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lundi 12 septembre 2016

Eglise Sainte-Odile

Monseigneur Eugène Loutil, curé de St-François-de-Sales, utilisait un pseudonyme - Pierre L'Ermite pour écrire dans le journal La Croix.
Il rédigea aussi des romans à succès, tels "Comment j'ai tué mon enfant", La vieille fille", ou "La grande amie"... Mais je suis sûr que vous les avez lu !
En 1913, il tentera même d'acheter le cabaret du Moulin rouge à Pigalle pour en faire un lieu de culte !
C'est à ce "personnage" qu'en 1935 le cardinal Verdier (celui des "chantiers du cardinal") confiera le soin de bâtir une nouvelle église dans ce secteur libéré des fortifications.
Mgr Loutil décidera de la dédier à Sainte-Odile, patronne de l'Alsace à laquelle il était très attaché. Il chargera l'architecte Jacques Barge de son édification.


De style romano-byzantin, l'église Sainte-Odile fait appel à du grès rosé de Saverne et une ossature de béton armé.


Avec 72 mètres, ce clocher est le plus haut de Paris.
Il contient un carillon de 23 cloches.


Surmontée par trois coupoles, la nef donne une impression d'espace.


Elle est éclairée sur sa partie droite par trois immenses verrières colorées.


Au fond, le chœur abrite deux chefs-d’œuvres 


Le maître-autel du verrier Auguste Labouret, tout en dalles de verre éclatées au marteau, représentant deux paons (symbole d'immortalité):


Le fond du chœur est un retable de Robert Barriot en émail sur cuivre repoussé.


Si vous en avez la possibilité, demandez à faire éteindre l'éclairage principal du chœur et vous aurez une vue magique !



Le bleu des vitraux entourant le chœur représente la nuit vosgienne !


L'immense verrière triple ( 300 m² ) évoque, autour de Sainte Odile, l'évangélisation de la Gaule. Elle a été réalisée par le maître verrier François Décorchemont en pâte de verre selon un procédé exclusif. Elle est considérée comme unique.




Petit gag de François Décorchemont: Regardez la verrière centrale consacrée à Sainte-Odile; placez-vous aux pieds de la sainte et descendez jusqu'en bas du vitrail.
Vous voyez à droite cet homme avec une canne ? Il porte des lunettes ! C'est ainsi que F. Décorchemont a représenté monseigneur Loutil.
Regardez maintenant le carré au-dessus; on y voit à gauche un jeune garçon portant des lunettes teintées !!! Ce pourrait être un autoportrait de l'artiste.
Moi, je n'avais jamais vu de lunettes sur un vitrail !


L'orgue a été construit en 1948-1950 par Eugène Rochesson pour la maison Beuchet-Debierre, et reconstruit en 1995 par Daniel Birouste.


L'immense crypte n'est pas très jolie. Des messes y ont toujours lieu. Elle servit longtemps aux rassemblements des alsaciens à Paris.


N'oubliez pas avant de partir de regarder le petit reliquaire placé en hauteur sur une paroi à gauche de la nef. Ce sont (serait) les restes de sainte-Odile !



2 Avenue Stéphane Mallarmé, Paris XVII°.

2 commentaires:

Elizabeth Eiffel a dit…

Cette belle église est différente et aussi très magnifique. Merci

musard a dit…

Je ne savais pas que Mgr Loutil était représenté sur ce vitrail, mais je me souviens qu'il y a quelque part un personnage qui tient en main un ouvrage de Pierre Lermite. Pour ce qui est des lunettes, il faut préciser que Ste Odile était aveugle, et donc patronne des aveugles. Si Mgr Loutil est représenté en aveugle tendant une sébile, c'est sans doute une allusion à ses efforts pour financer la construction de cette église qui n'a rien coûté aux fameux chantiers du cardinal Verdier.