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lundi 8 juin 2020

Que reste-t-il de l'Arpajonnais ?

À la suite de l'article sur l'Arpajonnais paru ici le 5 juin dernier et devant l'enthousiasme des foules (*), voici un article réservé aux archéo-ferrovipathes, aux amoureux de la banlieue sud, à ceux qui aiment les halles de Paris, à tout le monde quoi !
(*) Note du traducteur: il semble que JPD ait reçu 3 messages...

Je vous propose donc une balade du nord vers le sud en démarrant d'Antony (depuis la porte d'Orléans, toutes les traces ont disparu, la voie étant établie en accotement de chaussée).


Antony donc, au lieu-dit le Petit Massy, où nous avions vu le croisement de deux trains;


Coup de chance, aujourd'hui la maison d'angle est toujours debout:


 L'arpajonnais quittait la RN 20 pour se diriger vers l'est, mais Wissous, les pistes de l'aéroport d'Orly et Morangis ont tellement changé qu'il n'est plus possible de trouver de trace.
 En revanche, en revenant à l'ouest de la RN 20, on retrouve la trace de notre train au milieu des champs !


Vous ne me croyez pas ? C'est écrit dessus ! Nous sommes en direction de Saulx-les-Chartreux.


Nous arrivons dans cette petite ville par la rue de la gare et sur notre gauche on reconnait l'ancienne gare qui est à présent incluse dans une propriété privée:



Pas d'erreur, c'est bien elle !


Regardez la plaque de rue !


Prochaine étape, Ballainvilliers, au lieu-dit le Petit Ballainvilliers, où nous reconnaissons sur la gauche les bâtiments qui furent un jour hôtel, restaurant et station-service:


Regardez bien le train qui traverse la route nationale, il sort d'un petit chemin...


... petit chemin que nous voyons en face:


Nous voici maintenant à Montlhéry, 16 route d'Orléans, au lieu-dit le Petit Montlhéry:


Le même endroit cent ans plus tôt:


Retournons-nous regardons les maisons à droite. Le pavillon jaune clair (flèche rouge) était la gare ! 


Comme le prouve cette photo où l'on voit le nom de la gare et un banc pour les voyageurs:


Un petit détour par Marcoussis où une antenne amenait les voyageurs jusqu'à l'église:


Les marchandises étaient traîtées au même endroit, au grand désespoir des habitants qui se plaignaient des nuisances (déjà !).



Si nous nous retournons, nous constatons que la place de l'église a très peu changé.


J'aurais bien été passer quelques jours à l'hôtel des voyageurs...


À Linas, nous longeons le talus sur lequel était établie la voie:


La toponymie !


Sans doute l'ouvrage d'art le plus connu de la ligne, la tranchée de l'Arpajonnais à Linas:


À Leuville-sur-Orge, c'est pratique, on trouve sur les plans une place de la gare:


Et la gare, la voilà, comme neuve !


Et cette petit route supporta un jour notre voie ferrée:


Près du moulin d'Aulnay, ce pont vit un jour passer l'Arpajonnais:


Arpajon, terminus, tout le monde descend !



Si vous la cherchez, la gare est à droite. Le vaste parking derrière elle, ce sont les débords de notre gare.


Pour le retour, la grande gare du grand train est à 900 mètres, bon voyage !

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vendredi 5 juin 2020

L'Arpajonnais.

Non les trains de banlieue n'ont pas tous été pensés pour transporter des voyageurs !
 À la fin du XIX° siècle, les municipalités situées au sud de Paris - grosses pourvoyeuses en maraîchage - réclament une solution "moderne" pour transporter leurs légumes vers les halles centrales récemment reconstruites par Baltard.

La solution du "vrai" chemin de fer ayant été refusée (quelle idée de faire venir des trains aux halles !), c'est la création d'un tramway sur route qui prévalut, entre Arpajon et la Porte d'Orléans où l'on rejoignait le réseau des tramways parisiens.
On construisit donc une ligne à écartement normal (1435 mm) de Paris à Arpajon avec un embranchement vers Marcoussis.

Cette ligne dont les trains faisaient terminus à l'Odéon transportait des voyageurs ainsi que la poste. Le temps de parcours total était d'environ deux heures.
Mais qu'en est-il de nos légumes ? Parce que n'oublions pas que c'est pour eux que la ligne fut construite initialement.
Et bien les trains de marchandises empruntaient les mêmes voies, mais de nuit !  

Cette affiche publicitaire pour les services voyageurs de Paris à Arpajon promouvait le tourisme en Île de France. Au centre, la célèbre tour de Montlhéry qui a donné son nom à un fameux restaurant des halles... qui existe toujours (pour combien de temps ?).


Tout commence à Arpajon, à 35 km de Paris environ.
Vous voyez ici à gauche les installations voyageurs avec un train en attente tandis qu'à droite, on prépare le train de marchandise qui ne partira qu'à la nuit tombée.


Les rails (voie unique) étaient la plupart du temps posés en accotement de la route nationale 20. Des voies d'évitement étaient disposés aux principales stations afin de permettre le croisement des trains.


Nous voilà déjà à Antony où nous découvrons la caténaire ! Celle-ci a été mise en place dans les années vingt entre Paris et le Pont d'Antony. Le reste de la ligne étant exploité en vapeur.


Croisement d'un tramway et d'un train de marchandises à Antony.
Question: Le train de marchandises se dirige-t-il vers Paris ou l'inverse ?
Réponse: L'inverse, il fait jour donc il revient à vide vers Arpajon !


Pendant que nous sommes à Antony, allez visiter la Maison des Arts où le sous-sol expose cette impressionnante maquette d'une locomotive Tubize de type 030 fabriquée par monsieur Juishomme.





On bavarde, on bavarde, mais nous voilà arrivés à la porte d'Orléans !


Deux époques: la vapeur croise le tram !


C'est à la porte d'Orléans que s'embranchait l'accès au dépôt du Paris-Arpajon.
Les cheminées au fond sont celles de l'usine qui produisait l'électricité pour le tramway.


L'emplacement des vastes installations était à cheval sur Paris et Montrouge.
Ici, la première vue aérienne date de 1949; j'y ai reproduit en jaune l'étendue du dépôt et des installations annexes. Il n'en reste rien.


Mais au fait, nous ne sommes qu'à la porte d'Orléans ! Or, nos légumes doivent aller aux halles ainsi qu'il est indiqué sur l'affiche:


De la porte d'Orléans, notre train de marchandises, toujours en traction vapeur, empruntait les rails de la CGO (Compagnie Générale des Omnibus) jusqu'aux halles selon l'itinéraire suivant:
Avenue d'Orléans, Denfert-Rochereau, avenue de l'observatoire, boulevard Saint-Michel, pont Saint-Michel, boulevard du Palais, pont au change, place du Châtelet, rue Saint-Denis, rue des halles et rue Baltard, son terminus (à côté de Saint-Eustache).


Le train était alors déchargé par les "forts des halles" et réparti entre les grossistes. Et voila comment les parisiens mangeaient des légumes et des fruits frais produits localement un siècle avant que le mot "locavore" ne soit inventé !  



Je sens que ce voyage vous a donné soif; rendez-vous au Cochon à l'oreille et admirez les faïences décoratives. L'une d'elles représente l'arrivée de l'Arpajonnais aux halles !


Je n'aurais pas pu faire cet article sans l'aide précieuse du livre de Jacques Peyrafitte paru aux éditions Amatteis. 


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