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lundi 22 juillet 2013

Pierre à bois rue François Miron

Ce vieil immeuble ne présente a priori rien d'exceptionnel.


Sa porte ouverte nous permet de voir une cour non encore "boboïsée"...



Cependant, près de la table, regardez au sol...


Oui, c'est encore une pierre à bois, sorte de billot où l'on venait couper le bois de chauffage.


De près, on distingue les multiples entailles des coups de haches.


17 rue François Miron, Paris IV°.

13 commentaires:

Anonyme a dit…

Comment se traduit selon vous la "boboïsation" ?
Otto

JPD a dit…

Et bien la boboïsation part généralement d'une bonne intention: rénover, améliorer, moderniser. Seulement dans l'application, bien souvent pour des raisons de temps ou de finances, on va au mieux disant (c'est-à-dire au moins cher) et on ne prête guère attention à certains détails comme notre pierre à bois.
Bien sûr, si l'entrepreneur (privé ou public) est cultivé (ou s'il regarde Paris-bise-art lol), il doit avertir l'architecte des bâtiments de France et parfois arrêter le chantier aussitôt qu'il est confronté avec ce genre d'objet.
Mais combien de pierres à bois, de vieux puits, de vestiges de l'éclairage ancien, d'anciennes bornes, d'inscriptions et de plaques disparaissent chaque jour devant l'urgence à bétonner...
Sans compter les municipalités qui, désirant faire parler d'elles avant les élections, opèrent parfois de véritables massacres... mais je ne vais pas reparler de la place de la République !

Matthieu Rubin a dit…

Pierre à bois, c'est une contrepèterie ?

Merci pour cette trouvaille au 17 de cette rue pleine de belles choses.

Juste à côté, au 13, on y trouve un endroit charmant...surtout après 23h...je vous laisse chercher sur internet...

Un indice : pourtant face à l'église, on n'y trouve pas de folles de la messe. LOL, comme disent les jeunes.

Matthieu Rubin a dit…

C'est ainsi : il faut être riche pour habiter à Paris.
Les bobos, espèce urbaine en voie de généralisation aussi connue sous le nom d'"Ecolo-4x4", a furieusement tendance à enlaidir (voire à détruire) ce qu'elle prétend embellir. Le Marais, Montmartre, Oberkampf, le canal St Martin...sont autant de quartiers devenus insupportables de suffisance crasse de la part des nouveaux riches qui y habitent et méprisent le "popu".

Dernière évolution en date de l'espèce, façon Pokémon : le "hipster". C'est un bobo qui porte une chemise à carreaux, en fait. Un vrai régal !

JPD a dit…

Au 13 rue François Miron, il y a un club échangiste. Et je ne sais même pas ce que ça veut dire !!!!!

Matthieu Rubin a dit…

Afin d'éclairer votre lanterne, très cher JPD, vous n'ignorez pas que le 13 de la rue François Miron abrite une très ancienne maison dite "à l'enseigne du mouton".

Ce qui évoque en moi cette charmante maxime pastorale : le berger écarta les biches et découvrit le petit mouton, bien calé entre les deux chèvres.

Anonyme a dit…

Je suis un peu surpris de cette définition connaissant évidemment l’existence des « bobo » et ce qu’ils représentent dans notre société et dans l’opinion publique – surtout à Paris.
J’avais le sentiment qu’avec ou sans bobos, le vieux Paris se rénovait plutôt dans le bon sens, c'est-à-dire dans le respect et la valorisation des choses anciennes.
Je me trompe à ce point ?
Je préfère voir des ateliers rénovés et habités plutôt que démolis pour laisser place au béton.
(Quant à l’aspect social du constat………………)
Otto.

Anonyme a dit…

Ah ! j'oubliais...
Evidemment les gens de goût restent accro à Paris-bise-art quand ils s'en sont enivrés une fois seulement.
Otto.

JPD a dit…

Mais cher Otto, je suis entièrement d'accord avec vous !
Le problème, pour les bâtiments non protégés ainsi que pour le petit patrimoine, se pose à deux niveaux:
1 - Dans bien des cas, lors d'une rénovation, on "oublie" un vieux puits (un mètre carré gagné), ou d'autres éléments du "petit patrimoine" comme les pierres à bois qui disparaissent bien souvent lors d'un repavage ou d'un goudronnage. Ces "oublis" sont parfois délibérés (gain de temps et de paperasse), parfois simplement dus à l'inculture (dans 9 cas sur 10, c'est moi qui explique aux habitants ce qu'est une pierre à bois alors qu'ils marchent tous les jours dessus...).
2 - Naguère, lorsqu'une rénovation était envisagée, les avis de l'architecte des bâtiments de France, de la Commission du Vieux Paris, ou d'associations reconnues comme Paris Historique étaient pris en compte par la Mairie de Paris. Or, depuis quelques années, la tendance est la plupart du temps d'ignorer ces avis (d'où la colère des associations). C'est ainsi que l'Hôtel de Ville envoie ses bulldozers détruire des immeubles faubouriens qui, s'ils sont moins prestigieux que d'autres, n'en sont pas moins les témoins d'un certain Paris ( voir à ce propos le site http://cavegouttedor.wordpress.com ).

Matthieu Rubin a dit…

En voulant admirer cette merveille hier, je me suis heurté aux barrières de police : une partie du 17 François miron a en effet brûlé hier après midi...je repasserai !

JPD a dit…

Comme quoi Paris-Bise-Art, c'est aussi l'actualité la plus brûlante !

Eric P. a dit…

Enfin grâce à vous JP, je sais ce que c'est une pierre en bois !

JPD a dit…

Une pierre A bois, Eric , pas une pierre EN bois !

Pour se le rappeler, pensez que les pierres à bois et les caravanes passent... (J'ai honte parfois !)