vendredi 9 décembre 2016

Meudon Bellevue Palace hôtel

A deux pas du château de Bellevue cher à la marquise de Pompadour, à un jet de bière du château de Meudon cher au Grand Dauphin, il existe un autre palais dont l'histoire est étonnante.


En 1846, le docteur Fleury ouvre à Meudon-Bellevue (avenue du général Gallieni) un centre d'hydrothérapie. Afin de loger ses curistes, il fait bâtir un hôtel sur un terrain dominant la vallée de la Seine.





Après la mort du docteur, c'est la Société anonyme du Grand hôtel de Bellevue qui, après quelques travaux, transforme l'hôtel pour curistes en un véritable palace avec restaurant, orchestre et casino. La riche clientèle parisienne pouvait venir par le chemin de fer, bien sûr, mais aussi par bateau depuis le centre de Paris; le débarcadère était situé à deux pas de la gare. En 1891, on construisit même un funiculaire pour permettre aux voyageurs de gagner directement les hauteurs de Bellevue; nous y reviendrons.



Le palace aura du mal à équilibrer son bilan, il sera racheté par le restaurateur parisien Louis Paillard et prendra le nom de "Paillard Bellevue Palace".
C'est ce cuisinier réputé qui créera la "sole en Bellevue" et la "langouste en Bellevue", je vous laisse deviner l'origine du nom...


La salle à manger du palace:


Le palace fermera en 1913 et sera racheté par le milliardaire américain Paris Eugene Singer (oui, oui, les machines à coudre !) qui l'offrira à sa maîtresse Isadora Duncan. Celle-ci y installera son école de danse.




Malheureusement, la survenue de la guerre mettra fin à cette expérience et l'ancien hôtel sera transformé en hôpital militaire.



A la fin de la guerre, Isadora Duncan vendra son domaine à l'Office des Recherches Scientifiques et Industrielles et des Inventions.






Abrégé en Office National des Inventions, cet organisme est l'ancêtre du CNRS (Centre national de la recherche scientifique), mais ceci est une autre histoire...


à suivre...

1 place Aristide Briand, Meudon (Hauts de Seine).

mercredi 7 décembre 2016

Les Monts-de-piété du dix-neuvième arrondissement

La rue Bellot, dans le XIX° arrondissement, ne présente pas beaucoup d'attraits. Cependant, en regardant mieux, on reconnait au n° 9 bis un ancien immeuble portant encore les mots "Mont-de-piété".


Architecture classique avec un avant-corps central flanqué de pilastres, ce type de construction fut assez répandu dans Paris (Clic !).
Quoi de mieux pour un architecte de voir une de ses réalisations dans une rue portant son nom ?
Car la rue porte le nom de l'architecte Edmond Bellot qui travailla beaucoup pour... le Mont-de-piété.


Ici, les mots "Mont-de-piété" sont encore visibles:


C'est le même architecte - Edmond Belot - qui réalisa cet autre Mont-de-piété dans le XIX° arrondissement, rue de l’Équerre.



Si la devise de la république est restée, la mention "Mont-de-piété" a ici été effacée.


Merci à Vincent H. qui m'a signalé ces deux immeubles.

Addendum:
Lisez s'il vous plait le commentaire de Musard ci-dessous et vous comprendrez pourquoi je suis parti me cacher dans un coin et me couvrir la tête de cendre !



9 bis rue Bellot et 13 rue de l’Équerre, Paris XIX°. 

lundi 5 décembre 2016

Paris en détails - Le Marais

Un nouvel ouvrage vient d'arriver dans la bibliothèque de Paris-Bise-Art.
C'est par là: Clic !


La Palais de Justice vu d'en haut - La tour de l'horloge

Nous avions déjà vu la tour de l'horloge avant et après sa rénovation.
Nous allons aujourd'hui l'observer de l'intérieur !


Ça grimpe (47 mètres), vous me suivez ?



Je ne sais pas si c'est l'ivresse des cimes, mais je vois beaucoup de bois... Sont-ce les bois de justice ?


Mais si je suis passé par là !


Et nous voici arrivés dans le clocheton qui, comme son nom l'indique, renferme une cloche. On la devine derrière la balustrade.


Le problème, voyez-vous, c'est que la cloche occupe grosso modo toute la surface de cette tourelle et que je me retrouve dans une fâcheuse position: je suis un gros gong ! 


La première cloche dite "cloche d'argent" ou "tocsin du Palais" resta accrochée au sommet de la tour de l'horloge pendant 421 ans, de 1371 à 1792. Elle avait été fondue par Jehan Jouvente.
En plus des heures données par l'horloge, cette cloche sonnait les grands événements du royaume. Pendant la Révolution, on l'accusa d'avoir sonné la Saint-Barthélémy - ce qui est faux - et elle fut condamnée à être détruite en 1792.
La tour resta muette pendant 56 ans, de 1792 à 1848.

La cloche actuelle, fondue en 1848, pèse 1517 kg, a un diamètre de 137,5 cm et sonne en do dièse.


C'est écrit dessus:

Mairie de Paris
      ***
étant maire de Paris
membre du gouvernement provisoire
le citoyen Armand Marrast
      ***
adjoints
les citoyens Buchez, Recurt, Adam
      ***
préfet de police
le citoyen Caussidieri
      
Armand Marrast fut maire du 9 mars 1848 au 19 juillet 1848.
La mairie de Paris fut à nouveau supprimée peu après les événements des journées de Juin pour n'être rétablie qu'à la proclamation de la Troisième République, le 4 septembre 1870.
Il n' y eut que deux maires de Paris pendant la deuxième république.


Profitons de ce balcon unique pour admirer la vue qui s'offre à nous:



Ces photographies sont des collectors ! En effet, prises en juillet dernier, elles vous montrent des quais de Seine sans bouchons, sans fumées et sans klaxons... Quand je vous dis que c'était mieux avant !





Quelques déambulations toujours dans les hauteurs et nous nous retrouvons au-dessus de la grande salle des pas perdus, sous les toits, où des kilomètres de dossiers racontent l'histoire de la justice, votre histoire peut-être...



À force de marcher, arrive un moment où le temps s'inverse; témoin cette horloge et son mécanisme:


Il s'agit de l'horloge de la cour de mai, bien connue:


Mais observons un détail rare à Paris: des fleurs de lys !


Pendant que nous sommes sur ce balcon, voici d'autres cloches, plus petites que celle de la tour certes, mais qui fonctionnent:


Et puis, comment quitter cet observatoire privilégié sans admirer la Sainte-Chapelle récemment rénovée ?



Nous n'en avons pas fini avec le Palais de Justice ! Nous reviendrons !


Cette visite n'aurait pas été possible sans Marc S. à qui nous disons un grand merci !

2 boulevard du palais, Paris I°.

vendredi 2 décembre 2016

Plaque disparue rue Fontaine

Ce n'est pas très grave, me direz-vous, une plaque de plus, une plaque de moins...
Oui mais voila, à l'époque où les bétonneurs, les densificateurs et les destructeurs de tout poil sont à l'oeuvre, encouragés en cela par une mairie de Paris insensible à l'histoire et à la culture, c'est une nouvelle brique de l'édifice culturel parisien qui disparaît.



Cette plaque ira rejoindre dans la déchetterie du petit patrimoine parisien qui marquera le règne de madame Hidalgo, les deux bornes de l'avenue du général Leclerc, le bassin du square Anna de Noailles,  la guérite du square de La Motte-Piquet, la plaque de Jean Allais à Saint-Eustache  et tant d'autres "détails" qui font la richesse d'une ville.



Un grand merci à Claude P. qui m'a alerté sur cette disparition.

45 rue Pierre Fontaine, Paris IX°.