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vendredi 2 décembre 2016

Plaque disparue rue Fontaine

Ce n'est pas très grave, me direz-vous, une plaque de plus, une plaque de moins...
Oui mais voila, à l'époque où les bétonneurs, les densificateurs et les destructeurs de tout poil sont à l'oeuvre, encouragés en cela par une mairie de Paris insensible à l'histoire et à la culture, c'est une nouvelle brique de l'édifice culturel parisien qui disparaît.



Cette plaque ira rejoindre dans la déchetterie du petit patrimoine parisien qui marquera le règne de madame Hidalgo, les deux bornes de l'avenue du général Leclerc, le bassin du square Anna de Noailles,  la guérite du square de La Motte-Piquet, la plaque de Jean Allais à Saint-Eustache  et tant d'autres "détails" qui font la richesse d'une ville.



Un grand merci à Claude P. qui m'a alerté sur cette disparition.

45 rue Pierre Fontaine, Paris IX°.

mercredi 30 novembre 2016

Les secrets de Paris

Un nouvel ouvrage vient d'arriver dans la bibliothèque de Paris-Bise-Art.
C'est par là: Clic !


Église des Feuillants

Le couvent des Feuillants fut installé par Henri III rue Saint-Honoré en 1587, mais c'est Henri IV qui, en 1597, accorda les privilèges de fondation royale.
Les travaux de construction furent achevés en 1608 sous la direction d'Androuet du Cerceau, François Mansart pour la façade de l'église, et Le Nôtre pour les jardins.



Le portail principal se trouvait dans l'axe de la place Louis le Grand (actuelle place Vendôme). A sa place aujourd'hui, la rue de Castiglione.


Ce sont les religieux qui firent construire les immeubles de rapport bordant la rue Saint-Honoré et qui existent encore aujourd'hui (n° 229 à 235). Ces immeubles étaient imbriqués dans les bâtiments conventuels et adossés à l'église.
Saisi comme bien national à la Révolution, le couvent ne survivra que peu de temps. Il servira un temps de siège au "Club des Feuillants", puis sera utilisé comme réserve d'artillerie, mais les grands travaux napoléoniens (rue de Castiglione, rue de Rivoli) sonnèrent le glas du couvent et de son église. 
Donc, de nos jours, hormis un fameux restaurant, il ne reste rien ?
Pas si sûr...


Entrons. Le porche du n°229 est ouvert aux heures ouvrables.


La première petite cour présente peu d'intérêt, mais levez la tête à droite...


Un immeuble rond ?


Rappelez-vous. Ces immeubles de rapport, lorsqu'ils ont été construits, s'imbriquaient dans les bâtiments conventuels pré-existants. Ce que vous avez sous les yeux est la trace "en creux" de l'abside de l'église ! En effet, quand on a détruit l'église, on a décidé de garder ces immeubles qui conservent pour l'éternité l'empreinte du couvent des Feuillants.
   

Content de ma découverte ? Certes, mais un petit passage me tend les bras...


Une deuxième cour toute propre mais sans grand intérêt... 


Et ça, c'est quoi ?


Et une deuxième !


Je n'aurai qu'un mot: Youpi !
Deux pierres à bois dans une seule cour, c'est Noël avant l'heure !


229 rue Saint-Honoré, Paris I°.

lundi 28 novembre 2016

Hôtel d'Estrées

L'hôtel d'Estrées tire son nom de Madeleine-Diane de Bautru de Vaubrun, duchesse d'Estrées. Il fut construit en 1712 par Robert de Cotte, premier architecte du roi.
Après plusieurs occupants, c'est en 1863 que la Russie achète cet hôtel pour en faire son ambassade.

On pourrait presque dire que nous sommes dans un palais impérial car, par deux fois, un tsar séjourna dans cet hôtel.
En 1867 c'est Alexandre II, venu visiter l'Exposition universelle, qui recevra Napoléon III et l'impératrice Eugénie.
En octobre 1896, c'est Nicolas II et la tsarine Alexandra Fedorovna qui passent trois jours ici.

L'hôtel d'Estrées restera l'ambassade de l'URSS (sauf pendant la 2° guerre mondiale) jusqu'en 1977, date de l'inauguration du hideux cube de béton du boulevard Lannes. On continuera cependant à parler russe rue de Grenelle car après le départ des services consulaires, d'importants travaux de restauration seront menés afin de redonner à l'hôtel son cachet d'origine; c'est désormais la résidence de l'ambassadeur de Russie.


Il n'est pas si fréquent que ces hautes portes soient ouvertes; nous profitons des journées du patrimoine pour notre visite.
Dès l'entrée, les trois couleurs communes aux drapeaux russe et français sont mêlées dans un tableau symbolisant l'amitié multiséculaire franco-russe.


Les premières pièces du rez-de-chaussée constituent les appartements occupés par Nicolas II et son épouse lors de leur visite à Paris en 1896.




L'ancien bureau de l'ambassadeur est somptueux !



Notez sur le bureau la "brochette" de téléphones, bien dans la tradition soviétique.


Le salon gris présente des dessus de portes en grisaille représentant des puttis exerçant différents métiers humains.



N'oubliez pas que chez les russes, l'humour ne perd jamais ses droits !


Après avoir salué Pierre-le-grand, nous empruntons ce superbe escalier:


L'antichambre et ses lambris



Le salon doré est éblouissant !
Coupé en son milieu par quatre colonnes cannelées, il nous laisse imaginer les soirées de l'ambassadeur en robes de bal et grands uniformes...




Sous le regard bienveillant du tsar et de la tsarine !


L'ancienne grande salle à manger, aujourd'hui salon vert



Le grand salon rouge n'est rien moins que l'ancienne salle du trône de Nicolas II.




Cette plus petite salle à manger avait été redécoré en vue de la visite du tsar Alexandre III qui n'a jamais eu lieu.


En se rapprochant de la corniche, on reconnait la fameuse aigle bicéphale des armes de la Russie impériale.


Voila ! Un grand merci au personnel de l'ambassade pour son accueil et un grand merci à la Russie de prendre soin du patrimoine !
Большое спасибо и до свидания !


79 rue de Grenelle, Paris VII°.

vendredi 25 novembre 2016

Les ateliers de restauration d'avions du Bourget

 Hors Paris

Les ateliers de restauration d'avions du Bourget se trouvent à... Dugny !
Oui, car ils sont situés de l'autre côté des pistes de l'aéroport du Bourget, à la place de l'ancienne base aérienne 104.
Dans un décor grisâtre pas très sexy, vous serez accueillis par un bénévole passionné d'aviation qui vous tiendra en haleine bien au-delà de l'horaire prévu pour peu que vous manifestiez quelqu'intérêt à son discours.

La visite commencera par l'extérieur - le tarmac - où sont stationnés des avions exposés aux éléments. Certains sont des pièces rarissimes... Imagine-t-on les réserves du Louvre en plein air ?
Admirez la majesté du Super Constellation:


Cernée par les Mirage, vous reconnaissez le nez d'une Caravelle:


L'indestructible Jaguar:


Le Fan Jet Falcon de Dassault. C'est l'avion du record de Jacqueline Auriol en 1965, c'est aussi l'ancêtre de la lignée des Falcon actuels.


L'imposant et majestueux Mirage IV qui fut pendant des lustres le vecteur aérien de la dissuasion nucléaire (en médaillon, la bombe atomique).


L'aéronavale n'est pas en reste avec cet Étendard:


Votre guide vous emmènera ensuite dans un premier hall où stationnent les avions en cours de restauration






Passons maintenant dans les ateliers.
Voir un tour ou une fraiseuse dans un atelier de mécanique, ça n'a rien d'exceptionnel...


Mais sentir la colle dans l'atelier-bois, c'est plus rare. Les vieux coucous étaient en bois, il ne faut pas l'oublier !



C'est beau un moteur, non ?


Une machine à coudre et un fer à repasser !!!
Il faut des entoileurs pour restaurer les ailes des premiers avions !


Un deuxième hall vous ouvrira ses portes


Sur des kilomètres d'étagères, des dizaines de moteurs attendent des jours meilleurs



Cette carlingue appartient à un hydravion "Short Sandrigham" qui fit les beaux jours des îles polynésiennes de 1958 à 1970. 


Reliant Tahiti aux îles sous le vent alors dépourvues d'aéroport, il avait pour surnom "Bermuda"?



Des visites sont régulièrement organisées par Tourisme 93 en collaboration avec le Musée de l'air et de l'espace.
Et ne faites pas comme moi, allez-y un jour où il fait beau !

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