vendredi 24 juin 2016

Institut national agronomique - AgroParisTech

L'Institut national agronomique - devenu AgroParisTech - est installé depuis 1882 dans les anciens locaux de l'Ecole supérieure de Pharmacie, au 16 rue Claude Bernard.


C'est à l'occasion de la fête des jardins que nous pouvons pénétrer dans cette école habituellement fermée au public.


Nous saluons au passage Eugène Risler qui dirigea l'Institut de 1879 à 1900.


Par un escalier art déco situé dans les "nouveaux bâtiments" construits en 1929, nous grimpons vers les cimes...


Un dernier petit escalier et nous débouchons... sur le toit !


C'est ici que des étudiants passionnés expérimentent différentes manières de cultiver dans la ville.



Leurs explications sont fort intéressantes; j'en retiendrai surtout qu'une plante concentre les polluants qui l'environnent, qu'on retrouve les métaux lourds et autres joyeusetés qui font la ville... et que manger une fraise poussant sur un toit de Paris revient à lécher un trottoir...
La solution ? Mettre les villes à la campagne... Alphonse Allais avait raison !


C'est pour protéger les cultures que des filets ont été installés, car on s'est aperçu qu'il y avait beaucoup de pigeons à Paris...
Reconnaissons tout de même que photographier des bleuets et des coquelicots en plein Paris, c'est tout à fait plaisant.


Nous redescendons des nuages pour voir des livres !


L'ancienne bibliothèque est somptueuse



Vous sentez l'odeur des livres ?



Un autre escalier surmonté d'un lanterneau nous ramène au niveau du sol.



16 rue Claude Bernard, Paris V°.

jeudi 23 juin 2016

If you go away

This is a message to our British friends.
Listen carefully to that song and remember the belgian motto: "l'union fait la force" (unity is strength).




mercredi 22 juin 2016

La pension alimentaire de la rue de la verrerie

Nous visitons pour la deuxième fois (Clic !) la galerie Alaïa où se tient une exposition certainement très intéressante...
Mais en fait, ce n'est pas l'exposition qui nous importe; elle interdit d'ailleurs les photographies, c'est pourquoi je ne la nommerai pas.



Si nous revenons dans ce lieu peu connu, c'est parce que cette fois-ci, les parois de la galerie sont visibles. Elles sont intégralement couvertes de cartes !


Interrogée, l'hôtesse m'explique que ce lieu était jadis utilisé comme entrepôt de réception de marchandises pour le BHV et que les cartes aidaient les chauffeurs à préparer leurs trajets ! Quand on sait que cet endroit fut d'abord construit pour abriter un resto du cœur avant l'heure, puis qu'il servit de local syndical, quand on constate l’exiguïté du porche d'entrée, on aurait presque envie de plaindre la charmante hôtesse...

Mais regardons ces cartes.
Sur celle-ci ( Seine inférieure), on trouve des fautes d’orthographe (Alizey) ou des communes disparues (Ecos).


Ici l'on orthographie "Cari le rouet" en provençal...



Cette carte du Royaume-uni nous rappelle une graphie oubliée: à l'instar de Londres (London) ou Douvres (Dover), Canterbury a sa version française: Cantorbéry.


Cette carte nous rappelle que jusqu'en 1956, le canal de Suez était une affaire franco-britannique.




Ici, la Charente était inférieure et les Pyrénées étaient basses:


Si vous croyez que c'est facile de se glisser partout !


Observez bien la frontière franco-italienne et comparez avec une carte actuelle:


Si nous regardons bien cette pleine page parue dans 'L'Illustration" lors de l'ouverture de la pension alimentaire de Monsieur Ruel (fondateur du BHV), on voit que nos cartes étaient partie intégrante du décor d'origine. Elles avaient donc pour but d'instruire les populations peu lettrées qui fréquentaient l'établissement.
  

18 rue de la verrerie, Paris IV°.

mardi 21 juin 2016

Louvre médiéval: le massacre.

Lorsqu'on visite le Louvre, un passage par les fossés du vieux château (Louvre médiéval), est indispensable (Clic !).
Jusqu'à l'année dernière, le circuit de visite faisait passer les visiteurs par un cheminement confortable en bois sombre couleur acajou. L'éclairage - discret - mettait en valeur les pierres blondes. L'ensemble était à la fois élégant, fonctionnel et chaleureux.



Première alerte en janvier 2016, une installation "artistique" avait noyé les fortifications d'un éclairage de boîte de nuit. Mais au moins, c'était temporaire...



Hier (20 janvier 2016), nouvelle visite provoquée par une alerte de Nicolas Alpach, rédacteur de l'excellent site Pointculture.
Le choc !


L'élégant sol en bois a disparu; il est remplacé par une surface digne d'un supermarché bas de gamme (pardon pour le pléonasme).
Quant à l'éclairage, c'est pire ! Même nos couloirs de métro sont moins agressifs. Des éclairages par leds donnent au béton sa vraie teinte: le gris. Et même les pierres en calcaire formant les vieux murs ressemblent à du béton !


L'ensemble est froid, glacial même, et n'inspire pas le respect. Il ne manque plus que des tags et ce sera complet.
Qui a décidé ce massacre ? Je n'en sais rien. Mais il mérite à tout le moins l'écartèlement en place publique...
Madame Azoulay, au secours !


Musée du Louvre, Paris I°. Entrée par la pyramide.

lundi 20 juin 2016

ADAMAP - Musée de l'Assistance publique

Bien que fermé depuis 2010, le "Musée de l'Assistance publique" ou "Musée de l'AP-HP" pour faire moderne, existe toujours.
On se souvient du charmant hôtel de Miramion, au 47 quai de la Tournelle, où le musée s'était installé.


Mais savez-vous que cet hôtel particulier, avant d'être un musée, avait été longtemps le siège de la pharmacie centrale des hôpitaux de Paris ?



Le jardin des plantes médicinales et ses parfums...





Aujourd'hui, hélas, nous avons peu de chance de retourner dans ces lieux: l'hôtel de Miramion a été vendu en 2012 à Xavier Niel, le patron de Free.


Mais une association est active et travaille pour le devenir du musée: L'Association des Amis du Musée de l'AP-HP", l'ADAMAP.
Ce sont eux qui avaient organisé la très intéressante exposition à Bicêtre pour les journées Porte ouverte des hôpitaux.
Je leur avais promis de parler d'eux sur PBA, je tiens parole en publiant in extenso leur brochure qui vous permettra de vous tenir au courant de leurs activités et même de les soutenir !



Site du musée : Clic !
Site de l'ADAMAP : Clic !

Bicêtre: de la Table ronde à l'hospice... (2)

Suite de notre visite de l'hôpital de Bicêtre, dans sa partie historique.

Le bâtiment de la Force avait deux niveaux de cachots souterrains: le plus profond - les cachots noirs - ne voyaient pas le jour du tout; ils ont été comblés. Le niveau le moins profond - les cachots blancs - disposait de quelques rares soupiraux. C'est ceux-ci que nous visitons.
Photos prises au flash; l'obscurité est totale.


En dépit de travaux récents (tuyaux, fils électriques, etc), les cellules sont encore visibles



Certaines ont conservé leur bat-flanc.



Cette cellule est presque intacte (remise en état).



Nous revenons maintenant sur nos pas et plus précisément vers le bâtiment portant la plaque "chapelle" que nous avions déjà vu.
Lors de sa construction en 1735, cette vaste pièce était occupée par un manège mû par douze chevaux qui, par un jeu de câbles, manœuvrait deux énormes seaux (270 litres chacun). Ces seaux allaient chercher de l'eau au fond du puits voisin. 
  Ces douze chevaux furent bientôt remplacés par 72 prisonniers enchaînés au manège, qui eux-même furent remplacés par 72 malades pensionnaires de l'hospice (aliénés ou épileptiques).
Il fallut attendre le second empire (1858) pour qu'une machine à vapeur fasse fonctionner les pompes.


Même si la fonction religieuse du lieu n'est plus d'actualité depuis longtemps, quelques objets nous rappellent cette fonction.


Si vous agrandissez cette gravure, vous verrez les chevaux animer le manège:


Ce plan d'époque est toujours d'actualité.
De gauche à droite: le manège installé dans la chapelle qui manœuvrait les seaux plongeant dans le puits dont l'eau était versée dans le réservoir.   

Construit entre 1733 et 1735 par Boffrand pour alimenter l'hospice de Bicêtre, ce puits descend à 58 mètres (soit la hauteur d'un immeuble de 20 étages). Il puise l'eau dans la nappe phréatique de la Bièvre. Il fonctionna jusqu'en 1903.


 La première chose qu'on voit en entrant dans la petite maison abritant le puits, c'est... la charpente d'origine !


 Puis il faut bien baisser les yeux...


Car nous sommes au bord du fameux puits de Bicêtre ! J'ai conservé cette photo où l'on voit des humains pour avoir une idée de l'échelle: cinq mètres de diamètre !
Pour mémoire, la largeur d'une voiture du métro parisien est de 2,40 mètres.


Lorsque les projecteurs sont éteints, ce gouffre donne une idée assez précise de l'entrée des enfers...


 Lumière !
Un escalier de fer nous attend; vous me suivez ?
Non, mais ça ne va pas la tête ? J'ai déjà du mal à faire ces photos...



Oui, oui, c'est de l'eau dans le fond.


Croyez-moi, les photos ne restituent que très partiellement le gigantisme de ce puits. C'est très impressionnant.


Le puits n'est plus utilisé depuis 1903.
Seuls, les pompiers viennent parfois y faire des exercices.

L'eau venant du puits était stockée dans un énorme réservoir dont les parois étaient tapissées de plomb pour en assurer l'étanchéité.


Ce réservoir sert aujourd'hui de salle "polyvalente". On y joue des pièces de théâtre...


On y organise aussi des expositions comme celle-ci, organisée pour les "Portes ouvertes" des hôpitaux en mai 2016 par le "Musée de l'AP-HP".



 On y voit par exemple ces bustes  d'enfants "idiots"...


Si l'on regarde les murs du réservoir au niveau du chemin de ronde qui surplombait le niveau de l'eau, on distingue des dessins. D'aucuns vous diront que ce sont de précieux témoignages de prisonniers... Sachant que cette salle sert à la récréation des carabins, j'opterais plutôt pour un pastiche (réussi) réalisé récemment. 


L'accès à un hôpital est libre et, pourvu que vous sachiez vous orienter, vous pourrez voir les parties extérieures quand vous voulez.
Les sites fermés (cachots, puits, chapelle) ne sont ouverts que pour les visites guidées ou lors d'opérations spéciales comme les "Portes ouvertes" ou les journées du patrimoine (se renseigner).
Le Comité de tourisme du Val de Marne organise parfois des visites.


78 rue du général Leclerc, Le Kremlin-Bicêtre (Val de Marne).