mercredi 13 novembre 2013

L'Hôtel de Massa - De la rive droite à la rive gauche

L'Hôtel de Massa est né rive droite (en 1777), exactement à l'angle de l'avenue des Champs-Elysées et de la rue de la Boétie, là où se trouve actuellement un Monoprix.
Il était alors l'une des premières constructions sur ce qui n'était encore qu'une allée non pavée tracée dans le prolongement des Tuileries.
Lorsque Théophile Bader, propriétaire des Galeries Lafayette, acheta l'hôtel en 1926 pour construire un grand magasin, notre hôtel faillit disparaître. Le projet n'aboutit pas; c'est la First National City Bank qui s'installa dans l'immeuble construit par André Arfvidson.
Compte tenu de son histoire, une campagne d'opinion relayée par la presse vint au secours de l'Hôtel de Massa. Cette campagne aboutit au classement de l'édifice qui fut démonté puis remonté à son emplacement actuel, sur une parcelle des jardins de l'observatoire. 



L'Hôtel de Massa abrite aujourd'hui la Société des Gens de Lettre.



Les superbes jardins sont un havre de paix



Trésor caché de l'hôtel, une collection de 110 meubles Art Déco absolument unique. Cette collection, réalisée à la fin des années vingt par le décorateur ensemblier de la maîtrise des Galeries Lafayette Maurice Dufrène, a été classée en 1986. Elle a été donnée par Théophile Bader.




Cet hôtel ne se visite que lors d'opérations exceptionnelles comme les journées du patrimoine, à moins que vous ayez un renseignement à demander à la SGDL ...


38 Rue du Faubourg Saint-Jacques, Paris XIV°.

lundi 11 novembre 2013

Montmartre - La tour Solferino et la tour Montmartre

J'ai reçu d'une lectrice - que je remercie chaleureusement - ces quatre vues de Montmartre au XIX° siècle.
Les trois premières représentent la Tour Solférino, la dernière la Tour Montmartre.



Sur cette gravure représentant le marché Saint-Pierre, on voit que la Tour Solferino occupait l'emplacement de l'actuel Sacré-Cœur:


Ici, la Tour Montmartre située sur l'actuelle place Jean-Baptiste Clément:


Article consacré à la Tour Solferino ---> Clic !

Article consacré à la Tour Montmartre --> Clic !

Merci à Hélène G-G !

vendredi 8 novembre 2013

Pavillon de Vendôme - Clichy

Hors Paris

Construit au XVII° siècle pour un banquier, acquis par le Grand Prieur de France Philippe de Vendôme pour y loger sa maîtresse, devenu pavillon de chasse du prince de Conti, cet hôtel verra en 1927 la première réunion en France de la J.O.C. (Jeunesse ouvrière chrétienne).
Classé Monument Historique en 1983, propriété de la ville de Clichy depuis 1989, le Pavillon de Vendôme abrite depuis octobre 2013 un Centre d'Art Contemporain.



Pièce maîtresse et superbe restauration, le salon d'honneur :


Mais qui a choisi un lustre digne d'un centre commercial pour orner une telle pièce ???


Ce plafond peint par Claude III Audran est unique en France.


Le très bel escalier d'honneur contraste avec les salles d'exposition résolument modernes

  
 Une seule pièce est dédiée aux collections "municipales". C'est à mon avis un peu frustrant.
Deux vitrines consacrées aux cristalleries et céramiques:


Une vitrine est consacrée à la Société Bic, crée à Clichy en 1945.


Toutes les autres salles sont consacrées à des expositions temporaires; modernisme et rationalité...


Le thème de cette exposition: le voyage... Mouais...


Pavillon de Vendôme, 7 rue du Landy, Clichy (Hauts de Seine).

mercredi 6 novembre 2013

Patrimoine parisien: la destruction continue - L'église Saint-Augustin

J'aurais préféré vous parler de l'église Saint-Augustin pour saluer l'oeuvre de Baltard, typique de l'époque haussmannienne. J'aurais aimé vous dire que Napoléon III aurait souhaité y être inhumé. J'aurais aimé vous montrer les toiles de Bouguereau dans les chapelles transversales.J'aurais aimé vous dire que 60 mètres sous la coupole, c'est haut. J'aurais aimé...

Mais si je parle aujourd'hui de l'église Saint-Augustin, c'est encore une fois pour déplorer l'état de délabrement du patrimoine parisien.


Hier soir (5 novembre 2013), une des statues de la façade est tombée, ne faisant heureusement aucune victime.
Cette statue était l'une des quatre surmontant le parvis, représentant les quatre évangélistes sous leur forme symbolique: Matthieu (un archange), Marc (un lion), Luc (un bœuf), et Jean (un aigle), toutes sculptés par Jacquemart.




Ce qui subsiste de la statue de Luc




Alors, bien sûr, on nous répondra que le patrimoine coûte cher, que la crise, que le budget, etc...
Mais quand on installe des tipis sur des pontons amarrés devant le musée d'Orsay, il n'y a pas de crise ???

Marc Verhille / Mairie de Paris
Place Saint-Augustin, Paris VIII°.

lundi 4 novembre 2013

Le Lycée Charlemagne - Ancienne maison professe des Jésuites

Le lycée Charlemagne est installé dans l'ancienne "Maison professe" (= abbaye) des jésuites.
Après la Révolution, cette maison abrite d'abord une des "Ecoles Centrales" crées par Lakanal.
En 1802, Napoléon Bonaparte crée les lycées, un par département et quatre à Paris : le lycée Napoléon (actuellement Henri IV), le lycée Bonaparte (actuellement Condorcet), le lycée Impérial (actuellement Louis-le-Grand) et le lycée Charlemagne (qui a conservé son nom).

L'entrée rue Charlemagne avec à l'arrière-plan l'église Saint-Paul Saint-Louis.


Cette ruelle privée aboutit rue Saint-Antoine:


Saluez, s'il-vous-plait, Silène et Dionysos:


Le bâtiment principal a conservé de beaux restes, dont le magnifique escalier d'honneur...


Arrivés au sommet, nous nous apercevons que ce que nous prenions pour un dôme est en fait un trompe-l’œil réalisé par le peintre Giovanni Gherardini : L'apothéose se Saint-Louis.


Derrière cette porte hermétiquement close, le joyau que nous ne verrons pas, malheureusement : la bibliothèque des jésuites et son plafond peint par Giovanni Gherardini, actuellement en cours de rénovation.


On a vu pire comme cour de récréation...




Un souvenir de la première guerre mondiale:


L'escalier de la Congrégation (XVII° siècle) mène à l'ancienne bibliothèque du Père Lachaize (oui, celui du cimetière !).


On ne visite pas un lycée comme on visite un musée, bien sûr. Le lycée Charlemagne ouvre ses portes lors des journées du patrimoine, en septembre. Plusieurs fois dans l'année, l'association "Paris Historique" organise des visites guidées fort intéressantes.
Paris Historique ---> Clic ! 
Le site du lycée avec de nombreuses photos ---> Clic ! 

14 rue Charlemagne, Paris IV°.

vendredi 1 novembre 2013

Le comptoir général

C'est un endroit à l'envers, typiquement atypique, une taverne d'Ali Baba pour bobo éco-responsable, un joyeux capharnaüm anti-dépressif...
On y trouve des africains friqués, des cultivateurs cultivés, des banlieusards urbains, des noirs défoncés, des blancs pas très clairs, et beaucoup d'écolo-4x4.
Le dimanche, vous irez manger un brunch qui vous décevra. Le vendredi ou le samedi soir après 20 heures, vous ferez deux heures de queue sur le trottoir...
Moi qui n'entre dans aucune des catégories énumérées ci-dessus, je préfère y aller en fin d'après-midi, avant la foule, de façon à pouvoir admirer le décor fou.

Il vous faudra d'abord vous enfoncer dans un petit passage:


Une fois la porte franchie, un long couloir rouge vous accueille, avec son "Musée de la Françafrique":



Pièce maîtresse du lieu, ce Cabinet de curiosité comme au XVII° siècle:



Un petit jardin-fumoir:


Les salons, au mobilier choisi...



Le bar où les cocktails vous feront voir la vie en rose...


Un bric-à-brac de bric et de broc:


On y vend même des légumes (bio bien sûr) certains jours !


Mais savez-vous qu'avant d'être le lieu emblématique de la boboïtude, ce lieu a vu passer d'autres bestioles ?
C'est en effet dans ces murs qu'au XIX° siècle, dormaient les chevaux qui halaient les chalands sur le canal Saint-Martin.  
Plus d'info ---> Clic ! 

80 quai de Jemmapes, Paris X°.