.

.

lundi 11 décembre 2017

La Mouette rieuse

Une multinationale qui paye ses impôts aux îles Caïman et qui porte un nom de femme-guerrière organise le massacre de nos librairies grâce à la complicité des acheteurs que je propose de tondre à la Libération !


Parmi les victimes de ce librairicide, l'enseigne Mona Lisait représentait onze boutiques. Parmi celles-ci, celle de la rue Pavée vient de rouvrir à l'enseigne de La Mouette rieuse.
Pourquoi ce nom ? Parce que le repreneur, Yannick Burtin, gérait déjà d'autres librairies aux noms d'oiseaux: Le Merle moqueur et Le Gai Rossignol...


Tout est neuf et pourtant ceux qui connaissaient l'ancienne librairie reconnaîtront sans peine ce long espace... Notons que les gros pavés irréguliers ont cédé la place à de jolis petits pavés beaucoup plus civilisés.




Tout au fond, surprise, un café-restaurant qui ouvre vers l'extérieur, avec une petite terrasse chauffée. On peut même y acheter des denrées artisanales-bio bobocompatibles... Mais le café (2,50 €) est bon ! 


Grimpons ! (il y a un ascenseur aussi)


Au premier étage, des livres pour enfants et des romans et nouvelles



Le troisième étage quant à lui est une sorte de galerie où seront bientôt exposées quelques acquisitions contemporaines de l"atelier de chalcographie du Louvre.
D'autres événements à venir sur le site (Clic !).


La vue sur le jardin des rosiers:


Avant de sortir, devant la caisse, notez ce beau rayon de livres sur Paris:


La Mouette rieuse, 17 bis rue Pavée, Paris IV°.


BHVP - Hôtel de Lamoignon

C'est dans l'hôtel de Lamoignon que s'est installée depuis les années soixante la Bibliothèque historique de la ville de Paris. Fortement remanié à cette occasion, l'hôtel a conservé intactes la façade ainsi que l'échauguette marquant l'angle de la rue pavée et de la rue des francs-bourgeois.


Après une longue année de travaux, la bibliothèque rouvrait ses portes le 9 décembre 2017 et organisait pour l'occasion une journée portes ouvertes; il fallait que votre serviteur s'y ruât !
Bah oui, "ruât", revoyez vos règles de concordance des temps ou demandez à Otto !
D'ailleurs il serait bon que vous vous y ruassiez aussi !


Outre quelques mises aux normes, les travaux ont surtout porté sur les surfaces d'accueil au rez-de-chaussée. C'est beau, c'est clair, bravo ! 


La (très bonne) surprise vient de cette grande huile sur toile d'Eugène Bourgeois sur un dessin d'Emile Hochereau représentant la place de la Bastille et ses environs en 1889. Cette toile commandée pour l'Exposition universelle de 1889 est à comparer avec son pendant en 1789, visible au fond de la salle de lecture.


Les détails extraordinaires de cette toile nous montrent un Paris déjà industriel où les cheminées d'usines poussent comme des champignons. On passerait des heures à fouiller chaque détail tant le peintre a fait montre de précision.
Quand on pense que ce chef d'œuvre a passé des lustres, roulé dans les réserves...


Nous entrons dans la majestueuse salle de lecture, silence !



Il faut aller vers le fond de la salle pour admirer ce splendide plafond peint:


Tout au fond de la salle de lecture, figure l'autre grande toile commandée pour l'Exposition universelle de 1889 et représentant exactement le même secteur que la première toile, mais en 1789, soit un siècle plus tôt.


Cette toile est signée par Fédor Hoffbauer; les détails là aussi sont dignes d'une vue aérienne.
En comparant les deux toiles, on voit la fulgurante évolution de Paris au XVIII° siècle.


Nous empruntons un escalier "années soixante" qui n'a aucun charme hormis celui de nous permettre d'apercevoir derrière une vitre l'entrée du tout proche musée Carnavalet actuellement en cours de charcutage municipal, mais ceci est une autre histoire...


Ouverte exceptionnellement, voici la salle des Commissions où, sur les murs, sont accrochées des cartes de toute beauté.



Au fond de la salle des commissions, on croit voir l'entrée des cabinets (pas très fier de celle-la !)...


Mais ce tout petit espace n'est ni une toilette, ni une cabine téléphonique médiévale, c'est tout simplement l'échauguette déjà vue de l'extérieur.


Retour au rez-de-chaussée où, dans la cour, se trouve un petit pavillon construit dans les années soixante, le Pavillon d'Angoulême.
On y trouve les statues funéraires de Diane de France, fille d'Henri II, et de Charles d'Angoulême. 



Retour vers l'intérieur pour une visite rare, celle des deux niveaux de sous-sols construits dans les années soixante pour abriter la bibliothèque.


Ce sont tout de même quelques 18 km de rayonnages qui sont devant nous...




Saviez-vous que pour jasper ainsi la tranche d'un livre, on utilise du fiel de bœuf ?


Ici un rayonnage curieux, rempli uniquement de mises en scènes de théâtre:


Là, les plans entreposés à plat ou roulés:


Nous remontons vers la surface par un vieil escalier encore en place dans la partie ancienne de l'hôtel.


On n'entre pas dans une bibliothèque comme on va au bistrot, cependant, les cours et les espaces d'accueil sont en "entrée libre", y compris la grande toile d'Eugène Bourgeois.
Pour accéder à la salle de lecture, vous devez être inscrit comme lecteur (carte d'identité + photo); c'est gratuit.
Pour visiter les sous-sols, il vous faudra attendre les journées du patrimoine (en septembre).


24 rue Pavée, Paris IV°.

Paris - Eugène Atget

Un nouvel ouvrage vient d'arriver dans la bibliothèque de Paris-Bise-Art.
C'est par là: Clic !


La rue parisienne (28)

Vingt-huitième chapitre de notre feuilleton hebdomadaire qui prouve s'il en était besoin que malgré les hauts cris, les déclarations ronflantes et les réunions-croupion, notre municipalité ne parvient toujours pas à nettoyer nos rues...



vendredi 8 décembre 2017

Passage Penel

Voici un petit passage insignifiant reliant inutilement la rue Championnet et la rue du ruisseau, à la périphérie d'un arrondissement périphérique, le XVIII°. Autant de bonne raisons pour que Paris-Bise-Art y glisse son groin !


D'aucuns vous diront qu'il n'y a rien à voir... Voyons ça.


D'abord, au numéro 8, une façade de briques abrite un ancien atelier.


Regardez la porte... C'est curieux ce décor, on croirait des roues de bicyclette !
Et bien en cherchant un peu sur le ouaibe, on trouve ceci: "Ancienne fabrique de roues Pouchain. Active vers 1890, toujours active en 1936. 8 passage Penel, XVIIIe ardt".
Et c'est encore une fois l'excellent site Paris myope qui nous renseigne, merci à eux !


L'intérieur de l'ancien atelier s'ouvre sur un espace fleuri à la manière d'un patio andalou !



Autre curiosité au numéro 14... 



Un buste est caché dans ce jardin; qui est-ce ? Je n'en sais rien !


Passage Penel, Paris XVIII°.

C'est bientôt Noël, allons rue Chapon ! (j'ai un peu honte, parfois)

Au numéro 5 rue Chapon, se trouve ce qui est peut-être le dernier ou l'un des derniers témoins des hôtels particuliers du Marais envahis par les ateliers et le négoce.
Il faut savoir en effet que ce quartier aujourd'hui si coté faillit disparaître en totalité tant l'habitat était devenu vétuste et insalubre.


Cette maison, construite en 1680, ne devrait pas rester dans cet état très longtemps; profitons-en pour y jeter un oeil, le porche est ouvert aux heures ouvrables.



La cour ne paye pas de mine...


Au fond à gauche cependant, une vaste cavité attire...



C'est l'escalier !




Et quel escalier !



Un peu plus loin dans la cour, cet autre escalier plus plébéien.


N'est-elle pas mignonne cette petite fontaine ?


Allez, par ici la sortie !


5 rue Chapon, Paris III°.

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...