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lundi 13 février 2017

Hôtel Arturo Lopez

Hors Paris

On ne dit plus "Hôtel Rodocanachi", mais "Hôtel Arturo-Lopez".

Celui qu'en privé l'on appelait Arturito était le fils d'un richissime homme d'affaires chilien dont la fortune venait du guano. Après avoir épousé sa cousine pour mieux "approcher" le frère de cette dernière, il se fait nommer attaché à l'ambassade du Chili à Paris, ville où il s'installe en 1928. Il a 28 ans.
Il rachète au prince grec Paul Rodocanachi l'hôtel que celui-ci avait fait édifier en 1903; il le remanie profondément et y installe un décor en stuc et staff inspiré des grands châteaux français. 
L'hôtel deviendra vite l'un des lieux les plus gais du tout-Paris, notre milliardaire-esthète dépensant sans compter pour organiser des fêtes somptueuses dont la tradition se poursuivra jusqu'à sa mort en 1962. Son dernier compagnon, le baron Alexis de Rédé  fut lui aussi connu pour ses fêtes courues par la "café society"; il lui léguera la moitié de sa fortune. Ils sont enterrés ensemble au Père-Lachaise.

La ville de Neuilly rachètera l'hôtel en 1971. La bibliothèque municipale occupe les communs.
Après l'installation d'un musée des automates entre 1978 et 1997, l'hôtel ne servira plus qu'à des événements ponctuels organisés par la municipalité. C'est donc à une visite rare que je vous convie aujourd'hui.  


L'entrée actuelle fut voulue par Arturo Lopez lors du rachat de l'hôtel. 


La façade "sur jardins" est aujourd'hui plutôt "sur immeubles"...


L'actuel hall d'entrée ne paye pas de mine.
À gauche, portrait d'Arturito par Alexandre Iacovleff:


Confort ultra-moderne pour l'époque: le chauffage central dont les radiateurs sont masqués par des panneaux portant l'effigie du roi-soleil !
À droite, le monogramme d'Arturo Lopez:


Sur la gauche, le magnifique escalier aux murs peints imitant le marbre



Amusant détail rappelant le remaniement de l'hôtel voulu par Arturo, ces portes semblant flotter dans l'espace étaient à l'origine les portes d'entrée de l'hôtel.


Desservant les salons du premier étage, une mini-galerie des glaces


La galerie est éclairée par une jolie verrière


Le salon Louis XVI dont les boiseries sont de style... Louis XVI !


C'est dans la salle à manger qu'était exposée la prestigieuse collection d'argenterie XVIII°.



Pièce la plus fascinante, le salon chinois est doté d'un plafond à l'italienne.
Les boiseries sont une copie de celles crées pour l'hôtel du financier Antoine Crozat, place Vendôme. 




Les lucarnes reprennent le dessin de celles de l'antichambre de l’œil-de-bœuf du château de Versailles.



Des chinoiseries bien dans le goût du XVIII°.


Trouvée sur l'internet, cette vue de la même pièce lorsqu'elle était meublée:


Non, nous n'entrons pas dans une chapelle ! C'est la chambre !


Très inspirée des grands appartements de Versailles, la chambre reprend les codes du salon de Vénus, mais ici, les marbres et les bronzes sont en trompe-l’œil.
Le lit était placé sur l'estrade que vous voyez, derrière une balustrade ! Une chambre toute simple, on vous dit...



Au-dessus de la porte, encore le monogramme d'Arturo


J'ai demandé et obtenu que les lourdes portes de la chambre fussent fermées un instant car je veux les mêmes chez moi.


La chambre telle qu'elle se présentait jadis (on peut dormir la-dedans ?)
Image glanée sur l'internet.


Et maintenant, le chef d'oeuvre !
Parmi ses actions de mécénat, Arturo Lopez avait financé dans les années cinquante des travaux dans la chaumière des coquillages du château de Rambouillet. Il garda ses équipes de restaurateurs et les fit venir à Neuilly où ils réalisèrent cet ensemble unique. 



N'hésitez pas à agrandir les images pour voir la finesse des détails




Cette salle sert aujourd'hui de salle de réunion



Adjacente à  la salle des coquillages, la salle des buffets dont les portes rappellent le château de Fontainebleau.


On y proposait des buffets somptueux lors des bals donnés par Arturo et son compagnon.



Visite lors des journées du patrimoine (en septembre).
Quelques visites sont organisées par l'office de tourisme des Hauts de Seine (Clic !)

12 rue du centre, Neuilly-sur-Seine (Hauts de Seine).

mercredi 8 octobre 2014

La maison de Théophile Gautier - Neuilly

Hors Paris

A deux pas du pont de Neuilly, la tranquille rue de Longchamp semble somnoler sous le soleil. Une maison toute blanche attire le regard ; c'est celle qu'occupa Théophile Gautier de 1857 à sa mort en 1872.


 Saviez-vous que le Capitaine Fracasse était né à Neuilly ?


 Une plaque nous rappelle la présence de l'écrivain :


 Cette photo, prise dans les années vingt ( pas par moi ! ) nous montre qu'un buste avait été placé en haut du pignon. Il a disparu.

Photo AMNSS
 Mais ce qui m'a interpellé, c'est cette deuxième plaque :


 J'ai bien regardé :  l'interdiction est grosso-modo respectée, sauf par les caniches !


32 rue de Longchamp, Neuilly-sur-Seine ( Hauts de Seine ).

vendredi 2 mai 2014

La Folie Saint-James - Neuilly-sur-Seine

Vous pensiez comme beaucoup que le quartier Saint-James avait quelque-chose à voir avec les Rothschild... Pas du tout ! ( Ni avec le rhum de Martinique ! ) 
Ce nom provient du village de Sainte-Gemmes-sur-Loire, près d'Angers, qui au cours des siècles vit son nom orthographié de multiples façons: Sancta Gemma au XII° siècle, Sancta Jema au XIII°, Sainte Jame au XIV°, Sainte Jammes au XVII°, Sainte James au XVIII°, et enfin Sainte Gemmes depuis le XIX° siècle.

C'est en effet Claude Baudard * de Vaudésir, baron de Sainte-James et trésorier général de la Marine et des Colonies, qui fit construire cette maison sur le terrain dit "de la Chambre".

Le jardin - s'étendant sur 12 hectares - était agrémenté de multiples fabriques, à la mode du XVIII° siècle.
Le domaine sera peu à peu morcelé et loti au cours du XIX° siècle. La partie restante appartient aujourd'hui au département des Hauts de Seine qui procède actuellement à son aménagement ( Clic ! ).

La façade sur rue (on ne visite pas encore) :


Le jardin Art déco :


La grande plaine (La Défense en arrière-plan) :


La grotte. Lors de mon passage, les décideurs du Conseil Général étaient présents sur le site.



Le pont palladien :


Pourra-t-on un jour visiter la Folie Saint-James ?
L'intérieur est splendide au dire d'une dame qui connait les lieux et que je salue amicalement ! 




* Vous noterez que je n'ai fait aucune réflexion déplacée à propos de ce prénom viril assez peu usité de nos jours...

34 Avenue de Madrid, Neuilly-sur-Seine (Hauts de Seine).