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mardi 4 décembre 2012

Deux bornes kilométriques

On passe devant sans les voir, mais elles sont là depuis bientôt deux cents ans. Deux bornes kilométriques datant de l'époque où l'avenue du général Leclerc était la route nationale 20.
Au-delà de la barrière d'Enfer (Denfert-Rochereau), c'était la campagne; le Petit Montrouge est aujourd'hui le carrefour d'Alésia. Nos deux bornes sont indiquées d'un point rouge sur cette carte datant de 1832:


La première se trouve sur le trottoir face au 73 avenue du général Leclerc, près du kiosque à journaux:



Vous apprécierez l'attention de la ville de Paris pour son petit patrimoine...


La seconde se trouve sur le trottoir face au 15 avenue du général Leclerc, devant l'hôpital La Rochefoucauld:




Le cartouche en partie basse (aujourd'hui illisible) était un repère de nivellement.


Avenue du général Leclerc, Paris XIV°.

12 commentaires:

Eric Vanstaën a dit…

HOOOOOOOOOOOOOOOOO !!! les belles BOBORNES .

Anonyme a dit…

Il faut avoir l'oeil pour les remarquer...
Merci !

Pierre

André Fantelin a dit…

Bonjour Mr Jpd !
Cela fait un certain temps que je cherche une datation certaine de ces bornes métalliques... Je penchais pour autour de 1840, à cause du type de relevé de nivellement qui fait référence à une altitude " au dessus de l'étiage au pont de la Tournelle ", système mis au point au début du XIXè et abandonné par la suite.
Quelles sont vos sources pour les dater de 1838 ? Les points rouges sur votre carte son ajoutés ensuite je suppose. Le petit Montrouge est devenu parisien vers 1860...
Éclairez ma lanterne sur votre datation, car jusqu'ici je n'avais rien trouvé de fiable.
Merci
André Fantelin de Paris Myope.

JPD a dit…

Bonsoir, et d'abord laissez-moi vous dire que je suis très honoré que le regard acéré de Paris Myope se penche sur Paris-Bise-Art !

Pour vous répondre, je vous livre mon raisonnement:

D'abord, nous sommes avant 1860, date du rattachement à Paris des communes périphériques.

Ensuite, l'appellation "Rte Nationale" signifie que nous sommes en République.
=> entre 1792 et 1804 (1° République)
entre 1848 et 1851 (2° République)

La codification du système routier date du décret de 1811, nous sommes donc après.

L'ordonnance de 1813 impose la mise en place de bornes, nous sommes donc après.

Les changements de régime (royal, impérial) ne modifieront pas la numérotation.
Sous l'Empire, la Route Impériale 20 allait à Cologne. Ce n'est qu'en 1824 qu'est mise en place la nouvelle numérotation qui tiendra jusqu'à nous pour l'essentiel.
(Source: Georges Reverdy in Histoire des routes de France, éd. Que sais-je)

Nous ne pouvons donc n'être qu'entre 1848 et 1851, pendant la - courte - deuxième République.

(et qui a parlé de 1838 ? C'est pô moi ! lol)

Enfin, les deux points rouges ont bien été ajoutés par mes soins sur la carte.

Voilà, je vous ai tout dit; n'hésitez pas à me faire part d'un éventuel désaccord.

Bien à vous
JPD



Eric Vanstaën a dit…

Merci

Anonyme a dit…

Ces vieilles bornes restent des témoins modestes et clairsemés du bornage routier maillant la France. Celles-ci, sont apparemment en fonte à qui elles doivent leur durée de vie, un peu de respect, sans doute, ou de résistance ! alors qu'elles sont généralement en pierre.Pour être ici, R.N., c'est-à-dire Routes Nationales, - appartenant à la Nation - leur ancienneté ne peut remonter au-delà de la II ème République puisqu’antérieurement, elles étaient Royales ou Impériales (vrai, aussi, pour le Second Empire, après le Coup d’Etat). Elles ont donc vécu les vicissitudes de la politique et des régimes, mais, maintenant, elles gênent et lentement, elles disparaissent à la suite de déviations, élargissements routiers, délaissement au profit des autoroutes etc…C’est la vie, quoi !...et leur mort. Celles que nous voyons ici sont en quelque sorte un monument funéraire.
Otto.

André Fantelin a dit…

Merci de votre prompte réponse bien documentée.
Je n'ai aucun désaccord à formuler sur votre raisonnement, mais je me pose des questions : est-ce que le régime de Louis Philippe pouvait considérer ces routes comme nationales et non pas royales, sachant qu'il jouait la carte " du juste milieu " ?
Ce qui pourrait donner une date autour de 1835 ou 1840 par exemple.

D'autre part, après 1860 et le rattachement du Petit Montrouge à Paris, la route impériale N°20, ou route d'Orléans, ou route de Toulouse a été nommée " Avenue d'Orléans ", nom qu'elle a porté jusqu'au lendemain de la seconde guerre mondiale, où le souvenir du Général Leclerc a été honoré et la voie rebaptisée.
Mais est-ce certain que la Troisième République ne pouvait pas considérer ce tronçon de l'Avenue d'Orléans comme une partie de la Route Nationale N°20, de façon administrative ? En ce cas l'age de ces bornes serait revu à la baisse, posées en 1880-1890 par exemple.

Mais ce qui me fais plutôt pencher pour votre datation, c'est comme je l'ai écrit, le type de relevé de nivellement qui semble archaïque pour la Troisième République.
Quant à la date de 1838, je voulais dire 1832, la date de votre carte. Pour qu'elles soient depuis bientôt 200 ans, il faut que ce soit plus près de 1832 que de 1848.

Merci d'avoir fait avancer cette question de datation des bornes métalliques.

Très Cordialement

André Fantelin

VenetiaMicio a dit…

Il y a un petit moment que je me balade sur vos billets du 14e.
Je dois dire que j'ai du passer une multitude de fois à côté de ces bornes sans les voir, enfin surtout la première, près de la bouche de métro d'Alésia et le cinéma ! Oui je suis née dans le XIVe et j'ai vécu toujours dans ce quartier 37 ans.
En tous les cas bravo pour le coup d'oeil.
à bientôt
Danielle

JPD a dit…

Merci de votre commentaire.

J'ai habité rue Antoine Chantin il y a longtemps; j'allais chez Noblet et au cinéma Gaumont et je n'avais jamais remarqué ces bornes !
Il a fallu que je fasse des recherches pour ce site pour les découvrir.

VenetiaMicio a dit…

J'ai habité avenue du Maine 20 ans, puis rue des Suisses (métro Plaisance), 2 fois au 26 rue des Plantes dans un atelier d'artiste et aussi rue Antoine Chantin
6 ans, il y a plus de 30 ans... Je suis allée à l'école au bout de la rue et mon fils à son tour quelques décennies plus tard !
Comme vous j'allais au Gaumont, Noblet, c'était le charcutier traiteur ? Avez-vous connu le rond point Alésia comme il était avant, avec la grande pâtisserie, bien sûr le Zeyer, pas de banques etc...? Je me suis mariée à l'église St Pierre de Montrouge.
à bientôt
Danielle

Gino a dit…

Bonjour, je souhaitais spécifier que le vestige au 15 avenue du général leclerc n'existe plus aujourd'hui... je viens d'y passer et je ne l'ai pas trouvé, à ma grande déception !

Gino a dit…

Rebonjour, la borne du numéro 73 également... désolé.