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jeudi 7 janvier 2021

Mairie du 10°

Nous connaissons tous cette mairie d'arrondissement. Mais regardons mieux la partie haute. Nous y voyons un clocheton, et de chaque côté de ce clocheton, une espèce de dentelle métallique horizontale qui semble couronner le bâtiment...











Maintenant approchons-nous encore et essayons de déchiffrer ce qui est inscrit sur cette faîtière... (n'oubliez pas de cliquer sur les images pour les agrandir).




72 rue du Faubourg Saint-Martin, X°.

lundi 28 septembre 2020

Courbevoie - La salle des mariages

 À Courbevoie, vous préférerez l'ancienne mairie à l'actuelle. Ce bâtiment construit en 1855 par l'architecte Paul-Eugène Laqueux et récemment rénové est caractéristique du Second empire.


Si les principaux services ont été transférés vers la nouvelle mairie, les mariages sont toujours accueillis ici.



Nous entrons dans le vaste hall d'entrée qui sert parfois de salle d'exposition, et nous nous ruons vers l'escalier.



Le palier vaut déjà un arrêt; on y trouve quatre peintures de René Billotte représentant des paysages de la banlieue parisienne.




On retrouve René Billotte à l'hôtel de ville de Paris où se trouve "La Seine au quai d'Orsay".


Il est temps d'entrer dans la salle des mariages:


Assez vaste (18,50 x 14 m), notre salle bénéficie le plus souvent de l'éclairage naturel, disposant de neuf fenêtres.



La cheminée en marbre blanc est surmontée par un buste de femme couronnée d'épis en bronze.


Il s'agit d'une copie de "La Patrie" de Jean-Baptiste Carpeaux, l'original en plâtre se trouvant dans la salle du Conseil municipal.


Les peintures qui ornent les murs et le plafond ont été présentées à l'Exposition universelle de 1889, puis marouflées ici. Elles sont l'œuvre d'Alexandre Séon, élève et collaborateur de Puvis de Chavannes. Chaque panneau - il y en a huit - possède une charge symbolique propre. 

Amusez-vous à donner à chaque toile la légende qui lui convient, voici la liste: L'aïeule, la mère, le travail, Jour de fête, le repos, la femme fille, le dévouement, l'éducation.









Le magnifique plafond est aussi l'œuvre d'Alexandre Séon; il représente les quatre saisons.








Inutile de dire que cet ensemble est classé à l'inventaire des Monuments historiques.


Il ne nous reste plus qu'à redescendre sans oublier de saluer cette sculpture moderne d'Emile Morlaix représentant "La toilette".


Hormis à l'occasion des Journées européennes du patrimoine, il semble que la ville de Courbevoie ne fasse pas beaucoup d'effort pour promouvoir cet admirable lieu. Je ne saurais trop vous conseiller de consulter le site de la ville de Courbevoie pour avoir plus d'information.

Autre possibilité: vous marier à Courbevoie !

2 place de l'hôtel de ville, Courbevoie (Hauts de Seine).


vendredi 1 novembre 2019

Du château du roi d'Espagne à la mairie d’Épinay-sur-Seine

Hors Paris

Dans l'univers ultra-bétonné d’Épinay-sur-Seine, une vision surprenante:
D'abord ces deux chevaux cabrés qui semblent ne reposer que sur leurs deux jambes postérieures, et derrière cette sculpture de Charles Correia, la mairie... 



Devant l'entrée, cette seconde sculpture du même auteur est un véritable défi à la pesanteur. Regardez bien, elle n'a que trois points de contact avec le sol: 


La mairie à présent.
Au XVIIIe siècle, le marquis du Terrail acquiert un domaine en bord de Seine où il fait construire un petit château - on disait alors une maison - en forme de T, l'initiale de son nom.
Le château sera racheté en 1881 par François d'Assise de Bourbon, roi consort d'Espagne en exil.
Petite précision: ce roi aimait les garçons et dans l'Espagne très catholique du XIX° siècle, c'était mal vu, si bien qu'il dut pour des "raisons dynastiques" épouser sa cousine germaine la reine Isabelle II. Exilé, il vivra selon ses préférences à Épinay-sur-Seine jusqu'à sa mort, en 1902.
  En 1906, le château deviendra la mairie; on effacera alors sur la façade les armes du roi d'Espagne pour les remplacer par la devise de la république française.
Deuxième petite précision: le drapeau algérien apposé sur la façade de la mairie est dû à des cérémonies de jumelage avec la ville algérienne de Tichy. 


Dans l'entrée, soixante ans de cinquième république vous regardent.


Trésor de ce château, la salle du conseil est l'ancienne salle à manger du château:


Le plafond a conservé le semis de fleur de lys qui était et est toujours le symbole des Bourbons.


Cette salle du conseil municipal est classée MH. Elle est décoré par des toiles d’Abel Truchet représentant Épinay-sur-Seine aux quatre saisons: 





Le lustre vient de Murano, what else ?


L'actuelle salle des mariages fut jadis la salle de bal. 
Rareté: la cheminée placée sous une fenêtre !



Nous allons emprunter l'escalier d'honneur au pied duquel se trouve un joli présentoir art-déco:


Au premier étage, nous voici dans un vaste bureau; quelque-chose me dit que c'est celui du maire...



Les bureaux du premier étage sont d'une moderne sobriété mais c'est la vue sur la verdure et sur la Seine qui retiennent l'attention. En effet, les berges d’Épinay ont été épargnées par la bétonisation, de même que la rive opposée où se trouve le parc départemental de l’Île-saint-Denis. Nous sommes en pleine nature ! 
.

Quel flair ! Je pousse une porte et découvre un escalier de service en état de marche !


Mais compte tenu de notre qualité, c'est par l'escalier d'honneur que nous descendons...


N'oublions pas de mentionner les toiles qui ornent la mairie, comme "Les combats de 1870 à Épinay" de Raoul Arus ou "L'atelier" de  Boris Taslitzky: 


La façade est, où les fenêtres murées sont habituellement masquées par des contrevents, nous présente les quatre continents lointains sous forme de mascarons:


Du château, les jardins descendaient en pente douce jusqu'à la Seine; c'est aujourd'hui un jardin public.


On déplorera que les deux extensions modernes de la mairie (pierre plus claire) aient défiguré cette façade sur jardins.


Je vous ai dit que les armes du roi d'Espagne avaient été effacées sur la façade, mais pas de ce côté-ci ! Elle sont toujours là, gravées dans la pierre blonde... Viva España !  



Visite effectuée à l'occasion des Journées nationales de l'architecture, en octobre 2019, guidée par des bénévoles cultivés que je remercie.


Rue Quetigny, Épinay-sur-Seine (Seine Saint-Denis).