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lundi 17 novembre 2025

Le chapiteau des baisers

 

Lorsque Fati nous envoie un article, on peut être sûr qu'il sera dense, intelligent et précis; je lui laisse donc la parole.

Connaissez-vous le Chapiteau des Baisers ? Moi je n’en avais jamais entendu parler avant d’avoir consulté… la Revue Bizarre (je vous assure que je n’ai pas fait exprès !) consacrée aux « Maisons 1900 de Paris ». On est en 1963, à l’époque où l’appellation Art Nouveau n’était pas encore définitivement adoptée.



Ce chapiteau est proposé en illustration d’une étude sur le mouvement. Mais aucun renvoi du texte vers l’image ni de l’image vers le texte pour éclairer la présence de cette illustration. Intrigant ! Sans doute parce que ce chapiteau et sa colonne devaient être suffisamment célèbres à l’époque pour ne nécessiter aucune ligne explicative. Sa reproduction se justifie juste par le style Art Nouveau de ses reliefs qui fait le lien avec les « maisons 1900 » étudiées par l’auteur.

Exposé au Salon de 1906 et souhaité pour « une maison du peuple » qui n’a pas vu le jour, il sera installé au jardin du Luxembourg, du côté de la rue A. Comte. C’était une commande de l’état destinée spécifiquement pour le jardin. 




Mais au fil du temps, l’Art Nouveau n’étant pas encore sorti du purgatoire, le monument a dû devenir un objet à reléguer aux encombrants. Alors, sous le mandat Mitterrand, il a été décidé (par François Mitterrand lui-même comme cela a souvent été écrit ?) de s’en débarrasser pour être remplacé par une statue de P. Mendès France. Statue qui aurait très bien pu trouver place ailleurs. Le jardin du Luxembourg s’étend tout de même sur plus de 20 hectares. 




Après un bref séjour « en 3 morceaux séparés, à même le sol, dans l'herbe, dans une cour de la manufacture des Gobelins ; le chapiteau recouvert de lierre, le tout exposé aux intempéries » [G. Aillaud, https://www.commune1871.org/la-commune-de-paris], quelques années plus tard, la sculpture va trouver refuge en bonne place à Roubaix, sauvée par des amoureux du Patrimoine et de l’Histoire. 





Le concepteur de ce Chapiteau des Baisers, Émile Derré (1867-1938) est un sculpteur engagé, sympathisant anarchiste spécialisé dans la représentation de personnalités dont il partage les convictions, avec un faible pour Louise Michel, mais qui est aussi fasciné, et ce n’est pas contradictoire, par les thèmes sociaux tournant autour du noyau familial et de ses étreintes. Derré a dû être un grand sensible, qui a fini malheureusement par se suicider. Les sculptures de ce chapiteau laissent deviner les tourments dus au départ des êtres chers et des proches. Ses biographes le nomment le « sculpteur humaniste, engagé et créateur d’un art social » [Tess Macé-Malaurie, Émile Derré... - Mémoire de Recherche – École du Louvre]


Pour en revenir à notre monument. Trois de ses faces mettent en scène Louise Michel enlaçant un homme, la quatrième une maman cajolant son enfant. Et pour compléter tous ces câlins, une farandole de Satyres se faisant face deux à deux pour… s’embrasser orne les 4 côtés de l’abaque ! Ils sont là pour couronner de manière humoristique les 4 épisodes principaux qui symbolisent : la Maternité, la Consolation, l’Amour et la Mort. Parmi les trois couples enlacés il y aurait outre Louise Michel, Élisée Reclus et Auguste Blanqui. Mais comme je ne les connais pas personnellement, je n’ose m’aventurer à dire qui est qui. À la base de la colonne, un autre trait d’humour, 4 chiens en fidèles compagnons veillent sur ce résumé du parcours humain, de l’enfance à la mort.



Mais si vous voulez avoir une idée, à Paris, sur les sculptures d’Emile Derré, il faut vous rendre dans le XIVe arrondissement. Les trois groupes sculptés sur la façade de l’immeuble du 176 boulevard Raspail sont le parfait pendant du Chapiteau des Baisers... Ils illustrent les Trois Âges de la vie : l’Amour, la Maternité et la Mort.

D’autres reliefs se retrouvent ailleurs dans Paris, dans le XVIe ou le XVIIIe arrondissement.

Certains ont déjà eu les faveurs de Paris-bise-art. 


Un grand merci à Fati !


mardi 4 octobre 2016

L'abri souterrain du Sénat

Les abris souterrains qui ont été construits avant la deuxième guerre mondiale sont des témoignages indispensables d'une époque qu'on espère révolue.
Mais est-ce parce qu'ils sont cachés qu'il faudrait les ignorer ? Non, bien sûr et c'est pourquoi PBA s'évertue autant qu'il est possible à vous présenter ces vestiges (Clic !).

Aujourd’hui, c'est à une visite rarissime que je vous convie, bien aidé en cela par la chaîne de télévision France5 qui a diffusé hier soir un documentaire passionnant sur l'abri du Sénat.
J'en ai tiré ces quelques images pour vous mettre l'eau à la bouche:



Au cours de cette visite, nous suivrons Gilles Thomas, le meilleur connaisseur des sous-sols parisiens, auteur de plusieurs livres incontournables et dont la Bibliothèque de Paris-Bise-Art a déjà parlé.


La descente s'effectue par les jardins de la présidence du Sénat





Tout est là. Les armoires sont pleines. Masques à gaz, tenues étanches, tous pourrait servir demain !



Pas besoin d'électricité pour utiliser les "vieux" téléphones !



Les sanitaires




Une selle de vélo ?


Oui, mais ces pédaliers étaient utilisés pour maintenir la surpression des locaux en cas d'attaque aux gaz.





C'est comme neuf, on vous dit !



Ces quelques (trop) petites images ne sont qu'un extrait du documentaire "Les gardiens  du paris souterrain", un film de Pierre Toury et Laurent Lefebvre que je vous encourage à visionner sur Pluzz: Mettez-vous en plein écran et... Clic !
Vous y verrez également les catacombes, la carrière des Capucins, les égouts, bref tout un monde souterrain passionnant et inconnu, hélas.
----> Attention, film disponible sur Pluzz jusqu'au 08.10.2016.




vendredi 18 mars 2011

Four gallo-romain du Sénat - rue de Vaugirard

Moins beau que celui de l'Institut des Jeunes Sourds (liens 1 & 2) mais plus facilement visible, ce four de potier gallo-romain est un Vestige de la Lutèce antique. Il est exposé dans une annexe du Sénat, sans autres explication... Le porche est ouvert aux heures de bureau.



Juste après le porche, sur votre droite...

















36 rue de Vaugirard, Paris VI°.

lundi 17 janvier 2011

Pèse-personne

Ce type de pèse-personne était naguère fort répandu à Paris: sur les quais du métro, devant les pharmacies, dans les jardins publics, etc... Celui-ci survit dans le jardin du Luxembourg; est-ce le dernier ?


Jardin du Luxembourg, Paris VI°.