lundi 13 octobre 2014

Y.M.C.A. - La première salle de basket-ball en Europe

Depuis sa construction en 1893, l'immeuble du 14 rue de Trévise abrite l'Union chrétienne des jeunes gens de Paris, plus connue sous ses initiales américaines : Y.M.C.A. ( prononcez ouaille aime scier !).
Dès l'origine, une salle de théâtre était incluse dans le bâtiment ; c'est aujourd'hui le théâtre de Trévise.


 Nous entrons dans le hall commun au théâtre et à l'auberge de jeunesse. Le guichet des réservations voisine avec une superbe cage d'escalier "dans son jus" :


 Si l'on se donne la peine de lire la grande plaque de marbre à gauche du comptoir, on verra que la présence d'une Y.M.C.A. à Paris doit beaucoup au général Lafayette !


 Mais la pépite de ce lieu est incontestablement la salle de sport !
Bâtie sur deux niveaux, cette salle de sport est exactement dans l'état de 1893.

 Au niveau bas, les agrès sont d'époque...


 ... de même que le plancher :


 Au niveau supérieur, une piste de course à pied court le long des parois. 



 Compte tenu de l’exiguïté des lieux, la piste en lattes de bois est relevée comme une piste de vélodrome.



C'est dans cette salle qu'en 1893, fut joué le premier match de basket-ball en Europe ; cette petite plaque en témoigne.

Cette salle n'est pas ouverte au public hors des opérations exceptionnelles du type Journées du patrimoine. Cependant, il n'est pas impossible que parfois, moyennant un sourire, si l'on rencontre une personne accueillante, la porte s'entrouvre...

Addendum 13 novembre2014 :
Il existe également une piscine souterraine abandonnée dont les photos viennent de m'être envoyées par Marc S.  C'est par là ----> Clic !

14 rue de Trévise, Paris IX°.

vendredi 10 octobre 2014

Le passage des singes

C'est en regardant l'excellent site ParisAvant que ma curiosité avait été chatouillée par ce passage disparu au nom amusant


 La rue des singes, qui a donné son nom au passage, existait déjà en 1250. Son nom proviendrait d'une maison "à singes", ceci signifiant probablement que des singes y étaient sculptés. C'est aujourd'hui la rue des Guillemittes.
Cet ancien passage figurait bien sur les vieux plans de Paris ; ici, en 1855, quand Paris ne comptait que douze arrondissements :


 Voici une vue du passage prise par Eugène Atget au tout début du XX° siècle :

 Un siècle après, me voici sur les traces de l'illustre photographe ( en toute modestie ! ). Au 68 rue des Guillemittes, le porche déjà vu sur ParisAvant ; c'était l'entrée du passage.


 Par chance, le digicode m'autorise à ouvrir le porche...
Mais une solide grille ne me permet pas d'aller plus loin !


à travers les barreaux :

 Après avoir contourné le pâté de maison, nous voici rue Vieille-du-Temple, exactement dans l'axe de la rue des rosiers :



 Même porche vert, même accès à double sécurité, même atmosphère cossue. Le passage des singes n'est plus qu'une cour privée emprisonnée au sein d'une résidence de luxe.


 Sic transit... 


68 rue des Guillemittes et 43-46 rue Vieille-du-Temple, Paris IV°.

mercredi 8 octobre 2014

La maison de Théophile Gautier - Neuilly

Hors Paris

A deux pas du pont de Neuilly, la tranquille rue de Longchamp semble somnoler sous le soleil. Une maison toute blanche attire le regard ; c'est celle qu'occupa Théophile Gautier de 1857 à sa mort en 1872.


 Saviez-vous que le Capitaine Fracasse était né à Neuilly ?


 Une plaque nous rappelle la présence de l'écrivain :


 Cette photo, prise dans les années vingt ( pas par moi ! ) nous montre qu'un buste avait été placé en haut du pignon. Il a disparu.

Photo AMNSS
 Mais ce qui m'a interpellé, c'est cette deuxième plaque :


 J'ai bien regardé :  l'interdiction est grosso-modo respectée, sauf par les caniches !


32 rue de Longchamp, Neuilly-sur-Seine ( Hauts de Seine ).

lundi 6 octobre 2014

Du meuble à la pub, le nouveau visage de Barbès

Il est loin le temps où les attelages des mareyeurs dévalaient la pente menant aux halles, apportant le poisson pêché le matin-même par ce "chemin des poissonniers" !
Nous sommes à Barbès, quartier en pleine évolution * . Les numéros 146 et 148 forment un bel ensemble haussmannien récemment rénové.
* ou Boboïsation, gentrification, embourgeoisement, rayez la mention inutile.


Sur le linteau du 148, une inscription : Maxime Clair :
 

La société Maxime Clair était une entreprise française qui fabriquait des meubles à Crépy-en-Valois à une époque où  l'on n'allait pas en Suède acheter des kits...
Le magasin d'exposition occupait cinq immeubles dans le faubourg poissonnière, du 146 au 154.


Les portes du numéro 146 sont ouvertes, des grappes de fumeurs occupent le terrain, nous entrons.
 

Après être passés sous le premier immeuble, nous débouchons dans une première courette fermée par une verrière et servant essentiellement de garage à vélo :
 


Il vous faudra passer dans la deuxième cour pour découvrir cet atrium majestueux, magnifiquement rénové :
 


On imagine cet espace lorsque c'était un magasin de meubles...
 

Note à l'attention des gens qui pensent : Ceci est la preuve qu'il n'est pas nécessaire de tout détruire pour obtenir des locaux modernes et fonctionnels...
 

Nous sommes au siège de BDDP unlimited qui regroupe dans ce cadre magnifique des créatifs et des fils de pub !
 

Un grand merci amical à celui qui m'a autorisé à faire ces photos.

146-148 rue du faubourg-poissonnière, Paris X°.
 

vendredi 3 octobre 2014

Des lions à la gueule en cul-de-poule ?

Pourquoi tant de lions parisiens ont-ils une gueule en cul-de-poule ?
Tout simplement parce-que les sculpteurs de l'époque ( premier empire ) n'avaient jamais vu de lion !
Un peu d'histoire : 
Le lion de Nectanebo I, pharaon égyptien du IVe siècle avant notre ère, est le "père" des premiers lions sculptés, d'abord à Rome puis à Paris. La sculpture originale se trouve au musée du Vatican : 


 On le retrouve sur deux fontaines romaines, la fontaine de Moïse (ou de l'acqua felice) :


 et en deux exemplaires au pied de l'obélisque de la Piazza del popolo :


 Lorsqu'en 1806, Napoléon ordonne la création de quinze fontaines à Paris, l'architecte Vaudoyer se voit chargé de celle de l'Institut, quai Conti.
Le sculpteur ornera sa fontaine de quatre lions couchés crachant de l'eau. Il prendra pour modèle le lion de Nectanebo, déjà vu à Rome et dont deux exemplaires analogues se trouvent au Louvre.
La forme de la gueule reprendra exactement celle des fontaines romaines, donnant l'impression d'une forme en "cul de poule".

Gallica.bnf
 La fontaine de l'Institut a disparu depuis longtemps, mais on peut encore voir ses lions à Boulogne-Billancourt --> Clic !


 Lorsque l'architecte Chalgrin réaménagea le Palais du Luxembourg, il chargea Jean-Antoine Talamona de décorer l'escalier d'honneur avec six lions de Nubie.
Le sculpteur n'ayant jamais vu de lion, il s'inspira des seuls lions visibles à Paris à cette époque : ceux de la fontaine de l'Institut.
C'est pourquoi les lions du Sénat ont l'air de sucer une tétine !


 Derniers avatars du lion de Nectanebo, ces ornements d'immeuble, ici boulevard du temple, près du théâtre Dejazet. Toujours la bouche en cul-de-poule !



mercredi 1 octobre 2014

Cellule de la prison de la Grande Roquette - Notre-Dame des otages

Un coup d'oeil à l'église Notre Dame des otages inaugurée en 1938 ( architecte Julien Barbier )... un coup d'oeil à l'intérieur sobre et clair...




 Nous contournons l'église par la droite ( ou nous la traversons ) pour accéder à la vaste esplanade servant de terrain de jeu à la paroisse (presque toujours ouvert, sinon demander au curé très aimable).
Nous passons entre l'église et la maison en brique et pierres :

 Et puis devant nous, au milieu d'un environnement horriblement bétonné, un petit auvent qui abrite une porte de cellule et une grille provenant de la prison de la Grande Roquette.




 Juste à côté, une stèle avec un long texte que vous lirez sur le site de la paroisse ; il vous expliquera également l'histoire des otages mieux que je ne saurais le faire ---> Clic !



 De la rue du Borrégo voisine ( au 51 ), vous pouvez avoir une vue d'ensemble à travers la grille généralement fermée :


Eglise Notre Dame des otages, 81 rue Haxo, Paris XX°.