vendredi 31 mai 2019

Adieu la grosse bouteille.

Le 7 avril 2017 (Clic !), nous étions encore un certain nombre à espérer que l'autocrate municipale saurait écouter ses administrés... Hélas, toutes les batailles ne peuvent pas être gagnées. 
À l'heure où nous nous réjouissons de l'abandon par l'hôtel de ville du projet de bétonnisation du TEP boulevard de Ménilmontant, il nous faut déplorer la disparition de la fameuse "grosse bouteille" du boulevard Richard-Lenoir.
C'est un peu comme si madame Hidalgo se vengeait...


Les petites gens, les retraités, les joueurs de boules avaient ici leur point de rencontre; on se donnait rendez-vous "à la grosse bouteille"...
Fini tout ça !
On démolit, on rase, on nivelle.
Me voyant photographier le massacre, un monsieur âgé est venu vers moi. Il avait les larmes aux yeux.
"Après la dalle de béton place de la République, il faut qu'ils nous détruisent la grosse bouteille !" me dit-il avec des sanglots dans la voix...


Oh bien sûr, on nous promet que la grosse bouteille sera préservée et mise en valeur...
Seulement voyez-vous, ce genre de promesse, nous l'avons maintes fois entendu (le jeune faune du square Anna de Noailles, le pont de Tolbiac, les bassins de la place de la République, le petit bonhomme vert du boulevard de Clichy, les bornes anciennes de l'avenue du général Leclerc, le phare breton de la rue Castagnary, la casemate du XV°, etc...).


Les larmes de ce vieux monsieur, vous en êtes comptable madame Hidalgo, et vous aussi monsieur Vauglin.
Puissent les électeurs s'en souvenir ! 

Angle boulevard Richard-Lenoir et rue Moufle, Paris XI°

Sur le dolmen public

Premièrement, je jure n'être pas responsable du titre de cet article !
Tout est de la faute de Claude P, notre envoyé spécial qui nous envoie ces photos:


Deuxièmement, ne me demandez pas pourquoi l'auteur de cette installation a nommé son œuvre "Un mètre cube de tournesols"... Moi non plus, je ne comprends pas. 





Rue de Furstemberg, Paris VI°.


mercredi 29 mai 2019

Homme-grenouille

On a retrouvé notre envoyé spécial !
Il cherche des mascarons Pierre Hermé près du Pont-Neuf !


Merci à Claude P. !

Le Nègre joyeux banni par la mairie de Paris.

Quand la bêtise vient à la rescousse de l'inculture, on est sûr que l'obscurantisme avance...

***

Voici ce que le journal Le Parisien titrait ce matin:


La polémique ? L'ancienne enseigne serait apologétique de l'esclavage et du racisme.
Voyons d'abord ce que nous montrait l'excellentissime site Commerces Immarcescibles en septembre 2009:
Rappelons que cette enseigne était celle d'un marchand de café.



Que voyait-on sur cette enseigne ?

Deux personnes partageant une collation.

La femme est vêtue d'une robe élégante et d'une coiffe comme on en portait au XVIII° siècle.
Elle tient dans ses mains un plateau sur lequel on voit une cafetière en argent et des pâtisseries. Sur la table, deux tasses à café.

L'homme - tout sourire - tient à la main une carafe (le pousse-café ?).
Sa tenue vestimentaire - culotte, bas blancs, souliers de cuir - indique une position sociale élevée.


Toutes les interprétations ont été faites de ce tableau.
Certains ont cru voir une servante apportant le café à son maître; dans ce cas pourquoi deux tasses ?
D'autres ont vu un esclave au service de sa maîtresse. Un esclave en culottes et bas blancs qui prend le café avec sa maîtresse, je n'ai vu ça que chez lady Chatterley !
Toutes les hypothèses sont possibles, sauf une: il ne peut en aucun cas s'agir d'un esclave !

Et bien c'est précisément cette stupidité que certains esprits chagrins ont retenue pour réclamer la disparition de cette enseigne ! 

Cette enseigne avait déjà eu à souffrir de la bêtise humaine (jets de peinture, jets de pierres); elle devait être restaurée par la ville de Paris qui s'était engagée à la raccrocher au même endroit.
Il n'en sera donc rien, l'hôtel de ville ayant changé d'avis en se rangeant au côté de ceux qui ne supportent pas de voir deux êtres humains boire le café ensemble...

***

14 rue Mouffetard, Paris V°.


lundi 27 mai 2019

Jeu de printemps - Mai 2019 (4)

Mais où ai-je pris cette photo ?


Bonne chance à tous !


BNF ou le vide en gris.

Mais pourquoi ai-je décidé ce jour-la d'aller me perdre dans ce quartier glacial de la bibliothèque François Mitterrand ?
Et puis cette bibliothèque, je ne l'aime pas de loin, mais peut-être me faudrait-il l'approcher, voire y pénétrer pour l'apprécier !
L'approche est complexe, car aucune indication, aucun fléchage pour se diriger vers l'entrée principale, seulement des indications calées sur les point cardinaux...
J'opte pour l'entrée ouest pour l'unique raison que c'est seulement de ce côté que se trouvent des places légales de stationnement pour mon fougueux destrier.
L'endroit est désert, on se croirait dans un (mauvais) film de science-fiction.

Après avoir escaladé un Himalaya ou deux (comment font les handicapés ?), je me retrouve sur une immense esplanade vide dans un vent glacial... Ambiance.


L'entrée ouest semble avoir disparu ou alors une méchante fée l'a fait disparaître, nous sommes dans un conte de Perrault après tout !



Cette inscription mystérieuse est le seul témoignage que des humains ont un jour parcouru cette esplanade avant moi...


Heu... Ils sont où les chemins antidérapants ?



N'allez pas croire que j'aie pris ces photographies à l'aube ou un dimanche; il était midi et nous étions vendredi dernier !


Si vous grossissez l'image, peut-être distinguerez-vous deux humains dans le lointain...




Tiens, quelqu'un a dû comme moi chercher l'entrée sans la trouver:


Cette inscription m'a plongé dans des abîmes de perplexité dont je ne suis toujours pas sorti...



Heureusement, ces écrans sont là pour me renseigner:


C'est presque par hasard que je suis tombé sur ce "trou" où se trouve l'entrée est (c'est à dire opposée à l'entrée ouest) qui s'avérera être la seule utilisable !


Les longs couloirs sont égayés par une moquette rouge qui contraste joyeusement avec les piliers en béton sale et les vitres dégueulasses pas propres:


Il semble que le nettoyage extérieur des vitres n'ait pas été pensé à la conception, ce qui fait qu'une épaisse couche de saleté recouvre les vitres donnant sur la "fameuse" forêt, il en résulte un aspect de verre dépoli.


Une envie pressante ? Des toilettes sont là, hors d'usage.
Heureusement, à l'autre bout du navire, d'autres toilettes sont là, fermées depuis deux ans...


Ah ! Au passage, dans une pièce vide, ces deux magnifiques globes de Coronelli.
Je tiens à m'excuser d'avoir pris cette photo juste avant de m'apercevoir que les photographies étaient interdites; je n'en parlerai donc pas.


Bon, j'en ai assez, j'ai probablement parcouru l'équivalent d'un marathon, je veux sortir !
Heureusement, devant moi, ces deux tapis roulants me tendent les bras; ça tombe bien, ils sont justement placés du côté (ouest) où se trouve mon fougueux destrier.
Ils sont en panne et interdits d'accès...


Bon, c'est simple, il n'y a qu'à retraverser le bâtiment dans sa longueur pour trouver la seule sortie possible, côté est !


Le cheminement est aussi agréable qu'à l'aller... C'est chaleureux...


Regardez, un autre être humain !Celui-la est moins bête que moi, il a pris une valise où, à n'en pas douter, il y a des provisions. 


Voyez tout au bout là-bas, mon entrée ouest. Je suis comme une vigie qui aperçoit la terre !


On voit des corps épuisés qui n'ont pas atteint la sortie...



J'arrive ! Plus que l'équivalent du phare de Cordouan à descendre et je pourrai bientôt boire un café chaud et aller aux toilettes !


Le café est définitivement fermé. C'est l'heure du déjeuner et on ne voit pas âme qui vive. 


Si cette bibliothèque devait ne posséder qu'un livre, ce serait incontestablement "Le spleen de Paris", de Charles Beaudelaire...

Quai François Mauriac, Paris VI°.

Maison des chantres - Hôtel de la Motte-Montgaubert.

Si vous entendez parler du "cloître Notre-Dame", ne cherchez pas une galerie à colonnes encadrant une cour ou un jardin carré; il s'agit du nom d'un quartier situé au nord-est de l'île de la Cité et adjacent à Notre-Dame, réminiscence de l'île de la cité avant les grands travaux d'Haussmann.
La rue principale de ce petit quartier était la rue chanoinesse; inutile de vous dire que nombre d'ecclésiastiques y résidaient.
C'est ainsi qu'au numéro douze, vous verrez la maison des chantres où du Grand chantre dont Claude P., notre envoyé spécial, nous a rapporté ces photographies. 


La façade sur rue (XVII° siècle) est parfaitement conservée:




Elle a l'air neuf mais la porte d'entrée cloutée est d'époque !



La cour est tout à fait charmante... Mais il s'agit d'une reconstitution !



Le puits - en eau - est d'époque:




Ce petit corps de bâtiment en retrait attire inévitablement les regards. Il date des années 1920 !


Il est piquant de penser que la plupart des travaux de reconstitution de cet hôtel chargé d'histoire catholique ont été financés grâce aux occupants de l'époque, la famille de l'Aga Khan III, 48° imam des ismaéliens nizârites (une branche de l'islam chiite).



Merci à Claude P. pour cette visite rare !

Ce lieu est privé; il ne se visite donc pas, sauf si l'on connaît Claude P. ou l'Aga Khan !

12 rue Chanoinesse, Paris IV°.

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