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lundi 24 février 2020

Ancien hôpital Saint-Vincent de Paul (2)

Rappelez-vous, en 2016, nous avions visité ce qui restait de l'ancien hôpital Saint-Vincent de Paul; à l'époque, les "Grands voisins" s'étaient installés dans les lieux avec l'accord de la mairie et avaient créé dans cet ensemble un univers... curieux. (Revoir l'article: Clic !

photo 2016

Aujourd'hui, la circulation étant pour la dixième fois de la semaine bloquée par une manifestation, j'ai pensé à jeter un oeil sur les lieux.


Bigre !
La cour d'honneur, qui avait gardé un peu de sa superbe, a été - comment dire - remaniée...
La végétation a disparu (mais ça, c'est une habitude à Paris).


photo 2016


Comme on le voit, il y a une vie dans cet univers décalé. Des commerces (friperie, livres et disques d'occasion, bar, etc...) sont accessibles à tous.


Mais le clou du spectacle a été pour moi cette table de ping-pong !



Voulez-vous que je vous dise ?
C'était mieux avant !

photo 2016

72-86 avenue Denfert-Rochereau, Paris XIV°.

vendredi 14 octobre 2016

Ancien hôpital Saint-Vincent de Paul

Désaffecté depuis plusieurs années, l'ancien hôpital Saint-Vincent de Paul, ancien Hospice des Enfants-Assistés, ancienne Institution des pères de l'Oratoire (noviciat) se nomme à présent "Les grands voisins". Ce regroupement d'associations a désormais la haute main sur l'ancien hôpital, mais il s'agit d'un contrat à durée déterminée: la mairie de Paris veut édifier ici un "éco-quartier ouvert et connecté", en d'autres termes couler du béton.
Nous laisserons à d'autres le soin d'épiloguer sur le devenir de ces trois hectares; l'objet de cet article est la partie historique de l'hôpital, ce qui est encore debout et ce qui doit être sauvé.
Sur cette vue, j'ai entouré l'hôpital en violet, le pavillon de l'Oratoire en rouge et j'ai indiqué la chapelle en jaune.

capture d'écran Google maps

C'est l'association Aurore  qui occupe la partie historique que nous visons. La porte s'ouvre facilement.


De l'avenue Denfert-Rochereau, on reconnaît la façade de la chapelle que nous avions visité récemment (Clic !). 


Nous sommes dans la cour d'honneur qui s'organise autour d'une statue de Saint-Vincent de Paul


La statue en marbre blanc est signée par le sculpteur Jean-Baptiste Stouf. Elle avait initialement été commandée en 1786 pour enrichir la série des grands hommes du Louvre et ne fut installée ici qu'en 1814.


Il existe à ma connaissance trois statues identiques de St-Vincent de Paul à Paris:
de gauche à droite, à St-Vincent-de-Paul, église Ste-Marguerite et église St-Thomas d'Aquin.
Identiques ? Pas tout à fait. Regardez bien, vous verrez qu'elles diffèrent par des détails.
Alors, sont-ce des copies, des imitations ?


Encore un instant sur cette statue.
Aux pieds du saint, un petit garçon est allongé sur le sol. Est-il vivant ?
En voyant cette statue, je n'ai pas pu m'empêcher de faire le rapprochement avec une photographie récente...


Sur la droite de la cour, se dresse l'ancienne chapelle qui occupait jadis la totalité du bâtiment:


Rappelez-vous, nous y sommes venus le mois dernier ! (Clic !)


L’opiniâtreté paye, c'est ma six-centième visite et je trouve la porte ouverte !
(Heuu... Peut-être moins que 600
Encore une sculpture du héros local:


La "chapelle" n'est plus qu'une grande pièce depuis que le bâtiment a été entresolé pour aménager une crèche à l'étage supérieur.



D'un bond gracieux, nous voila au premier étage, dans un immense volume  


Vous reconnaissez le vitrail qui orne la façade:


C'est l'association Artémisia qui est installée dans ce local.


Prise presque sous le même angle, ce même espace lorsqu'il était occupé par la crèche.


Des boxes permettent aux élèves de travailler sans se gêner


Le même espace il y a cent ans:


Cette gravure est parue sur le magazine L'Illustration n° 42 du 16 décembre 1843:


Aujourd'hui, seules subsistent ces deux plaques en marbre...


... ainsi que la grande cheminée. Les deux portes latérales étaient-elles des chauffe-biberons ?


Le reste du bâtiment "historique" a été aménagé en logements pour "personnes fragiles".
Il subsiste deux escaliers datant du XVII° siècle.
Nous montons par le premier:




Nous sommes sous les toits et la charpente est apparente par endroits:


Cette cuisine sous les combles me comblerait !


Au passage, l'arrière de l'horloge dominant la cour d'honneur; elle n'est pas à l'heure !


Nous descendons par le second escalier, semblable au premier:




Si vous voulez tout savoir sur ce lieu, son histoire et son patrimoine, consultez l'épais dossier (245 pages) préparé par le Grahal  pour éclairer la ville de Paris : Clic !

72-86 avenue Denfert-Rochereau, Paris XIV°.

jeudi 8 septembre 2016

Tour d'abandon ou boîte à bébés

Sur le côté pair de l'avenue Denfert-Rochereau (à droite en allant vers le sud), la belle façade classique de la chapelle de l'ancien hôpital Saint-Vincent-de-Paul se remarque, mais on passe devant au grand galop, sans s'arrêter... 


Et bien pour une fois, arrêtons-nous.
Au-dessus de la porte condamnée depuis longtemps, un oculus surmonte un bébé emmailloté 


Ce bébé emmailloté semble accueillir à bras ouverts d'autres bébés joufflus... enfin, quand je dis "à bras ouverts", je me comprends...
----> Ce patrimoine appartenant à la ville de Paris ne pourrait-il pas bénéficier du budget participatif au lieu de "végétaliser les pieds d'arbres" ?


Cette plaque de marbre noir nous parle en latin, mais si l'on traduit, elle nous dit "Vous trouverez un enfant enveloppé de langes".


Nous ne visiterons pas la chapelle aujourd'hui; nous y reviendrons. Sachez seulement que le beau volume représenté par la façade n'est plus d'actualité. La chapelle fut en effet entresolée en 1814 pour aménager en partie haute une crèche destinée aux enfants trouvés.
Notre chapelle, construite pour desservir la congrégation de l'Oratoire, fut saisie à la Révolution, comme le reste des bâtiments conventuels. En 1806, elle verra s'installer dans ses murs l'Oeuvre des enfants trouvés, fondée au XVII° siècle par St-Vincent de Paul. A l'époque, ce ne sont pas moins de vingt à trente nouveaux-nés par jour qui sont recueillis !


Afin de préserver l'anonymat des mères et protéger la vie des enfants, des "tours d'abandon" furent installés dans de nombreux hôpitaux.


Ces "boîtes à bébés" étaient constitués d'une sorte de placard tournant avec une ouverture à l'extérieur où les mères déposaient leur fragile fardeau, et d'une ouverture donnant vers l'intérieur où les religieuses venaient recueillir le nouveau-né. Un sonnette avertissait d'une arrivée.
Un excellent site - malheureusement en anglais - nous raconte toute l'histoire de ces enfants trouvés: Clic !


Le dernier tour d'abandon subsistant à Paris est à quelques mètres devant nous...
Entre la porte condamnée de la chapelle et la grille, se trouve un espace d'environ deux mètres. La porte du tour d'abandon se trouve à droite, là où un mur remplace la grille.
Impossible de passer la tête, il faut donc tendre le bras  et viser au jugé avec l'appareil photo...
N'oubliez pas d'attacher la dragonne !


Regardez au fond ce ce corridor:



Evidemment, à l'époque il n'y avait pas de grille ni de mur. La chapelle et son petit placard à bébés étaient accessibles de plain-pied sans obstacle.


Si vous allez à Rouen, au numéro 1 rue de Germont se trouve l'entrée de la partie historique de l'hôpital Charles Nicolle, anciennement Hôpital général.
Vous verrez à gauche de l'entrée un tour d'abandon préservé. Ne pourrait-on pas avoir le même à Paris ?


72 avenue Denfert-Rochereau, Paris XIV°.