jeudi 4 novembre 2021

Fours Isambert - Paris XVII°.

 C'est ce grand panneau presque effacé qui a attiré mon attention... Les fours Isambert ! Quel beau nom; on le croirait tiré du Roman de Renart !


Mais je dois avouer que mes connaissances en fours sont assez lacunaires, et même madame Wikipédia n'en sait pas plus, c'est vous dire !
Était-ce une marque de fours de boulangerie ?
J'aimerais bien que quelqu'un nous fasse part de ses connaissances... 


Le haut porche nous signale qu'à l'époque de la construction de l'immeuble, on avait pensé à dégager la hauteur permettant de faire passer de lourds et hauts charriots. 
Mais d'où venaient-ils ces charriots ? Forcément de l'usine située derrière l'immeuble, vous me suivez ? 


Nous entrons donc - après avoir usé de mon pouvoir de séduction sur la porte - dans une longue ruelle...


Cette ruelle est rigoureusement parallèle aux autres rues de ce quartier des Epinettes. On appelle ça des "arrêtes de poisson". Ces voies étaient un siècle plus tôt les chemins d'accès aux cultures, au milieu des champs.

Vue aérienne de 1931 - Remonter le temps IGN

Mais revenons à notre ruelle, avec à gauche un long bâtiment qui, je ne sais pas pourquoi, me fait penser à un bâtiment conventuel... mais c'était sans doute simplement un immeuble de rapport construit là lors du lotissement du quartier.


Rappelons que jusqu'à une époque récente, le XVII° arrondissement - et particulièrement le quartier des Epinettes - était couvert d'usines et d'ateliers dont les ouvriers devaient bien être logés.


Ici à gauche un bâtiment ancien qui a été modernisé/agrandi avec goût.


Et tout au fond du passage, cinq pavillons modernes dont la construction s'achève à peine.


Demi-tour ! 






Voila, rien de bien sensationnel, mais un passage tout à fait représentatif de ce quartier ouvrier en passe de devenir résidentiel.
Et je ne sais toujours pas ce qu'étaient les fours Isambert...


44 rue de La Jonquière, Paris XVII°.


mardi 2 novembre 2021

lundi 1 novembre 2021

L'antenne de la tour Eiffel

 À l'heure où le Champ de Mars est en danger de mort à cause des projets fous de la mairie, penchons-nous sur des traces du passé qui, à coup sûr, disparaîtront dès les premiers coups de pioche.


En 1909, une station radiotélégraphique est installée sur la tour Eiffel. Elle était composée de six brins arrimés au sommet de la tour et descendant jusqu'au Champ de Mars où ils étaient solidement amarrés. Ces brins étaient ensuite reliés au poste souterrain de TSF installé sous le jardin.
Ces installations seront démontées vers 1925.


Sur cette carte postale d'époque, on voit à droite le départ des antennes de la TSF (Télégraphie sans fil).


L'arrimage des câbles au sommet de la tour:


Des isolateurs comme ça, ça isole !


Que reste-t-il de tout cela ?
Et bien si vous vous promenez autour de l'avenue du général Ferrié (grâce à qui la tour est restée debout), vous remarquerez peut-être ces ancrages dans le sol qui aujourd'hui ne servent à rien:





Ici, je ne suis que l'ombre de moi-même...



Si vous possédez encore de très vieilles tablettes de chocolat, vous trouverez peut-être une vignette-cadeau représentant notre antenne !


Champ de Mars, Paris VII°.


Les dames de la Poste

Lorsque Juliette Gréco reprend cette chanson coquine de Dominus, les dames de la Poste ont disparu depuis fort longtemps. Les quinze-cents jeunes filles qui, chaque soir, sortaient de la grande Poste de la rue du Louvre, et qui provoquaient des encombrements de voitures toutes occupées par de dignes messieurs, ne sont plus qu'un souvenir... Le téléphone est entré dans les mœurs.
Mais au début du vingtième siècle, qu'on pût mettre en cause la vertu des dames de la Poste était impensable, il fallait faire quelque-chose !


C'est ainsi que la Société Coopérative d’Habitations à Bon Marché "La Maison
des Dames des Postes, Télégraphe et Téléphones", est fondée
en 1905 afin de procurer un logement décent aux employées
célibataires des postes.
Avec l'aide de Gaston Menier (oui, oui, le chocolat), la société achète en 1906 un terrain rue de Lille où elle fait construire par l'architecte Emile Bliault un immeuble de six étages comprenant cent-dix chambres destinées aux demoiselles du téléphone.


On le voit, la décoration des parties communes (ici le rez-de-chaussée) était soignée, typiquement dans le style Art nouveau.



Faisons un saut en avant (en français flashforward) d'un siècle... L'immeuble des dames de la Poste est toujours là !






L'intérieur a l'air sympa...


Entrons !

Aujourd'hui, le lieu est un restaurant, et quel restaurant ! Les Climats est une ode au bien-manger et au bien boire. Il faut entendre le mot "Climat" dans l'acception viticole bourguignonne, c'est à dire une parcelle de vigne soigneusement délimitée... Vous dire que la cave est particulièrement riche en bourgognes serait un euphémisme !
Vous choisirez le menu "Initiation" avec un accord - parfait - mets et vins, et vous vous laisserez guider par la patronne Carole Colin...
Mais allez plutôt voir le site du restaurant !


Le décor respecte totalement l'esprit du lieu; on croirait que rien n'a changé.


Je ne suis pas sûr cependant que cette photo eût pu être prise du temps des demoiselles de la Poste...


Toujours inspecter les petits coins !


Un luxe dans le VII° arrondissement, ce petit jardin ouvert quand il fait beau !



Il va sans dire que cet article est libre de toute publicité; il ne fait que refléter la satisfaction de tous les convives et merci à Ingrid et à Matthieu !


41 rue de Lille, Paris VII°.

vendredi 29 octobre 2021

Les pigeons-voyageurs de l'hôtel de Retz.


 Le porche est tout ce qui subsiste de l'hôtel d'Elbeuf qui changera de nom en 1649 lorsque le frère du cardinal de Retz le rachètera. L'hôtel brûla en 1839 et fut aussitôt reconstruit.



Cet hôtel possède deux cours; nous sommes ici dans la deuxième:


La troisième cour, tout en longueur, abrite des bureaux et des salles d'exposition (en français showroom)


et tout au fond, ce porte-bouteilles géant est une œuvre d'art !


Demi-tour vers la rue Charlot.


Je gardais la première cour pour la bonne bouche ! Elle abrite deux pigeons-voyageurs un peu... guerriers !




Bon, je vous l'accorde, c'est encombrant, mais pensez que ces pigeons ne saliront pas votre salon par leurs déjections !


L'accès est libre.


9 rue Charlot, Paris III°.