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jeudi 21 janvier 2016

Bastille - La colonne de juillet ( 2 - vers le bas )

Revenus au rez-de-chaussée, nous parcourons un couloir circulaire éclairé vers l'intérieur de vitraux de couleurs.



Des ouvertures permettent de sortir sur un drôle de balcon !


La partie supérieure de ce balcon est ouverte à tous les vents, ménageant un vue en contre-plongée sur la colonne



Vers le bas, une autre grille laisse échapper un léger clapotis... et des reflets d'eau...


Cette eau que nous voyons, c'est le canal Saint-Martin qui passe sous la colonne


Si vous parcourez un jour cette partie du canal ( Canauxrama ), vous apercevrez brièvement notre balcon :


Sur cette photo volontairement sur-éclairée, on voit bien la voûte en ogive supportant le poids de la colonne, ainsi qu'un des deux "balcons".
Oubliez le coffrage parallélépipédique à l'arrière-plan, c'est le métro qui passe !


De retour dans notre couloir circulaire, nous arrivons à une solide grille ouvragée...



Quelques marches à descendre...


Tiens, ça ressemble à cette gravure du XIX° siècle !


Nous sommes dans une vaste galerie circulaire... qui avait été initialement construite pour abriter les tuyauteries et le mécanisme de la fontaine.


Pour célébrer le dixième anniversaire des Trois Glorieuses, le roi Louis-Philippe décida d'organiser une cérémonie durant laquelle les corps des victimes de ces journées seraient inhumés sous la colonne de juillet.
Les 504 dépouilles avaient été enterrées dans les jardins de la Bibliothèque nationale et du Louvre (jardin de l'infante) ; on les regroupa dans cinquante cercueils qui furent amenés en grand appareil vers leur nouvelle sépulture. Leurs noms figurent en lettres d'or sur le fût de la colonne.


En 1848, le roi Louis-Philippe qui était arrivé au pouvoir à la faveur d'une révolte en fut chassé par une révolution ! Un certain nombre de victime des combats de 1848 ( environ 200 ) furent à leur tour enterrés sous la colonne de la Bastille.


Gag : lors du transfert des dépouilles du Louvre à la Bastille, les fossoyeurs ne remarquèrent pas qu'un des corps - passablement décomposé - était celui d'une momie égyptienne rapportée d'Egypte par Bonaparte. Celle-ci, trop abîmée, était inutilisable par le musée et avait été enterrée là. Elle est désormais à la Bastille !


Ce ne sont donc pas moins de sept cents corps français et un égyptien qui reposent dans le socle de la colonne de juillet.


Je tiens à remercier chaleureusement ceux sans qui cet article n'aurait pas pu être écrit.
J'ai utilisé plusieurs images extraites d'une vidéo réalisée pour la télévision française.
L'accès à la colonne et à ses soubassements n'est pas ouvert au public, hélas !

mercredi 20 janvier 2016

Bastille - La colonne de juillet ( 1 - vers le haut )

Au centre de la place de la Bastille, se dresse fièrement la colonne de juillet. Rappelons que ce monument élevé en 1835-1840 par Jean-Antoine Alavoine et Joseph-Louis Duc commémore les "trois glorieuses", ces trois journées de juillet 1830 ( 27, 28 et 29 ) où une révolte populaire mit fin au règne de Charles X. 



Cette colonne prit la place d'un projet de fontaine monumentale en forme d'éléphant voulu par Napoléon. Seules, les fondations de cette fontaine furent construites au-dessus du canal Saint-Martin et une maquette en plâtre fut édifiée sur la place.


Jusqu'à une période récente ( années 80 ? ), le public pouvait grimper au sommet de la colonne comme l'atteste cette carte postale. Et comme l'atteste votre serviteur qui y est grimpé étant gosse
( qui a dit sous Gaston Doumergue ? ).


Derrière cette grille, les guichets d'accueil sont encore là, face à la rue Saint-Antoine.


Entrons...



Cinquante mètres d'escalier en colimaçon, ça fait les mollets !



Au sommet, le Génie de la liberté ( sculpteur : Auguste Dumont ) nous apparaît dans toute son impudeur, tenant dans la main gauche une chaîne brisée, et dans la main droite le flambeau de la civilisation.


L'étroite terrasse est l'unique endroit permettant d'admirer le magnifique pavage...
Comme le disait naguère la SNCF : e pericoloso sporgersi !



La vue sur Paris est superbe, ni trop haute ni trop basse :



Assez respiré, nous redescendons ! 


La colonne est fermée au public depuis des lustres. On entend régulièrement parler de réouverture, sans grand résultat... 
La mairie de Paris souhaite réaménager les places parisiennes ; plutôt que couler une lamentable chape de béton comme place de la République, pourquoi ne pas rouvrir ce monument ? 

à suivre...

Place de la Bastille, Paris IV°, XI°, XII°.

lundi 15 juin 2020

CGO: le dépôt Bastille

Ce panorama vu depuis le sommet de la colonne de Juillet nous montre un bassin de l'Arsenal bien différent de ce qu'il est aujourd'hui. Des entrepôts, de lourdes péniches, rien de très résidentiel.


Mais regardez mieux la partie droite de cette carte postale.
Voyez-vous ces toits pentus alignés comme à la parade ? Cette grande cour ?
Et bien vous voyez là l'un des plus importants dépôts de la CGO !
La Compagnie Générale des Omnibus (CGO) fut fondée par décret impérial le 22 février 1855 afin de mettre de l'ordre dans les transports parisiens. Cette société par actions bénéficiait de fait d'une situation de monopole; c'est donc un lointain ancêtre de la RATP d'aujourd'hui.


Alors, notre dépôt "Bastille" ?
Vérifions d'abord sur ce plan de 1910: il occupait plus de la moitié du boulevard Bourdon. D'une superficie de 11062 m², il hébergeait 1102 chevaux.
Songez qu'à son apogée en 1899, la CGO possédait plus de 17000 chevaux.


Les omnibus et les tramways occupaient le rez-de-chaussée tandis que les chevaux avaient leurs écuries au premier étage. Le fourrage était entreposé séparément afin d'éviter les risques d'incendie.


Les chevaux provenaient de toutes les régions de France; ici, un fier ardennais !



Il faudra attendre janvier 1913 pour dire adieu aux chevaux, et il y eut des larmes !


Retour au XXI° siècle. Le port de l'Arsenal est désormais un lieu de promenade bien agréable.
Au passage, notons que le mur soutenant le boulevard Bourdon n'est rien moins que le mur d'escarpe du fossé de l'enceinte de Charles V.



Mais qu'est donc cette ouverture à mi-hauteur que l'on voit sur toutes les photos ?


D'un bond gracieux, nous nous retrouvons de l'autre côté du bassin, vers le boulevard de la Bastille...


Et nous sommes en face de notre trou !


Le même, il y a quelques années:


Cette entrée ouvrait sur un tunnel reliant le dépôt CGO aux péniches qui apportaient le fourrage et emportaient le fumier. Afin de faciliter cette manutention, la CGO avait développé un système de chariots qui fut récompensé à l’Exposition universelle de 1900.


J'ai entouré de rouge le débouché du tunnel sur cette carte:


Pensez aux chevaux la prochaine fois que vous passerez par le bassin de l'Arsenal...

Boulevard Bourdon, Paris IV°.

lundi 21 septembre 2026

De la Villette à Orsay par le canal Saint-Martin

Notre croisière commence au rond-point des canaux, dans le XIX°. Rappelons que les trois canaux parisiens sont le canal de l'Ourcq, le canal Saint-Denis et le canal Saint-Martin. C'est ce dernier que nous allons parcourir.

À l'horizon, le "pont craqueur" ainsi nommé à cause des bruits provoqués par le passage des trains de la Petite ceinture.


Dominant le pont-levant de la rue de Crimée, la silhouette de deux anciens entrepôts des Magasins Généraux dont l'un - celui de droite - a été reconstruit après un incendie.


Voulu par Napoléon pour amener de l'eau aux parisiens, ce bassin est la plus vaste étendue d'eau de Paris. Dans l'axe au fond, la rotonde de la Villette.


Et si nous éclusions ?


Cette plaque apposée sur la voûte a de quoi faire cogiter les métrophiles: quoi, une ligne 5 bis ? ça n'existe pas !
Et bien si, elle a existé et pour tout comprendre, je vous encourage à regarder cet article.
Vous avez donc vu que la ligne 5 d'alors faisait son terminus à la Gare du Nord, mais son prolongement était déjà envisagé.
C'est ainsi qu'en 1935, la section comprise entre l'actuelle station Jaurès et la Porte de Pantin, était terminée.  Elle sera dénommée en interne ligne 5 bis.
Il fallut attendre le 6 octobre 1942 pour que cet embryon de ligne soit relié à la ligne 5 après une lourde restructuration à la Gare du Nord. 






Sur notre gauche, quai de Jemmapes, une des dernières usines de Paris qui fabrique des agendas entre autres. Cette usine (classée) occupe en partie des bâtiments de la Compagnie Parisienne de l'air comprimé (architecte Paul Friesé).



Il est à moitié dissimulé, mais ça n'a pas d'importance car le film de Marcel Carné a été tourné en studio !


Éclusons, éclusons !




Vous reconnaissez j'en suis sûr, le buste du comédien Frédérick Lemaître dans le square portant son nom.
C'est aussi le signal que désormais, la navigation sera souterraine.


Nous nous embarquons maintenant dans une navigation souterraine de deux kilomètres.


Les oculi sont la seule source de lumière naturelle.




Avant de rejoindre l'air libre, nous passons sous la colonne de Juillet (Voir plus ici). 


Le canal sort de son tunnel pour entrer dans le port de l'Arsenal.


Regardez le nom des bateaux !


Pendant que vous êtes là, observez bien le mur à droite, qui soutient le boulevard Bourdon. Ce n'est rien moins que l'ancienne escarpe de l'enceinte de Charles V.

Vous voyez cette ancienne issue ?
Si vous cliquez ici, vous allez découvrir un autre univers !



Avant de rejoindre la Seine, nous passons sous le métro (encore la ligne 5) et passons tout près d'une jolie anamorphose



Le pont de la Tournelle avec à gauche, la statue de Sainte Geneviève protégeant Paris, de Paul Landowski.



Personne n'échappe à l'œil de lynx de Paris-Bise-Art, pas même la grosse tortue en bois déposée sur la pente du quai d'Orléans pendant l'hiver 2021/22. Personne ne sait d'où elle vient !


Nous sommes sous le pont Saint-Louis avc, dans le viseur, l'hôtel de ville.


Le pont au change avec, à gauche, le Tribunal de commerce et sa coupole excentrée


Notre croisière se termine devant le Palais du Louvre, avant la passerelle des arts qui connut elle aussi bien des vicissitudes (Clic !).


Je pense qu'Olivier (du XX°) mérite une standing ovation pour cette belle balade dans un Paris méconnu !



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