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lundi 6 mars 2017

Où il est question de taille de pierre, de nappe phréatique et de pas japonais...

Vers le milieu du XVI° siècle, la rue du "Chasse-Mydi" était en lisière de ville, là où les premières maisons parisiennes étaient encore au milieu des champs.


Mais l'ébauche du carrefour Cherche-Midi/Saint-Placide est déjà tracé sur des terres appartenant alors à l'abbaye de Saint-Germain-des-prés:


Une grosse maison toujours en place aujourd'hui marquait ce carrefour. PBA s'y était déjà arrêté (Clic !).


Face au sud (*), on y voit un cadran solaire
(*) Vous avez déjà vu un cadran solaire face au nord, vous ?


Des documents attestent que cette maison fut vendue le 5 mai 1651 par l'abbaye à Nicolas Boindin, notaire.


Adjacente à cette maison, une maison étroite et mansardée appartient au même propriétaire


C'est au rez-de-chaussée de celle-ci qu'une vitrine nous montre des fac-similés de documents anciens ainsi que divers objets trouvés sur place lors de travaux.


Sachez que le propriétaire des lieux, passionné d'architecture, a depuis des années entrepris la "reconstruction" de cette maison en utilisant seulement des matériaux et des techniques d'époque. Il a d'ailleurs déjà été récompensé par le prix des délégués départementaux des "Vieilles maisons françaises". 
Par faveur exceptionnelle, nous sommes reçus dans la maison mansardée du 26 rue Saint-Placide par le propriétaire lui-même.
Je vous rappelle que nous nous trouvons dans un chantier en activité; mettez votre casque et oubliez le désordre !



Un escalier nous tend les marches; descendons !


Le puits (encore en eau) plonge à 14 mètres sous terre dans la nappe phréatique.


Au premier sous-sol, des pierres (de Saint-Maximin) attendent leur mise en place au pied de l'escalier:


Le deuxième niveau voit l'escalier se cacher...


Le troisième sous-sol, bas de plafond, est particulièrement exigu à cause des deux gros sarcophages ou du moins ce que j'ai cru être des sarcophages... Car il ne s'agit que de blocs de béton posés là pour assurer la stabilité de l'édifice.
Observez au fond un escalier à pas japonais:


Le puits nous suit toujours...


... Mais approche son terminus !


De retour en surface, nous observons la vitrine extérieure où figurent ces photographies:


Penser qu'en 2017, il y a encore à Paris des gens capables d'investir et de s'investir dans de tels travaux mériterait la légion d'honneur !
Bravo, monsieur et merci.
Merci également à Gilles Thomas qui nous a permis de faire cette visite; rien de ce qui est souterrain ne lui est étranger (Clic !) !


Angle rue du Cherche-midi et rue Saint-Placide, Paris VI°.

2 commentaires:

marc a dit…

Superbe travail, les mascarons sont ils d'époque , de même les escalier ou bien tout est il de la reconstruction exemplaire?

JPD a dit…

C'est ce qui est étonnant, tout est récent. Un tailleur de pierre travaille là tous les jours.