vendredi 23 octobre 2015

Née d'une histoire d'amour : la péniche Louise-Catherine



Louise-Catherine Breslau, peintre suisse d'origine allemande, a vécu plus de quarante ans avec sa compagne Madeleine Zillhardt. Après la mort de l'artiste en 1927, Madeleine Zillhardt, sa légataire universelle, voulu perpétuer la mémoire de son amie à travers des dons à différents musées ainsi qu'à la construction d'un asile de nuit pour les sans-logis.
Elle fut aidée dans ce dernier projet par Winnaretta Singer, Princesse de Polignac (et héritière des machines à coudre), qui était très liée avec le couple. C'est elle qui imposera l'architecte Le Corbusier pour aménager en asile flottant une ancienne péniche en ciment armé, le Liège, qui croupissait dans le port de Rouen.
Exigence des deux femmes : la péniche porterait le nom de Louise-Catherine.
Et c'est ainsi qu'est inauguré en 1930 cette péniche un peu pataude que bien des parisiens se souviennent avoir vue amarrée au quai d'Austerlitz.



C'est l'Armée du salut qui gérera cet asile jusqu'en 1994.


Il faut imaginer des convois de chalands identiques, chargés de charbon, remontant la Seine de Rouen à Paris. Le lourd volant servait à manœuvrer le gouvernail.



A l'occasion du lancement d'un livre, une exposition consacrée à l'architecture contemporaine est organisée dans notre péniche ; profitons-en !


On ne se croirait pas sur un bateau ; l'environnement minéral (ciment) fait penser à un hangar...


L'exposition ?
Oui, alors, expliquer que la Grande Motte est un modèle d'architecture et Le Corbusier un génie, ça ne va pas être possible !!!
Je suis là pour la péniche.



L'intérieur de la pointe avant du bateau :


Louise-Catherine... Le nom est toujours affiché à la proue du navire mais bien peu de gens savent qu'il est le lointain écho d'une histoire d'amour.


A titre indicatif, voici une vue d'artiste du projet en cours de réalisation... No comment.


L'exposition qui permet de visiter la péniche Louise-Catherine se tient jusqu'au 31 octobre.
Entrée gratuite.
Péniche Louise-Catherine, quai d'Austerlitz, Paris XIII°.  

jeudi 22 octobre 2015

1 Paris 2 Reve


La visite précédente intitulée "Sous le village Saint-Paul" a été rendue possible grâce à une passionnée qui organise des balades thématiques sortant des sentiers battus.
Érudite, madame Béatrice Hignard concocte des parcours qui dépoussièrent les sempiternels "tourist-tours" grand public.
Choisissant des thèmes selon sa propre gourmandise, elle prépare des visites inattendues dans des lieux tantôt privés, tantôt publics. Elle peut aussi faire du "sur mesure" selon vos désirs.


La visite de l'atelier de poterie souterrain n'est qu'une des étapes d'une balade passionnante intitulée "Les dessous du Marais".
Une visite de l'hôtel de la Païva est en préparation.


Contacts :
E-mail : 1paris2reve@orange.fr
Tél.   : 01 44 93 01 73 ou 06 61 88 25 10
Site   : www.1Paris2Reve.com

 >  Soyons clairs, cette publicité est entièrement gratuite. Ayant suivi  Béatrice Hignard lors d'une de ses visites, j'ai été séduit par son érudition bien sûr, mais aussi par son insatiable curiosité d'un Paris hors des sentiers battus, d'un Paris bizarre en quelque sorte...
 >  Vous retrouverez 1Paris2Reve dans une nouvelle rubrique intitulée "J'ai testé pour vous" qui viendra enrichir la déjà formidable colonne de droite !

Sous le village Saint-Paul

Dans les années soixante, grâce aux efforts conjoints du ministre André Malraux, de la Commission du vieux Paris et de l'association Paris historique, la plus grande partie du quartier du Marais échappa aux bétonneurs toujours aux aguets ; c'était une autre époque...
C'est ainsi que le village Saint-Paul a pu conserver sa structure complexe de cours et passages enchevêtrés ; il fait bon y flâner ( Clic ! ) 


Notre cible aujourd'hui est la galerie Hayasaki, qui présente le travail du photographe Shigeru Asano. Noir et blanc, clair-obscur, reflets, ses vues de Paris ou Londres sont magnifiques.



Mais vous vous doutez bien que nous n'allons pas nous contenter de visiter une galerie d'art, aussi intéressante fut-elle.
Un escalier s'offre à nous, descendons !


De grandes caves voûtées ( XV°, XVI° siècle ? ) aux murs solides où il y a de la vie ! 
C'est un atelier de poterie qui nous attend, avec une équipe studieuse...


... et joyeuse !



Bon, on ne veut pas déranger plus que ça ; merci mesdames pour votre accueil, on remonte !


Village Saint-Paul, 12 rue des jardins Saint-Paul, Paris IV°.


mercredi 21 octobre 2015

Un morceau de l'enceinte de Charles V réapparaît

C'est un article de l'Indépendant du IV° ( Clic ! ) qui m'a alerté : on avait retrouvé un morceau de l'enceinte de Charles V !
C'est donc toutes affaires cessantes que j'ai enfourché mon fougueux destrier et que je me suis rendu place Teilhard de Chardin, devant l'entrée de la bibliothèque de l'Arsenal.


La place naguère toute plate, banale et minérale ( oui j'allitère, et alors ? ) est envahie par des monceaux de gravats au centre desquels on voit notre muraille à demi-enterrée.




Sur cet extrait du plan dit "de Bâle" (1550), on voit très bien l'ancien arsenal ( cerclé de rouge ) ainsi que la muraille qui longeait la Seine. Car souvenons-nous qu'à l'époque, l'île Louvier n'avait pas encore été rattachée à la rive droite.
J'ai figuré d'un trait bleu la position approximative de l'actuel boulevard Henri IV.


Sur ce plan que j'extrais de l'Atlas historique de Paris ( Clic ! ), on voit, avec la voirie actuelle, le tracé de l'enceinte. Nous nous trouvons grosso-modo à l'emplacement de la porte des Célestins. 


Espérons que ces gravats seront triés par des archéologues, car il y a fort à parier que les gros blocs de pierre qu'on y voit faisaient partie du mur.


Si le jardin projeté à cet emplacement voit le jour, formons des vœux pour que ces vestiges ne soient pas de nouveau enterrés et que le morceau d'enceinte soit au contraire le point focal de ce square.

Place Teilhard de Chardin,  Paris IV°.

lundi 19 octobre 2015

Musée de Montmartre - La deuxième vie

Notre dernière visite au musée de Montmartre remonte à 2009 ( Clic ! ). A l'époque, de sévères menaces pesaient sur l'existence même du musée et une impressionnante mobilisation internationale ( à laquelle PBA avait participé ) avait réussi à faire reculer la Mairie de Paris.
C'est aujourd'hui dans une toute autre ambiance que je vous invite à découvrir le "nouveau" musée.
Dès l'entrée, on ne peut qu'être séduit par la vue sur la maison du Bel-air où sont abritées les collections permanentes.


Un mini-moulin rouge, pas de doute, nous sommes bien à Montmartre !


Le nouveau circuit de visite nous fait passer par les "Jardins Renoir" qui communiquent avec l'hôtel Demarne où les expositions temporaires sont organisées. Au fond, le café Renoir.



L'avantage de ce nouveau circuit est de permettre aux visiteurs de profiter de la vue sur les vignes.


L'entrée s'effectue désormais "côté jardin", sur la face nord.


Vieilles photographies, peintures, objets, tout est là dans un cadre rafraîchi.


Des nouveautés comme ces décors en zinc d'Henri Rivière pour le théâtre d'ombre...


... ou cette grande toile d'Adolphe Willette réalisée pour le cabaret du Chat noir.



La véritable novation est bien sûr la reconstitution de l'appartement-atelier de Suzanne Valadon et Maurice Utrillo. Nous grimpons ce petit escalier.


Saisissant ! Nous entrons dans un appartement dont les occupants viennent de partir.


La reconstitution est parfaite, jusqu'aux moindres détails


La grande verrière orientée au nord comme il se doit éclaire l'atelier où la peinture n'est pas encore sèche !




Dans la petite chambre d'Utrillo, le détail qui tue : un train électrique et une bouteille de rouge !


Comme beaucoup, je suis heureux de voir que ce petit musée a non seulement survécu mais semble avoir pris un nouvel envol sous l'égide de la société Kléber-Rossillon qui en est le nouveau gestionnaire.
Des expositions temporaires sont organisées ; actuellement une exposition consacrée à Suzanne Valadon et à son fils Maurice Utrillo se tient jusqu'au 15 février 2016.
Plus d'info sur le site du musée : Clic !


Musée de Montmartre, 12 rue Cortot, ParisXVIII°.


vendredi 16 octobre 2015

Des meubles dans le faubourg Saint-Antoine

Depuis des siècles, le faubourg Saint-Antoine a été le domaine du meuble, et ce pour deux raisons.
Tout d'abord, le bois arrivait du Morvan à Bercy ( à 500 mètres ) par flottage et était entreposé dans des chantiers sur les berges de la Seine.
Depuis Louis XI, les corps de métiers pouvaient travailler librement dans le faubourg, et en 1657, Colbert exempta ces artisans des réglementations corporatives.
On se souvient encore de cette multitude de passages, ruelles et autres cours grouillant d'activités aux noms oubliés : charpentiers de la grande ou de la petite cognée, huissiers, chassissiers, huchiers, ébénistes, etc.
Il subsiste de cette époque de nombreuses cours qui, heureusement, n'ont pas été détruites, mais où malheureusement, les lofts et autres show-rooms ont remplacé les ateliers.
Une exception au numéro 94, ce passage où l'on fabrique encore de vrais meubles en bois d'arbre, sans notice de montage absconse.
Ça sent bon le bois, nous entrons !


Dans l'entrée, de vieilles publicités apparaissent sous les coffrets lumineux ; la maison est là depuis 1874 !



Nous franchissons d'un pas alerte une première cour


C'est dans la deuxième cour que s'ouvre le magasin d'exposition. Entrez et admirez, ça change d'Ikea.
Plus de photos sur leur site : Clic !



De cette cour, un accès donne sur l'avenue Ledru-Rollin :



De la deuxième cour, on accède à une troisième cour !


Autre ambiance, plus bobo dans cette longue cour dont la sortie se trouve au 20 rue Saint-Nicolas



D’ordinaire, je floute les plaques minéralogique sauf quand un schpountz se gare comme un schpountz et m'empêche de faire une photo !
Non m'enfin quand même !


94 rue du faubourg Saint-Antoine, 85 avenue Ledru-Rollin et 20 rue Saint-Nicolas, Paris XII°.