est donné pour mission de faire obstacle à tout nouveau saccage.

Si vous voulez avoir un aperçu, un tout petit il faut le reconnaître, de ce qui fait le prestige de cette cité, il suffit de vous rendre à Saint-Sulpice, de directement vous diriger vers le fond de l’église là où se trouve la somptueuse chapelle de la Vierge où se côtoient les œuvres de nombreux artistes : Le Vau, François Lemoyne, Carle Van Loo, Pigalle... Vous y trouverez six colonnes encadrant une Vierge, œuvre de Jean-François Pigalle. Quatre d’entre elles proviennent de Leptis Magna, taillées sur l’ordre de l’empereur Septime Sévère par des artisans anonymes, les deux autres furent ajoutées lors du réaménagement de la chapelle justement pour accueillir la statue de Pigalle.

Malgré notre perplexité face à la légèreté de certains actes on sait que juger le passé avec nos convictions actuelles est bien évidemment toujours complexe.

Leptis Magna a commencé à être fouillée dès le XVIe siècle et son dépeçage dans la foulée. L’histoire du consul Claude Lemaire, nommé en 1688 à Tripoli, est connue des spécialistes qui l’ont retracée notamment à partir de sa correspondance, aujourd’hui conservée aux Archives Nationales. Certains de ses courriers montrent la fierté avec laquelle il a « tiré d’un seul temple plus de 200 colonnes ». Les historiens estiment qu’il aurait au total arraché près de 300 colonnes, mais toutes ne furent pas transportées au bord du rivage pour être embarquées de Lybie vers l’Europe. Et apparemment il n’a pu exporter toutes les colonnes sélectionnées, puisque certaines sont restées sur le rivage au moins jusqu’aux années 1960.

L’aventure de ce consul nous apprend comment, ébloui par la cité antique et par tout ce qu’elle offrait à son regard, il décida en parfaite bonne conscience de se servir. A l’époque Versailles était en chantier et il était prévu d’en faire la merveille que l’on admire aujourd’hui. Notre consul décide donc de choisir les colonnes qui lui plaisaient le plus afin de les envoyer en France. Toutefois, pour des raisons que seuls les rouages complexes de l’administration sont capables de générer, ces fûts envoyés spécifiquement pour embellir le château de Versailles vont se retrouver partout : Louvre, Rouen, Brest, certains acquis par des sculpteurs, le rebus perdu à jamais. Mais très peu à Versailles où, semble-t-il, ils furent juste utilisés sous forme de placage. Au début du XIXe siècle ce fut au tour de l’Angleterre d’en pourvoir le château de Windsor, puis d’autres pays... Ne me demandez pas l’emplacement exact de tout ce marbre, je ne saurai vous répondre.

En revanche l’histoire dit que 4 fûts extraits de la cité libyenne, nettoyés, polis, complétés de socles et chapiteaux, sont venus encadrer la Vierge de Pigalle vers 1780 et donner encore plus d’éclat à la chapelle axiale de l’église de Saint-Sulpice.




















Bravo pour ce reportage et merci Fati !



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lundi 12 février 2018

Eglise Saint-Sulpice - Les cryptes

L'église Saint-Sulpice est, après Notre-Dame, la plus vaste de Paris. Elle possède en sous-sol un ensemble de cryptes d'une surface égale à celle de l'église. C'est ce que nous allons visiter aujourd'hui.

Un coup d’œil au plan d'évacuation de la crypte et l'histoire nous saute aux yeux: il existe en sous-sol une ancienne église bien plus petite que l'actuelle. On observe que si l'église du XV° siècle était orientée plein est comme il est d'usage, l'église actuelle a été légèrement décalée pour s'intégrer à son environnement.


Nous nous retrouvons donc dans un véritable labyrinthe où certaines parties sont utilisées quotidiennement, mais où d'autres semblent se diriger droit vers les catacombes...





Au détour d'un couloir, on se heurte à une porte derrière laquelle furent entreposés pendant la guerre des vitraux, des statues et des œuvres d'art en provenance d'autres églises parisiennes.


Certaines pierres semblent attendre le ciseau du tailleur mais ce ne sont que des restes d'une récente restauration.


Costaud le pilier qui se trouve sous le maître-autel !


La crypte de l’Enfant-Jésus constitue la partie la plus ancienne de l’église actuelle. Un orgue sert régulièrement pour les répétitions. Un très beau double escalier en fer forgé donne sur cette crypte.



Cette vaste salle possède un puits qui, à l'origine, se trouvait sur le parvis de la première église:



De très nombreuses inscriptions se trouvent sur les murs. Ce sont pour la plupart des inscriptions funéraires car des prélats furent inhumés ici, dont des évêques et des cardinaux.




La crypte Saint-François, affectée au culte orthodoxe roumain:




Une des cryptes est plus grande que les autres : elle sert régulièrement de théâtre où se jouent des pièces à portée religieuse. 


Dans le théâtre, ce trou dans le mur nous signale l'ossuaire. On y a regroupé en 1837 les ossements contenus dans les différents caveaux de l'église:



Ce départ d'escalier est un vestige de la première église; il menait à l'époque au clocher !


Plusieurs sépultures sont remarquables:
Ici, la plaque martelée pendant la Révolution, de Rosalie de Montmorency de Neuville, morte en 1690.


Le tombeau de Amable Blanche de Berulle, marquise de Lévis-Mirepoix, morte en 1815:


Louise Elisabeth de Bourbon Orléans fut reine d'Espagne à quatorze ans; elle est enterrée ici. Son tombeau fut pillé à la Révolution. 


La plaque de Guillaume de Seve de St-Julien et de son épouse. Elle est surmontée de deux allégories de la Mort et du Temps.


Après les récents travaux de rénovation, les massives statues des Évangélistes qui ornaient la façade ont été déposées dans la crypte.




La crypte Vatican II sert aujourd’hui à la formation religieuse des jeunes. Les fresques datent du XIXe siècle, mais elles ont été recouvertes au blanc de Meudon au XXe siècle et donc très endommagées.



Des visites guidées gratuites des cryptes sont organisées par la paroisse les deuxièmes et quatrièmes dimanches de chaque mois à 15h30.
L'inscription préalable est obligatoire sur place à la sacristie ou en téléphonant au 01 42 34 59 98, ou par e-mail à visites@pssparis.net 

Place Saint-Sulpice, Paris VI°.