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mercredi 7 janvier 2015

Le lac de Saint-Fargeau

Si vous vous promenez rue de Belleville, vous découvrirez, plantée devant un poste de redressement RATP, une "pelle Starck" évoquant le "Lac de Saint-Fargeau".


Cette pelle m'interpelle car j'ai beau avoir un œil de faucon, je ne vois aucun lac à l'horizon !


Un peu d'histoire :

En 1750, les hauts de Belleville sont occupés par deux domaines aristocratiques : Le château des Bruyères et le château de Ménilmontant. Ce dernier, construit au début du XVIII° siècle par Michel Le Pelletier de Souzy, est plus connu sous le nom de "château de Saint-Fargeau" en référence au château de Saint-Fargeau (Yonne) acquis par les Lepeletier en 1713.

Carte Atlas historique de Paris. Situation en 1750. Le pointillé gris à droite figure l'actuelle limite de Paris.

 La partie nord du parc est vendue à la fin du XVIII° siècle, donnant à la rue de Paris (actuelle rue de Belleville) un tracé rectiligne.
La rue de Romainville d'aujourd'hui suit donc exactement le tracé du parc de Saint-Fargeau ! Étonnant, non ?

Carte Atlas historique de Paris. Situation en 1800
  1845 : L'enceinte de Thiers englobe Paris et sa proche banlieue.
1850 : Le domaine de Saint-Fargeau n'existe plus. A sa place, un cimetière, des jardins, des terrains vagues et des carrières.

Carte Atlas historique de Paris. Situation en 1850
 1859 : Constatant la présence persistante d'eau à faible profondeur, le propriétaire, un certain Etienne Serette, décide de créer une "guinguette". Quelques aménagements paysagers et le tour est joué ! Le "lac de Saint-Fargeau" accueille ses premiers clients.
Ces "guinguettes" ou lieux de plaisir étaient nombreux à l'époque (Luna-Park, Tivoli, Petit Ramponneau, etc...) ; on y mangeait, on y buvait, on y dansait ; de nombreuses réunions politiques s'y tenaient aussi.      
1860 : annexion de Belleville à Paris. La rue de Paris devient la rue de Belleville.
  
Plan parcellaire de 1860

Carte Atlas historique de Paris. Situation en 1900
  Au tournant du XX° siècle, il faut franchir des grilles pour passer la porte des Lilas, en haut de la rue de Belleville :


Cette photo prise en direction de la porte des Lilas nous montre à droite la fière façade du restaurant. On distingue à gauche l'arrivée de la rue de Romainville. Les premières maisons à gauche existent toujours.


La façade du restaurant vue de la rue de Romainville. C'est derrière ce bâtiment que se trouvait le lac.


De petits pavillons pouvaient être loués pour les "noces et banquets".


Un photographe était là pour immortaliser l'instant !


J'emprunte à la collection Maily (merci !) cette vue du petit lac artificiel. Les maigres arbres qu'on y voit n'ont rien à voir avec le somptueux parc du domaine de Saint-Fargeau. Les seuls vestiges de celui-ci sont (seraient) quelques vieux arbres du cimetière de Belleville.


Suprême habileté commerciale : Notre guinguette obtiendra de la Compagnie Générale des Omnibus (CGO, l'ancêtre de la RATP) que la ligne d'omnibus N soit prolongée et que son nouveau terminus soit dénommé "Lac de Saint-Fargeau".
Plus d'images sur le forum Bus Parisiens : Clic !

296 à 322 rue de Belleville, Paris XX°.

mercredi 13 février 2013

La Tour Solférino - Montmartre

De nombreuses guinguettes s'étaient implantées hors les murs avant l'élargissement de Paris aux communes limitrophes en 1860, car le vin y était moins taxé (pas d'octroi).
Montmartre ne faisait pas exception et plusieurs établissements avaient profité de l'altitude pour édifier de véritables tours sur lesquelles on grimpait (moyennant finances) pour admirer le "point de vue".
La plus connue de ces tours fut certainement la tour Solférino, construite en 1859 par l'architecte Hannequin à l'emplacement de la basilique du Sacré-Coeur. Dénommée dans un premier temps "Tour Malakoff" pour célébrer la victoire française de la guerre de Crimée, elle prendra très vite le nom de "Tour Solférino" après la bataille homonyme.


A l'origine, la tour possédait quatre niveaux; sa hauteur était d'environ 25 mètres. Une passerelle la reliait à la guinguette.

Alfred Auteroche - Musée Carnavalet

Alfred Auteroche - Musée Carnavalet

Lors de la guerre de 1870, notre tour fut raccourcie de deux niveaux afin de ne pas servir de cible aux canons prussiens.

Léon Rolla - Musée Carnavalet

On connait le sort de la guerre de 1870: les prussiens à Montmartre:


Marie-Louis Chevalier - Musée Carnavalet

La tour sera détruite en 1874.

Ne pas confondre cette tour avec la Tour Montmartre, déjà vue ici ---> Clic !
D'autres photographies de la tour Solferino ---> Clic !

lundi 28 janvier 2013

La Tour Montmartre

Tout en haut de la rue Lepic existe une placette triangulaire nommée "Place Jean-Baptiste Clément", l'auteur du "Temps des Cerises".
Dominant cette place, un immeuble de quatre étages sur lequel figure un intrigant bas-relief:


"La Tour Montmartre", 114 rue de l'Empereur, est dans de nombreux guides confondue avec la Tour Solférino 



 Voici une des rares photographies de la Tour Montmartre, aimable guinguette où l'on pouvait jouer au billard et, moyennant finances, accéder au "Point-de-vue".


Une autre photographie de cette tour ---> Clic !

La tour Montmartre s'effondra, victime d'un fontis.
. Compte tenu de la fragilité du terrain, rien ne fut reconstruit à cet emplacement.


Quant au nom de "rue de l'Empereur", il s'agit de l'ancien nom porté par la rue Lepic entre 1852 et 1864; le numéro 114 se trouvait au milieu de la pelouse, au centre de la place actuelle.

Ne pas confondre cette tour avec la Tour Solférino ---> Clic !

Place Jean-Baptiste Clément, Paris XVIII°.

vendredi 18 décembre 2009

Le Plessis-Robinson - Guinguette


Hors Paris

Lors de l'Exposition Universelle de 1889, ce long bâtiment s'appelait "L'Auberge Espagnole". Il fut remonté au Plessis (tout court) pour y devenir "La Guinguette du Grand Arbre".


La première guinguette s'appelait "Au Grand Robinson"; c'est elle qui donnera son nom à la commune du Plessis.
On imagine les danseurs sur cette magnifique terrasse dominant la Vallée aux Loups.


Aujourd'hui à l'abandon, ces "Salons de l'Ermitage" selon leur dernière dénomination auraient bien besoin d'attention...
22 rue de Malabry, Le Plessis-Robinson, Hauts de Seine.