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vendredi 13 janvier 2017

Pianos Erard (3) - L'usine de la rue de Flandre

Quand la maison Erard se trouvera à l'étroit dans ses locaux de la rue du mail, il sera décidé de construire une nouvelle usine dans le XIX° arrondissement. Celle-ci sera implantée en 1874 sur un terrain de plus de 3 hectares (300 mètres de long).
L'accès principal était situé rue de Flandre (aujourd'hui avenue) tandis que les marchandises entraient par le quai de l'Oise, directement sur le canal Saint-Martin, où les chalands apportant le bois étaient déchargés.
 Même si cette usine a fermé ses portes en 1939, elle est encore bien présente dans la paysage parisien.


Sur cette gravure "à vol d'oiseau", nous nous trouvons littéralement au-dessus de la rue de Flandre. Les deux premiers bâtiments abritent les ateliers de fabrication des pianos (à queue à droite, droits à gauche).
Au deuxième plan, les ateliers de découpe du bois avec leurs machines alimentées par des chaudières à vapeur (cheminées).
Enfin, au troisième plan, le stock de bois entreposé à l'air libre, au plus près du canal.


Sur cette carte ayant circulé en 1907, j'ai fléché le bâtiment au toit de tuiles signalant l'entrée de l'usine; il existe encore aujourd'hui.



Les meilleures vues de l'usine Erard viennent d'en haut, comme cette vue aérienne de 1929:
On voit que les deux premiers bâtiments proches de la rue de Flandre ont été réunis.

capture d'écran Géoportail
 Cette vue aérienne prise en 1949 nous montre l'usine vide; elle a fermé avant la guerre.

capture d'écran Google earth
 Après guerre, les ateliers sont convertis en bureaux.
Cette photo prise de la rue de Flandre date des années soixante:


Sur cette vue (2016), les bâtiments de bureaux (toits rouges) ont été doublés pour former une deuxième cour. La partie sud du terrain a vu pousser des immeubles modernes.

capture d'écran Google earth
  Aujourd'hui, la rue de Flandre est devenu avenue et l'usine de pianos abrite les bureaux de la CNAV (Caisse Nationale d'Assurance Vieillesse).
Notez à gauche le petit bâtiment au toit de tuiles déjà vu sur une carte postale.


Une plaque discrète apposée sur ce bâtiment nous indique que les locaux servirent pendant la guerre de centre de stockage des œuvres d'art pillées par les nazis (RG = Raubkunst).


C'est grâce à Marie-France Laroque, secrétaire générale du comité d'histoire de la CNAV, que j'ai pu faire ces photographies; je tiens à lui adresser ici mes remerciements les plus chaleureux.
   

Difficile de départir les vieux bâtiments des modernes tant le soin apporté à leur rénovation les rend semblables


Le petit œil-de-bœuf en surplomb nous indique que cette aile est ancienne:


Dans la deuxième cour, à demi caché par des constructions plus modernes, ce haut bâtiment blanc m'intrigue...


Il nous faut ressortir et aller rue de l'Ourcq pour voir, au fond d'une petite impasse, ce grand bâtiment:


Typique des bâtiments industriels du XIX° siècle, il est resté dans son jus
C'est le "bâtiment rue de l'Ourcq" que j'avais fléché en vert sur la première vue aérienne.



La prochaine fois que vous passerez dans le quartier, pensez à Sébastien Erard et à ses pianos...


Fin 

110 avenue de Flandre, Paris XIX°.

8 commentaires:

le grand barde de PBA a dit…

Si j'avais connu la destination finale de ces reportages sur les pianos je vous aurais demandé un relevé de carrière car je vais en avoir l'utilité dans quelque temps
si vous allez vers la caserne Bernadotte à PAU , ramenez moi un état signalétique des services militaires

Anonyme a dit…


Bâtiments impressionnants dans une forte concurrence : Gaveau...Pleyel.....
Ils ont sombré.
Le piano français est devenu aqueux.
Otto.

le grand barde de PBA a dit…

Cher Otto vous voilà de retour
j'espère au moins que JPD a eu la décence de vous mettre au courant que les énigmes du métro Dupleix et du pavillon de Bavière avaient été résolues durant votre absence ,pour vous éviter de continuer à chercher

Anonyme a dit…

De retour ? Mieux que cela. Je me porte sur P-B-A à peu près chaque jour, selon la santé. Je croyais connaître Paris, y ayant vécu 15 ans, autrefois et fréquenté assidument la ville, ensuite. Oui, quelques rues, des salles de spectacle, des façades de monuments et un certain nombre de musées connus mais l'érudition de la clientèle de ce blog me rend muet et on ne peut pas déconner tous les jours.
Otto.

le grand barde de PBA a dit…

demandez à JPD qu'il vous mette au courant des résolutions des énigmes du métro Dupleix et du pavillon de Bavière et votre bonheur sera complet

JPD a dit…

N'écoutez pas le Grand barde, il est tombé dans le tonneau d'hydromel !

musard a dit…

Bravo ! Bravissimo ! Bis !

JPD a dit…

Merci !