lundi 12 décembre 2016

Hôtel Amelot de Bisseuil dit des ambassadeurs de Hollande

Construit en 1658 par l'architecte du roi Pierre Cotard, ce magnifique hôtel particulier - le plus beau du Marais dit-on - abrita entre autres les ambassadeurs de Hollande et Beaumarchais (pas ensemble !). Ce dernier y composa le Mariage de Figaro.
L'hôtel connut ses dernières heures de gloire sous la propriété de Paul-Louis Weiller aviateur et industriel (à l'origine de la Snecma), qui y donna des fêtes somptueuses où le gotha mondial se croisait.
Depuis la mort de Paul-Louis Weiller et de son fils, l'hôtel semblait être plus ou moins en déshérence. On se souvient de cet unique porche noir toujours fermé dénotant dans le quartier:


En matière de patrimoine, les bonnes nouvelles ne sont pas si fréquentes ces temps-ci; nous ne bouderons donc pas notre plaisir de voir enfin ce porche ouvert et réhabilité !


C'est avec bonheur que nous découvrons la face cachée du porche représentant Remus et Romulus


Si la première cour est ouverte, c'est parce qu'elle donne accès à une boutique de couture dont je ne vous dirai pas le nom, vous n'avez qu'à chercher !
Vous noterez le grand miroir qui cache (provisoirement ?) le passage cocher vers la deuxième cour.


Je crois que c'est la première boutique de couture équipée d'un décrottoir.


La cour est exiguë


Les deux côtés de la cour sont ornés chacun de deux grands panneaux où l'on ne compte pas moins de sept cadrans solaires !
Côté droit:



Côté gauche:



Les deux portes d'entrée avec leur tête de Méduse:


Hélas, nous ne verrons pas l'intérieur de cet hôtel qui pourtant, si l'on en croit ceux qui l'ont visité, en vaut la peine. Je ne peux que vous allécher (en anglais to tease) avec ces photos glanées sur le ouaibe.
D'autres photographies à voir sur le site Vivre le Marais.


47 Rue Vieille du Temple, Paris IV°.


Meudon Bellevue - Funiculaire

Nous avions évoqué précédemment la présence d'un funiculaire à Meudon; voyons ce qu'il était et ce qu'il est devenu.
Au XIX° siècle, le plateau de Bellevue était beaucoup moins peuplé qu'aujourd'hui. En matière de transports, la gare de Bellevue ouverte en 1840 suffisait à le desservir tandis que des bateaux desservaient le bas-Meudon depuis Paris.
L'ouverture de l'hôtel amena à Meudon une nouvelle et riche clientèle qui justifia quelques investissements: la Compagnie des chemins de fer de l'ouest décida d'ouvrir une nouvelle station "Bellevue-Funiculaire" en correspondance directe avec le tout nouveau funiculaire ainsi qu'avec le débarcadère des bateaux parisiens et du passeur de l'île Seguin. C'était l'intermodalité avant l'heure !

Revenons au point de départ de cette déambulation meudonnaise, la place Aristide Briand.
Nous y voyons une fontaine sans eau, ce qui est un comble car elle fut offerte aux habitants de Bellevue qui souffraient d'un manque d'eau potable par Paul Houette, homme d'affaire et conseiller municipal de Meudon.
Selon les cartes postales de l'époque, elle est baptisée "fontaine Houette" ou fontaine du faune cracheur.
C'est ce même Paul Houette, assisté de Gabriel Thomas, qui fit construire (en 1890) le funiculaire par l'ingénieur Guyenet.


On voit que cette fontaine a souffert de la guerre: la statue et la tête de faune en bronze furent fondus. Seule, une copie du médaillon a été replacée.


La voie, longue de 172 mètres, gravissait une dénivellation de 52 mètres.
Sur cette photo prise de l'île Seguin, on voit le débarcadère des bateaux parisiens et du bac, le funiculaire au milieu des arbres, et au sommet, le Pavillon Bellevue.



De la place Aristide Briand, on voit clairement à droite du Pavillon Bellevue, le toit pointu de la gare haute du funiculaire.


La gare haute était construite sur pilotis. Elle abritait la machinerie (Deux chaudières dont une de secours).



Une sorte d'estacade en bois amenait les voyageurs vers la terre ferme et surtout vers la terrasse de l'hôtel (à droite sur la photo).


Le début de la descente s'effectuait au milieu des arbres


Sur ces photos, on voit que l'île Seguin  était encore un lieu de promenade et de pêche.


A mi-parcours, les deux cabines se croisaient grâce à un évitement à aiguillages fixes.


Le funiculaire "survolait" les voies ferrées avant son terminus


Comme les cabines, les quais des stations étaient établis en escalier.



Grâce au trafic engendré par ce "pôle multimodal", une auberge - la taverne du funiculaire - vint s'implanter là où aujourd'hui il n'y a plus qu'un parking.
Le passage souterrain permettait d'accéder au quai du chemin de fer en direction de Paris-Saint-Lazare; il est comblé aujourd'hui.


Le débarcadère des bateaux parisiens face à l'île Seguin:



Que reste-t-il aujourd'hui de ce funiculaire ?
Ce sera l'objet du prochain chapitre !

à suivre...

Paris égyptien

Un nouvel ouvrage vient d'arriver dans la bibliothèque de Paris-Bise-Art.
C'est par là: Clic !


samedi 10 décembre 2016

Meudon Bellevue CNRS

C'est en 2012 que cette barre en béton qui défigurait le site a été démolie.
A l'heure où Paris retourne en arrière en construisant des monstres de béton, il est réconfortant de voir que d'autres communes ont une vision plus humaine de la ville...


L'ancien grand hôtel est redevenu le Pavillon Bellevue et trône en majesté au milieu du campus de Bellevue du CNRS.
Mais que reste-t-il du passé ?


Nous nous approchons de ce qui fut l'entrée principale, là où les limousines déposaient les riches clients...



La porte principale porte la mention "Espace Isadora Duncan", mais les grilles en fer forgé ont conservé les initiales PB du Pavillon Bellevue:


La visite commence par un exposé passionnant dans une grande salle aménagée en amphithéâtre...



Mais regardez bien cette grande salle, ces fenêtres, ça ne vous rappelle rien ?
Nous sommes dans l'ancienne salle à manger du palace !
Et derrière nous, c'est un portrait d'Isadora Duncan qui nous regarde.


Les bureaux sont ultra-modernes et rien ne rappelle que nous fûmes ici dans un palace. Cependant, l'escalier et certains détails des parties communes ont survécu.




Nous ressortons du bâtiment côté Seine, où l'on reconnait la terrasse où jadis, les chaises longues voisinaient avec les parasols


Puis nous dévalons cet escalier à flanc de coteau pour accéder aux ateliers


C'est ici que se cache ce qui fut pendant des dizaines d'année le plus gros et le plus puissant électroaimant du monde.


Ce gros machin de 120 tonnes inauguré en 1928 par Gaston Doumergue a fonctionné jusque dans les années soixante-dix.


Savez-vous que l'imagerie IRM est directement héritière des travaux réalisés ici ?


Découvrez sur ce document édité par le CNRS l'histoire de cet électroaimant: Clic !


Au cas fort improbable où vous ne comprendriez pas tout du fonctionnement d'un électroaimant, je vous copie la fiche remise lors de la visite...


Nous allons terminer cette visite en montant sur la terrasse du Pavillon Bellevue qui justifie pleinement son appellation !
Ici, au premier plan, les ateliers du CNRS.


Dans le fond, je n'ai pas besoin de vous présenter la ville de Paris.
Plus près de nous, la ville de Boulogne-Billancourt et son nouveau quartier du Trapèze.
Au premier plan, l'île Seguin où jusqu'en 1992, l'usine Renault produisait des voitures.
On aperçoit le pont Daydé qui reliait l'île à la rive droite; une voie de chemin de fer passait en son milieu.  




Toujours perché sur la terrasse du CNRS, nous regardons vers le nord; au centre de la photo, sous la grue à tour, on voit le quartier de la Défense.


En zoomant un peu, on voit à gauche le village de Saint-Cloud et son clocher pointu, et dominant le tout, Suresnes et le Mont-Valérien.


Donc, résumons-nous:
Venus ici pour visiter le CNRS, nous avons découvert un centre d'hydrothérapie, un palace, une école de danse, un hôpital militaire, l'ancêtre du CNRS, le CNRS, son gros électroaimant et enfin une belle vue sur Paris. Ouf ! Belle moisson, non ?

Et bien pas du tout, nous n'en sommes qu'à la moitié !

à suivre...

1 place Aristide Briand, Meudon (Hauts de Seine).