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lundi 17 juin 2019

Hôtel Gaillard - Citéco

Issu d'une riche famille grenobloise et représentant à Paris de la banque familiale, Emile Gaillard fut aussi un collectionneur passionné par l'art des XV° et XVI° siècles. Ami de Chopin qui composa pour lui, cet homme mondain donna, pour l'inauguration de son hôtel en 1885, une des plus belles fêtes de Paris. C'est à l'architecte Jules Février qu'il confia la construction de son hôtel.
Après sa mort en 1902, les collections furent dispersées et son hôtel fut racheté par la Banque de France pour en faire une succursale.  


Inspiré du château de Blois, l'hôtel Gaillard est plus qu'un pastiche, c'est un hôtel du plus pur style Renaissance.



L'extérieur n'est rien à côté de l'intérieur. Vous me suivez ?


Premier choc dans le grand escalier. Le mariage de la pierre et de la brique, l'espace, la hauteur sous plafond...


Le plafond !


Nous parcourons pour commencer les bureaux directoriaux. Partout, des cheminées remarquables, des boiseries voisinent avec des explications didactiques sur les activités économiques. 


L'intelligence des concepteurs: dans cette pièce un peu austère aux meubles d'acajou, on a inséré un écran permettant des interactions dans la table. C'est joli, de bon goût, et ludique à la fois, bravo !


Un coffre-fort dans les lavabos ? Moi, j'aurais plutôt mis une douche...



Je profite de la traversée de ce couloir chronologique pour décerner une mention aux éclairagistes qui ont réussi le tour de force d'échapper aux horribles ampoules blafardes pour installer un éclairage doux et chaleureux. Merci !


Retour vers le grand escalier:


Soudain, l'espace se remplit de couleurs...


Mais vous verrez mieux sur cette petite vidéo:




Suite de la visite; nous sommes dans le petit salon où Emile Gaillard entreposait ses collections. C'était un peu chargé pour le goût d'aujourd'hui...


Une partie des boiseries est pure création bien sûr, mais certaines pièces comme ces trois portes sont d'authentiques antiquités rachetées par le banquier.


Le grand salon et sa loggia:



Regardez chaque détail:


N'oublions pas l'autre vocation de l'hôtel Gaillard aujourd'hui: nous faire mieux comprendre l'économie. Partout, dans chaque pièce, des thèmes sont abordés de façon très didactique. Les petits aimeront, mais les grands apprendront !


et toujours ces "détails" !


C'est l'architecte Alphonse Defrasse qui transformera l'hôtel résidentiel en succursale de la Banque de France entre 1920 et 1922.


Nous voici dans le grand hall qui accueillit le public jusqu'en 2006. 




Les anciens guichets sont toujours là, de même que le sol et ses bouches de chauffage:


Dommage d'avoir placé au centre ce "stand" blanc qui mange tout l'espace !


Réalisé lors de la constructions de l'hôtel en 1880, l'escalier du puits est un élément d'architecture Renaissance de plus.


Escalier à vis, le vide central où l'on était censé remonter l'eau...
Mais regardez l'extrémité de la rampe, c'est le portrait d'Emile Gaillard !


Une courette bien couverte !


Un escalier où manifestement je n'aurais pas dû me trouver:


Lors de la transformation de l'hôtel en Banque de France, l'architecte dut créer une salle des coffres. Il conçut un bâtiment enfoncé dans les sous-sols et accolé à l'hôtel mais physiquement indépendant de celui-ci. Cette "boîte" abritant les coffres fut même entourée de douves en eau qui sont encore visibles de nos jours.
Un petit chariot suspendu semblable à ceux utilisés par les laveurs de vitres dans les tours permettait une inspection des douves !


Passé les douves, une "petite porte" nous attend:


Nous sommes dans la salle des coffres:


Elle a heureusement été conservée en l'état. 


Au niveau supérieur, sur la mezzanine, une très intéressant exposition de monnaies anciennes que vous devrez voir de vous-même, la photographie de ces collections prêtées étant interdite.


Les petits boxes munis d'une séparation permettaient de trier le contenu de son coffre (ou de compter ses lingots !) à l'abri des regards indiscrets.


Une machine à fabriquer des billets de banque; je n'ai pas osé la mettre en marche !


Une attraction qui va plaire: ce curieux photomaton produit des (faux) billets de banque à votre effigie:



Nous terminons cette visite par la boutique.
Si avec ça vous ne devenez pas Nobel d"économie...


Il y a deux façons d'aller visiter "Citéco": la première consiste à admirer l'architecture d'un hôtel Renaissance magnifiquement restauré, la seconde consiste à essayer de comprendre une matière peu ou pas enseignée en France, l'économie. Dans les deux cas, vous ne serez pas déçus !

Entrée: 12,00 €     

1 place du général Catroux, Paris XVII°.





1 commentaire:

Miranda la souris a dit…


Fidèle à toi même, lors de ta visite de l'hôtel Gaillard, tu n'as pas pu t'empêcher d'aller voir cet escalier, caché derrière un panneau "entrée interdite" !

C'est alors que deux colosses ont saisi notre grenouille : "toi mon gaillard, on va te faire passer l'envie d'être trop curieux !" :-o

Je crois savoir qu'ils lui ont alors évoqué une horrible torture : la diffusion de l'intégrale des chroniques boursières de Jean-Pierre Gaillard, attaché au fond de la cave, si on le reprenait à fureter !

Et là, notre batracien est ressorti bien peu gaillard ! ;-)

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