Une petite rue dans un quartier tranquille de Courbevoie, et dans cette rue, une maison qui semble dominer ses voisine. Pas par sa taille ni par sa surface, mais par son élégance discrète et par les détails qui lui donnent son cachet.
Voyez par exemple ces lambrequins qui ne font pas leur âge:
Voyez les pointes acérées de cette grille que vous ne trouverez pas chez Leroy-Machin...
Combien cela couterait-il aujourd'hui s'il fallait refaire à l'identique cette balustrade en fonte ?
La maison date de 1884. C'est la pleine période des décorations en faïence permettant aux maisons de rivaliser par leur originalité. Celles-ci ont été réalisées par la célèbre maison Müller.
Regardez les couleurs, elles sont comme neuves !
Nous sommes invités par le maître des lieux à visiter l'intérieur.
À bien des détails, on constate que nous sommes chez des gens de goût qui ont su conserver les cheminées ou les parquets.
Même si l'on a fait installer des doubles vitrages, on a conservé les crémones.
Regardez comme ce simple lambrequin rend cette fenêtre élégante:
Là où la discrétion s'impose, on a fait poser des vitraux qui dispensent une lumière nacrée. Agrandissez les photos pour voir la précision du dessin.
Cet escalier en colimaçon m'attire; heureusement que je suis fluet ! 😉
Le paradis des enfants !
Imaginez, au sommet de la tourelle, sous la charpente, une place unique pour lire tranquille...
Nous redescendons vers le passage qui permet la jonction entre la vieille maison et l'extension résolument contemporaine.
Encore une fois ici, on a fait preuve de goût. Hors de question de plaquer une structure moderne sur le vénérable pavillon, encore moins de se séparer d'un pignon. La passerelle vitrée s'inscrit exactement dans le cadre d'une ancienne porte; même la margelle est restée d'origine.
Forcément, dans cette partie de la maison tout en métal et verre, l'ambiance est différente. Les larges baies vitrées donnent en toutes saisons l'impression d'être dans le jardin.
Le jardin !
Il est présidé par un magnolia de forte taille...
(Je n'ai pas entendu les sirènes du port d'Alexandrie).
Lors de mon passage, la floraison (mars à juin) était terminée...
Mais j'ai des preuves qu'il fleurit !
Presque cachée par le magnolia, une petite maison sert d'apprenti, mais toujours dans le style !
C'est au fond du jardin, sous l'apparence anodine d'un abri de jardin que se cache notre pépite.
Regardez bien la porte de gauche, intouchée depuis le XIX° siècle, avec ses deux niveaux d'ouverture (bas et haut)... Ça ne vous rappelle rien ?
Un indice peut-être, pour vous mettre sur la voie: ce crochet permettant d'accrocher la bride...
et ce petit anneau pour y attacher les rênes...
Vous l'avez compris, nous sommes dans une écurie qui n'a pas bougé depuis plus d'un siècle !
Typique d'une écurie, les pavés s'inclinent un peu et se réunissent pour former une évacuation des eaux de nettoyage:
C'est un petit miracle de trouver une écurie en si bon état d'origine.
Souhaitons que les travaux apparemment engagés par la propriété voisine ne viennent pas "écraser" - même visuellement - cette fragile construction qui a su traverser les années.
Félicitons les propriétaires actuels qui mettent un soin particulier - et souvent onéreux - à respecter l'histoire de cette maison dans ses moindres détails.
Rue Cantin, Courbevoie (Hauts de Seine).