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mercredi 1 juin 2016

Lycée Jacques Decour (1)

Entre ces deux plans, que de changements !
Le premier nous montre Paris dans ses limites de 1839, ceinturé par le mur des fermiers généraux (le mur murant Paris rend Paris murmurant), et Montmartre est en banlieue.
Entre le chemin de ronde et la récente (1821) avenue Trudaine, se trouvent les abattoirs de Montmartre.
Le second plan (1878) nous montre un Paris qui a englobé tout ou partie des communes limitrophes. Le mur a été entièrement démoli par le préfet Haussmann en 1860; à sa place, un large boulevard planté d'arbres.
Les abattoirs ont disparu au profit du collège Rollin qui deviendra le lycée Jacques Decour à la Libération.


Le collège Rollin est un lointain héritier du collège Sainte-Barbe de la rue des postes (actuelle rue Lhomond). C'est l'architecte de la ville de Paris Napoléon Alexandre Roger qui construira entre 1876 et 1878  cet ensemble qui, à l'époque de son ouverture, était aussi un internat.


Typique des constructions de la troisième république, ce "palais du savoir" présente encore aujourd'hui une organisation dont les architectes actuels devraient bien s'inspirer...


Nous allons donc avoir le privilège d'effectuer une visite guidée du lycée-collège Jacques Decour. Notre guide sera Marc S.,  Président de l'Association des anciens élèves qui, comme toute personne de qualité, est un lecteur assidu de Paris-Bise-Art.

Les premières pièces auxquelles nous accédons sont les parloirs. Ils se préparent à recevoir des invités car la journée nationale de la résistance sera l'occasion pour le lycée d'inaugurer une sculpture de Peter Thomas représentant celui qui, depuis la Libération, a donné son nom au lycée.


Une grande fresque représente le sacrifice de Jacques Decour, fusillé au Mont-Valérien en 1942:


Sous la fresque, une plaque de marbre pour se souvenir du héros et de sa citation à l'ordre de la nation en 1949.


À côté, le grand parloir se prépare à accueillir ses invités sous une grande toile ainsi qu'une immense plaque célébrant les lauréats du concours général.


 Sortons à présent à l'air libre; nous nous trouvons dans la cour d'honneur.


Les arbres ont poussé mais l'aspect général est le même


Ce jardin a un charme fou


Dans l'axe de la cour, Charles Rollin trône en majesté; sa statue en bronze est signée Jean-Didier Debut.


Tout autour de la cour, des galeries permettent de circuler au sec... ou bien est-ce une réminiscence des cloîtres anciens ? Les décors en mosaïque sont magnifiques.


Je suis pour le retour du huit-reflets dans les lycées !


Vous connaissez mon amour des beaux escaliers; l'escalier d'honneur me comble !


Dans une cour annexe, la silhouette de la chapelle (à droite):


Utilisée aujourd'hui comme salle de réunion (ou d'examen), la chapelle n'a pas beaucoup changé:



Près de l'autel/écran, une rareté qui se remarque à peine: une plaque en marbre noir où l'on peut lire "À la mémoire des élèves du collège Sainte Barbe-Rollin morts pour la patrie en 1870-1871".
Les vitraux (d'origine) sont l'oeuvre du maître verrier Léon Lefèvre.


Un orgue de style néo-baroque allemand surplombe la chapelle. Il est de facture récente (1974/1982) et doit son existence à la volonté d'un professeur et de trois anciens élèves. Plus d'info. sur cet orgue: Clic !


Je ne pouvais pas quitter cette ancienne chapelle sans jeter un œil derrière le rideau de scène... Et regardez ce que j'y ai trouvé !


à suivre...

12 avenue Trudaine, Paris IX°.

7 commentaires:

Anonyme a dit…


La République fut, ou est (c'est comme vous voulez...) anti cléricale, mais pas antireligieuse. Juste distante. Vacharde quand l'occasion se présente, mais de moins en moins.
Il n'empêche, ce christ dans le Lycée et à cet endroit c'est p'têt' ben un oubli pas vrai ?.
Après cet article, d'ici qu'on le déménage ................
La faute à qui ?
Otto.

le grand barde de PBA a dit…

des nouvelles de la porte victime des jeunes sauvageons ?

marc a dit…

Bien regarder dans pariscope ou l'officiel des spectacles, il y a souvent des concerts gratuits de l'orgue dans la Chapelle en semaine

Prof honoraire a dit…

Concernant le christ occulté par le rideau de scène , il est la preuve que dans un lycée laïque, on sait respecter le patrimoine venu du passé .
Si la Chapelle n'est plus utilisée à des fonctions religieuses, il fut un temps, avant la séparation de l'église et de l'état, où les aumôniers faisaient partie de l'équipe enseignante.

L' organiste en titre, Boris Lefeivre est appointé par l'évêché et donne régulièrement des concerts - profanes- ouverts au public.

Prof a dit…

Aucun risque que le Christ soit retiré de son mur d'origine car à Decour, on respecte le patrimoine ! IL y a même une association "Sauvons le patrimoine de Jacques Decour" qui s'efforce de répertorier et de valoriser les vestiges du passé que ce lycée laïque a su conserver .
Mais n'oublions pas que si La Chapelle n'a plus de fonction religieuse , si les aumôniers ne font plus partie du personnel de l'établissement , c'était encore le cas au siècle précédent .

Quant à l'organiste en titre , Boris Lefeivre, il est appointé par l'évêché ...pour des concerts profanes ouverts à tous.

Anonyme a dit…


On me tacle ?
On me recadre ?...
Pouce !
1905 aurait donc laissé quelques survivants.
Rappelez-vous de "L'affaire des christ de l'Ecole Publique de Dréfféac" qui fit tant de bruit à l'époque et remonta alors jusqu'au Ministère.
Bon, mais si dans ce laïque Lycée, on n'y fait que de la zizique maintenant aux frais de l'Evêché, alors.....Versions reggaé ou pop ?....
Otto.

JPD a dit…

Pour ce qui est de la porte, les travaux n'ont pas encore commencé mais ce sera fait.

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